#11 – Doute et inaction

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach je suis Esther Taillifet et dans ce 11ème épisode on va parler du doute.

Je voulais vous remercier pour les retours que j’ai eu vis à vis du format, le fait d’avoir fait un podcast sans montage visiblement ça vous a plu. J’ai trouvé moi-même en l’écoutant que le rendu était pas mal en terme de volume, il n’y a pas de reprise donc c’était c’était plutôt agréable à l’écoute, j’ai adoré le faire en tout cas.

Qu’est-ce que le doute ?

Aujourd’hui on va parler du doute. Le doute est une émotion qui a tendance à créer chez nous une inaction.

Je vous rappelle que les circonstances sont neutres, elles sont dénuées de tout jugements, elles sont factuelles. On pourrait prouver cela devant une cour de justice, ce sont des choses qui sont factuelles qui ne dépendent pas d’une opinion ou d’une personne.

Par exemple : ” le ciel est bleu “ ” cette table est blanche” (parce que la table sur laquelle je filme est blanche) Ça peut tout aussi bien être le fait que Monsieur Macron a été élu Président de la République, voilà toutes ces choses factuelles.

Ensuite nous avons les pensées. Les pensées c’est ce que l’on choisit de croire ou qu’on n’a pas la sensation de choisir parce que c’est souvent automatique,  mais c’est l’interprétation que l’on choisit d’avoir par rapport aux circonstances. Par exemple avec la circonstance ” le ciel est bleu “, la pensée que l’on peut choisir d’avoir ça peut être ” il fait beau aujourd’hui “. C’est une pensée qui est subjective, il y a une appréciation dedans. le fait de décider que c’est un temps agréable, le fait de décider que c’est quelque chose de positif est un choix qui n’est pas neutre.

On a ensuite une émotion qui est générée par cette pensée, par exemple avec le cas du beau temps on va avoir une émotion positive car a priori on apprécie le beau temps donc cela va générer une émotion positive et de celle-ci va découler une impulsion d’agir.

En résumé : l’action/l’inaction/la réaction part toujours d’une émotion et c’est l’action/l’inaction/la réaction qui va créer un résultat.

Reprenons dans l’ordre : nous avons les circonstances, ensuite les pensées, ensuite les émotions, les actions puis les résultats.

Le doute est une émotion qui va avoir tendance à créer chez nous une inaction (donc pas de résultat) ou un résultat qu’on pourra juger comme négatif si on souhaite juger ce résultat. C’est une émotion qui nous sert pas tellement et qui est problématique dans une démarche de développement personnel.

Ce qui, je suppose, est votre cas sinon vous ne seriez pas en train d’écouter cela.

On va se retrouver dans des situations où on va avoir envie d’aller vers de nouvelles choses, de se dépasser, se lancer des défis, de sortir de sa zone de confort de faire toutes ces choses là mais on va se retrouver à douter.

On va se retrouver à regarder toutes les possibilités à évaluer pendant des heures, des jours, des semaines, des mois, voire des années à évaluer toutes les possibilités et se retrouver dans la confusion, dans l’indécision et dans le doute. Ce qui nous mène à ne jamais agir et à rester dans une situation stagnante.

Et ça c’est un problème lorsque l’on est dans une démarche de développement personnel.

Le doute est souvent une émotion qui est accompagnée d’autres émotions comme la peur ou encore le découragement par exemple.

En tout cas c’est une émotion qui va créer chez nous une inaction et qui va faire que l’on va finalement échouer dans notre projet (si on parle d’un projet en l’occurrence) avant même d’avoir commencé à le faire. Ce qui est assez absurde c’est que c’est la peur de l’échec qui nous mène au doute. C’est à dire qu’on va tout évaluer pour essayer de s’assurer que on ne pourra pas échouer dont on va se trouver toutes les raisons qui pourraient faire que ça ne marcherait pas comme par exemple le fait qu’on ait pas l’âge, qu’on ait pas l’argent, ni les compétences…

Nous allons tout évaluer et cela va nous mettre dans une situation d’échec par anticipation puisqu’on ne va pas se lancer et si on ne se lance pas on est absolument certain d’échouer. Ce qui est absurde quand on y pense parce que si notre peur c’est la peur de l’échec, il est absurde de se mettre en situation d’échec d’office.

On peut se dire : ” mais bon sang pourquoi on fait ça ? “ parce qu’on l’a tous fait ça ne pas se lancer ou alors se lancer mais continuer d’être dans le doute. C’est à dire que l’on a pris une décision, on s’est lancé, mais on continue à évaluer les autres possibilités ou à évaluer toutes les choses qui pourraient mal se passer. Et on continue à douter alors que la décision a été prise et on pense constamment revenir en arrière. Dans les deux cas, c’est une situation de doute (qu’on soit lancé ou qu’on ne soit pas lancé).

Ce qui nous empêche de nous lancer

Pourquoi est-ce qu’on ne se lance pas ? Pourquoi est-ce qu’on cette peur qui nous paralyse et qui fait que de toute façon comme on ne fait pas les choses, on échoue par anticipation ? Pourquoi on ne se lance pas en se disant : ” tant pis si jamais ça ne marche pas “” Ce n’est pas grave de toute façon si je n’avais rien fait mais je me serais planté “ aussi pourquoi naturellement ce n’est pas ce qu’on fait.

Pourquoi échoue-t-on par anticipation ?

Il y a deux raisons principales et les deux nous montrent qu’il est naturel pour nous de réagir de cette façon là.

La première c’est une raison purement physiologique. Je vous en ai déjà parlé par le passé dans ce podcast, puisqu’on a parlé de comment étaient générées les émotions et on avait parlé aussi de procrastination et de la façon dont elle se met en place.

Nous avions parlé du fait que l’objectif du cerveau (si on peut dire qu’il a un objectif) c’est de nous maintenir en vie. C’est ce que l’on appelle la survie. Ce n’est absolument pas de nous permettre de nous épanouir, d’être la meilleure version nous-mêmes, de grandir, de nous connaître davantage, d’utiliser tout notre potentiel et de développer nos capacités, d’être heureux en somme.

Nous allons naturellement avoir peur du changement et avoir une résistance face au changement (cf : Comment sont générées les émotions, le système limbique et le cortex pré-frontal évoqué dans le podcast n°7 ” L’origine des émotions “).

Pour résumer, notre cerveau a tendance à générer des émotions négatives lorsqu’il est en danger.

Pour nous prémunir de ce danger et pour nous éviter d’y aller, la peur a une raison d’être : c’est de nous prémunir d’un danger potentiel et de nous empêcher d’y aller. C’est parfois très utile, ça nous évite de sauter sous un train, de traverser la route alors qu’il y a des voitures etc… C’est très utile mais très souvent il n’y a pas de danger de mort. Notre cerveau ne sait pas faire la différence. C’est pour cela qu’on a une tendance naturelle à avoir peur du changement et à céder à nos peurs en quelques sortes.

Si on a tendance à évaluer tout ce qui pourrait se passer de négatif, il est possible que l’on ait un biais négatif (dont je parlerai dans un podcast dédié). Mais ce biais négatif est là pour nous aider dans notre survie, on va avoir tendance à imaginer le pire scénario, à prendre peur et à ne pas agir au-delà de cette peur parce que physiologiquement ce n’est pas ce qui nous est le plus facile.

C’est pour cela que l’on procrastine, ce n’est pas facile pour nous d’aller au delà d’une émotion négative et de ne pas ” tamponner “ cette émotion négative ou de ne pas vivre cette émotion négative et d’aller au-delà.

La deuxième raison est culturelle. Elle est due au fait qu’on vit dans une société, dans une époque et dans une région si vous êtes comme moi et que vous êtes privilégiés. Vous avez la chance de vivre dans un pays riche. Ce que je considère être probablement votre cas parce que si vous vous intéressez à des questions de développement personnel c’est que vos besoins fondamentaux sont couverts et que vous en êtes à essayer de trouver des solutions à vos besoins d’ordre plus de développement personnel, ce qui est plutôt haut dans l’échelle des besoins.

Si vous êtes comme moi, vous avez vécu dans une société avec beaucoup de publicités, avec les médias et avec les médias sociaux. Tout ces systèmes de communication nous renvoient une image d’une société où tout est facile, où tout est immédiat.

La publicité nous vend la facilité, elle nous vend du plaisir immédiat, elle nous vend le fait d’avoir le droit de vouloir tout tout de suite, que c’est légitime et que c’est possible.

Et les réseaux sociaux nous donnent la même l’impression, que toutes les personnes qui ont réussi à atteindre leur but dans la vie, que cela a été facile pour eux. La faute, entre guillemets, à un biais de facilité si je puis dire, que est induit par les réseaux sociaux. On a un biais positif sur les réseaux sociaux qui donnent l’impression que c’est facile pour tout le monde.

On arrive pas à supporter le fait que ça puisse être difficile, alors pas parce qu’on est fainéant, pas parce qu’on n’a pas de volonté, mais parce qu’on ne sait pas.

Je rencontre lors de mes séminaires ou dans mes ateliers des personnes qui me disent : ” oui mais moi je n’ai pas de volonté “. Ces personnes pensent réellement que si les autres ont réussi c’est qu’elles ont fait preuve de volonté, que c’est la volonté qui fait tout. Alors que en réalité c’est plutôt la persistance, le fait de d’avoir conscience que ça ne va pas être facile et que ce n’est pas grave, c’est normal (plutôt que d’être dans l’affrontement et dans la résistance).

Très souvent on croit que c’est facile alors que ça ne l’est pas et c’est normal d’avoir besoin de faire un effort.

C’est normal d’avoir des émotions négatives lorsqu’on veut mettre un changement en place et c’est en réalité la monnaie d’échange de la réussite et de l’amélioration de manière générale.

Lorsque l’on commence quelque chose de nouveau, quoi qu’il arrive on va être nul au début, ça va être difficile de s’y mettre et c’est normal. Et ça on oublie de nous le dire, peut-être que pour certains d’entre vous c’est hyper évident mais pas pour moi.

Ça n’était pas évident pour moi qu’il fallait absolument que ce soit très difficile et que c’était normal que ça le soit si je voulais grandir.

J’avais en tête que si c’était très désagréable, si ça a demandé beaucoup d’efforts,  si ça avait été très coûteux émotionnellement, si j’étais dans une mauvaise situation émotionnelle, si j’étais si je me mettais à pleurer, si j’étais tout le temps triste, si j’étais tout le temps en train d’avoir peur… Je me disais : ” il y un problème, ce n’est pas fait pour moi, je me suis trompée il faut que je trouve autre chose “.

Je pense que pour vous comme pour moi, lorsque l’on a trouvé notre voie, lorsque l’on a trouvé quelque chose qui nous plaît, on devrait ressentir de l’excitation, de la passion, de la motivation. Et si on ne ressent pas tout ça, mais qu’à la place on  a complètement peur, on pense qu’il y a un problème et qu’il faut changer la situation.

Ce n’est pas le cas.

C’est normal d’avoir des moments où nous ne sommes pas à 100% dans une situation émotionnelle qui est positive.

Et c’est même logique, et c’est même le prix à payer pour aller vers une version de nous-mêmes qui va être meilleure (quoique meilleure veuille dire pour vous).

C’est en quelque sorte le prix à payer pour grandir. C’est intéressant de se rendre compte c’est qu’à partir du moment où on va faire cet effort, on se dit : ” tiens là je n’aime pas du tout je me sentirais très mal mais je vais le faire quand même “. J’ai très peur mais je vais le faire quand même. On s’aperçoit qu’en fait c’est beaucoup moins difficile, ça fait beaucoup moins peur que ce qu’on l’on pensait. Je pense qu’on l’a tous vécu.

Comme par exemple la fois où vous êtes enfant, vous êtes au plongeoir et vous allez au grand plongeoir de 3 ou de 5 mètres de haut, vous arrivez en haut du plongeoir et vous êtes complètement flippé. Vous mettez dix minutes à sauter. Vous avez tous les copains en bas qui vous disent : ” mais vas-y saute ! “. Vous êtes là dans votre tête, vous évaluez la situation, vous êtes dans le doute. Vous évaluez la situation, vous pensez à tout ce qui peut mal se passer. Vous avez très peur à un moment donné mais vous finissez par sauter. Même si vous faites un plat à l’arrivée en bas du plongeoir de 10 mètres de haut.

L’angoisse et les émotions négatives que vous vous êtes procuré avant de sauter sont beaucoup plus importantes que la peur que vous avez pu ressentir ou la douleur du plat que vous appréhendiez au moment de sauter.

Et ça se vérifie très facilement. Je pense que vous l’avez vu dans des expériences personnelles qui vous sont propres. Pour moi par exemple il s’agit du coup de téléphone à l’administration.

Je n’aime pas beaucoup téléphoner dans des organismes d’ordre administratif, ce qui fait que je reste des heures avec mon téléphone dans les mains. Avoir peur d’appeler l’assurance, ce qui est quand même ridicule quand on y pense.

Et une fois que j’ai appelé je me dis : ” non mais c’était juste ça ? “. Sincèrement, ça ne valait pas le coup de se faire du mal pendant une heure. Brooke Castillo parlait de cela récemment dans un podcast où elle disait qu’elle avait vécu ça avec ses enfants qui avaient très peur de la piqûre pour le vaccin ou la prise de sang.

Finalement la douleur de la piqûre était bel et bien là, mais elle était moindre par rapport à ce que ses enfants avaient pu s’imaginer. Elle faisait beaucoup moins mal que toute la douleur émotionnelle et au travail psychologique que l’on s’est infligé tout seul avant de se lancer, avant de faire la chose en question.

Ça me fait penser à un autre exemple : une vidéo que j’avais vu sur YouTube où Will Smith parlait de la peur et où il comparait cela au moment où l’on s’apprête à sauter en parachute.

Sincèrement ce n’est pas quelque chose je pense faire un jour, ce n’est pas un truc qui m’attire et ça me fait peur.

C’est une très belle vidéo que je vous recommande d’aller voir car l’analogie est très belle, en plus Will Smith est ce que l’on appelle un très bon storyteller. Il explique que le saut en lui-même ne fait pas très peur finalement, ce qui fait peur ce sont les 2 jours précédents où tu vis avec la peur au ventre à cause du saut, les quelques minutes avant le saut où tu es terrorisé par la peur et finalement ces moments font beaucoup plus peur que le saut en lui-même.

Et c’est ça comme ça dans la vie, c’est toujours comme ça.

Ce qui est le plus douloureux en quelque sorte ce sont ces moments de doute avant de se lancer et pas tant le fait de se lancer.

Le piège qu’on a dans ce genre de situation c’est que si l’on est dans une situation classique qui nous est propre, dans votre cas ce que ça va être le fait de vouloir faire quelque chose de nouveau qui vous fait peur comme par exemple vous lancer dans un nouveau business, une boulangerie pâtisserie végane pour garder mes exemples tout au long des podcasts.

Vous avez envie de vous lancer dans un nouveau truc ou alors je ne sais pas comment c’est une relation amoureuse, vous vous mariez ou vous vous apprêtez à faire un choix de vie crucial qui vous fait peur.

Souvent on va tout évaluer et se dire : ” il faut que je fasse une formation, il faudrait que j’ai plus d’argent, c’est pas le bon moment, je suis trop vieux… “.

On va attendre que les circonstances soient bonnes plutôt que de changer le triptyque pensées/émotions/actions.

Plutôt que de travailler sur ce triptyque pensées/émotions/actions, on va essayer de changer la circonstance.

Par exemple on va se dire : ” je vais attendre d’avoir de l’argent, quand j’aurai de l’argent alors je pourrais avoir une pensée qui sera plus une pensée génératrice de doute “.

Et à ce moment là je pourrais me lancer et agir et avoir le résultat que je veux.

Alors que moi ce que je vous propose c’est de vous dire que vous avez deux solutions : vous êtes dans une situation de doute, vous êtes en train d’évaluer une situation (je ne suis pas en train de vous dire surtout de ne pas évaluer la situation).

C’est important de vous rendre compte que vous avez besoin d’argent pour créer votre entreprise par exemple, pour vendre votre pâtisserie végane, il va vous falloir de l’argent il va falloir une formation.

C’est intéressant de le savoir et de l’évaluer en amont et de ne pas rester dans le doute.

Dans votre cas, ce qui génère du doute c’est le manque d’argent. Vous vous dites quelque chose du genre : ” je ne sais pas si j’ai suffisamment d’argent “. C’est votre pensée et ça vous fait douter. Ce qui fait que vous êtes dans l’inaction. Vous avez plusieurs possibilités : soit vous vous dites : ” j’agis malgré tout “.

J’imagine que vous avez quand même une somme minimum de côté pour vous lancer mais que votre doute concerne le plus long terme. Vous pensez que vos enfants vont aller à la fac bientôt et vous avez peur de ne pas avoir les moyens si vous vous lancez dans ce projet là.

Ce dont je parle c’est vraiment le doute, pas le moment de l’évaluation normale d’un projet normal, le moment où il faut effectivement faire un budget.

Je parle de doute plus profond que ça.

2 façon d’agir face au doute

Dans ces situations soit vous avez la possibilité d’agir quand même et vous dire : ” OK, j’ai ce doute, je l’observe, je vois bien que je suis flippé, je vois bien que j’ai peur, je vois bien que j’ai cette problématique. Je la garde en tête mais je me lance quand même “.

Et là vous allez agir sur le coup de la volonté donc c’est bien de faire ça. C’est une façon de sortir de sa zone de confort mais c’est une façon aussi qui est limitée, c’est à dire qu’on ne peut pas être constamment en train d’agir sous la volonté, parce que c’est épuisant, nous ne sommes pas fait pour ça et qu’il y aura un moment où vous allez craquer. Donc il ne faut pas le faire tout le temps, mais ça peut être une bonne façon de se lancer. Typiquement pour lancer un projet, oublier ses peurs et se lancer.

L’autre solution ça peut être de changer ses pensées vis à vis de la circonstance en question. Par exemple, je n’ai que 10.000 euros pour lancer mon projet. Il faudra donc que mon projet marche vite sinon je risque de manquer d’argent et c’est ça qui me fait douter. Ce qu’il faut faire dans ce cas là c’est de décider d’avoir une autre pensée vis à vis de ces 10.000 euros et se dire : ” j’ai 10.000 euros je peux lancer mon projet, quoi qu’il arrive j’aurai généré suffisamment d’argent pour mener le projet à bien parce que j’ai telle et telle perspective de communication qui ne peuvent pas échouer, parce que j’ai tout évalué…” Ce qui consiste à se rassurer soi-même avec tout le travail que vous avez mené en amont.

De la faute aux circonstances ?

Vous pouvez choisir en fonction de la circonstance, d’opter pour la solution qui vous convient. Vous pouvez aussi faire les deux en même temps, mais en tout cas changer la circonstance n’est pas une bonne idée.

Il y a des situations où effectivement les circonstances sont bloquantes mais elles sont beaucoup moins nombreuses que ce qu’on veut bien croire. Effectivement il faut un minimum d’argent pour lancer sa boîte c’est certain mais il y a plein de choses qui peuvent être faites sans l’argent. Il y a pleins de choses qui peuvent être faites en amont et qui ne nécessitent pas d’argent. Cela veut juste dire de réévaluer le projet autrement, il existe pleins d’exemples d’entreprises et de business qui se sont lancés sans argent.

Comme mon entreprise par exemple, c’est une boîte qui s’est lancée sans argent et des boîtes comme la mienne il y en a beaucoup, des start-up qui se lancent sans argent il en existe beaucoup aussi.

C’est un exemple que je donne car je l’ai beaucoup rencontré lors de mes ateliers l’année dernière puisque je suivais surtout des personnes en reconversion professionnelle et c’est quelque chose qui revient très souvent.

On a une croyance limitée qui nous dit qu’on a absolument besoin de désamorcer cette circonstance là pour pouvoir agir alors que ce n’est pas le cas.

Ne pas céder au doute et ne pas penser qu’il faut absolument changer les circonstances pour aller de l’avant et se lancer malgré tout.

En pratique : Comment aller au delà du doute ?

Donc comment fait-on en pratique pour se lancer malgré tout ?

Certes vous avez la volonté, vous avez peur mais vous allez le faire quand même. Mais vous allez malgré tout devoir gérer cette émotion négative. Vous allez devoir gérer cette émotion, cette peur vous allez vous devoir la ressentir.

Que fait-on ?

Je vais vous demander de vous rappeler de l’exemple du plongeoir et de vous dire qu’en fait ce qui fait le plus peur, c’est le fait de ressasser cette émotion de doute.

C’est ça qui fait le plus peur.

Ce qui fait le plus mal, ce qui est le plus désagréable c’est de ressasser cette émotion de doute, cette émotion de peur en soi. La chance que vous avez c’est que je peux vous promettre qu’elle sera beaucoup moins flippante que ce que vous aviez anticipé.

Parce que vous allez trouver des solutions, parce que vous allez réussir quoi qu’il arrive. Ce qui fait peur c’est ce moment où vous imaginez les pires scénarios.

Ça n’arrive jamais qu’on soit dans le pire des pires des scénarios, que tout aille mal. Ça n’arrive jamais et même quand il y a toujours des choses que vous n’avez pas pu anticiper. On essaie dans ces cas là d’anticiper les circonstances négatives mais on anticipe pas du tout les circonstances qui seront positives.

Ça n’arrive pas que ça soit aussi horrible que ce qu’on avait pu imaginer dans le pire des scénarios.

Ce que je vous donne comme idée c’est de vous lancer quand même et d’accepter les émotions négatives, c’est à dire de les vivre.

Je sais bien que cela peut paraître très effrayant parce nous sommes dans un monde où il faut être heureux tout le temps, ce qui n’est pas vrai en réalité. C’est normal de ressentir des émotions négatives, c’est même la trace du fait qu’on est en train de progresser. C’est parce qu’on repousse nos limites et ce n’est pas agréable de repousser nos limites, notre corps et notre cerveau n’en ont pas envie.

On est en train de les repousser et ça fait peur, ça fait mal, c’est négatif, c’est désagréable mais c’est le prix à payer. Et vous verrez que ça fait beaucoup moins peur, beaucoup moins mal que ce qu’on pouvait anticiper.

Acceptez de vivre ces émotions, ressentez cette peur, donnez-vous l’autorisation de la ressentir, donnez-vous l’autorisation de ressentir cette douleur, de pleurer, de crier…

Décrire vos émotions pour mieux les vivre

L’exercice que vous pouvez faire (je sais que je radote beaucoup mais les exercices dont je vous parle sont vraiment des exercices que j’applique dans ma vie et que je vous recommande d’appliquer). Ce que je vous recommande c’est de décrire l’émotion (sur l’ordinateur, avec un papier et un crayon), de prendre le temps de la ressentir et de vous rendre compte que cette émotion est beaucoup plus bénigne que ce que vous imaginiez.

Prendre du recul sur cette émotion, la rationaliser et de vous rendre compte qu’une émotion c’est le cœur qui bat fort, c’est les tremblements et les mains moites c’est la gorge sèche, la gorge serrée, les joues qui deviennent rouges… Une émotion d’un point de vue physique ce n’est pas quelque chose qui vous met en danger de mort,  c’est quelque chose qui est beaucoup moins grave que ce qu’on s’imagine.

Cela vous permettra aussi de mieux vous connaître et de connaître ce que font les émotions chez vous. Quand vous voyez une émotion négative qui apparaît parce que vous êtes en train de sortir de votre zone de confort, que vous êtes en train de repousser vos limites, faites cet exercice pour pouvoir mieux vivre cette émotion ou ressentez là au cours d’une séance de méditation si c’est quelque chose avec lequel vous êtes familier.

Voilà pour ce podcast à propos du doute, c’est un sujet qui me tient à cœur parce j’ai l’impression que notre génération (les millenials) veut tout : on veut avoir une vie qui nous ressemble, être épanouis… ce qui fait que l’on a tendance à penser que lorsque l’on ressent une émotion négative ou une résistance eh bien c’est qu’il y a un problème, alors que non. C’est normal d’avoir peur, c’est normal d’avoir des moments difficiles.

Il faut apprendre à aller au-delà en sortant de sa zone de confort en travaillant sur la volonté et aussi en choisissant de vivre les émotions négatives et de les accepter. D’aller de l’avant et de faire les choses malgré tout une fois que l’émotion négative a été ressentie. Il peut être intéressant éventuellement de la désamorcer ensuite par le travail que je vous propose de faire sur les pensées les émotions et les actions.

Je vous encourage vivement à mettre 5 étoiles sur Apple Podcast si ce podcast vous a plu et à laisser un commentaire, à le partager si vous pensez qu’il peut aider. En attendant je vous souhaite un excellent week-end et je vous dis à la semaine prochaine !


Ressources

 


Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)

17 commentaires

  1. Hello Esther,

    Merci pour ce podcast, ça m’a beaucoup parlé.
    Je connais bien ce moment où tu crois avoir trouvé ta voie, et pourtant c’est quand même dur, ça n’est pas que joie et excitation comme tu l’aurais pensé.
    Alors tu te dis que c’était pas ça, tu remets tout en question… Tu doutes !
    Je suis en plein dedans, ça m’a fait du bien que tu en parles. 🙂

    Je suis sur Lyon pour quelques jours. J’imagine que tu es pas mal occupée, mais si tu avais un petit moment, ce serait un vrai plaisir de te rencontrer.

    À bientôt, belle journée à toi,

    Jean-loup

  2. mitt.

    salut! je suis tes vidéos et sites depuis qqs semaines, sans être exhaustif, et ta passion dans tes recherches est saisissante. cependant, voici une petite critique: la conscience est un produit de l’esprit et donc si l’on tente de saisir l’esprit à partir de la conscience on va tourner en cercles. le modèle auquel on arrivera semblera cohérent mais il ne rendra pas forcement compte du fonctionnement de l’esprit lui même mais seulement de l’ancien modèle qu’on avait au départ, et ce ne sera que pour le reproduire sous une nouvelle façade. aucune vraie nouveauté ne peut être introduite à partir d’un effort purement conscient ou calculé, mais seulement à partir d’un arrêt de la conscience/intentionnalité pour que l’esprit, à l’insu de la conscience, fasse une nouvelle assimilation de l’environnement et puisse ensuite forger un nouveau modèle plus adapté, qui intégrera les éléments nouveaux qui ont été recueillis dans la nouvelle assimilation. sans une telle errance dans le noir, loin des formules et des opinions, on n’ira nulle part autre que là où l’on a toujours été.

  3. Coucou Esther !

    Cet épisode m’a beaucoup parlée puisque je doute souvent de tout, et malgré tout j’arrive à agir malgré la peur !
    J’ai beaucoup ri quand tu as évoqué la vidéo de Will Smith sur le saut en parachute, parce que j’en avais déjà entendu parlé, et que moi… j’ai sauté en parachute justement pour dompter mes peurs (peur de l’avion et vertige combooooo) ! Ça a bien marché après je ne conseille pas à tout le monde xD

    J’ai aussi apprécié la partie où tu reviens sur nos croyances limitantes, celles qui nous poussent à l’inaction, je suis en plein dedans, celle du manque de ressources (bien bien réel pour mon cas) qui m’empêche de démarrer une activité, en plus de vouloir en faire plusieurs haha je me complique la tâche !

    Bref super émission comme toujours 😉
    Belle continuation
    Camille

  4. Nao

    Ce podcast me fait penser à une citation de Sénèque: “Ce n’est pas parce les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles”.

  5. Tamara

    Bonjour Esther !

    J’écoute ton podcast avec un certain retard et je voulais te remercier car tu m’as permis de faire la distinction entre circonstances, pensées et émotions que je mélangeais jusqu’alors. Merci beaucoup car c’est une vraie amélioration de ma qualité de vie. Cela me permet de ne plus réagir à la situation mais d’y réfléchir, et ça change tout !

    En ce qui concerne cet épisode, j’aimerai avoir ton avis sur le doute qui, selon moi, n’est pas toujours négatif. Je trouve que le doute permet de rester alerte et de s’adapter rapidement. À vrai dire, je trouve que ton épisode aurait pu s’intituler “peur par anticipation et inaction”, ce qui aurait eu le désavantage d’être plus long. xD

    Encore tous mes remerciements pour ton travail. Je continue avec joie mon écoute !

    1. Esther

      Bonjour Tamara !

      Merci pour ton commentaire. Je suis tellement contente que cela t’apportes dans ta vie. C’est la raison pour laquelle je fais ce podcast. Tu as tout à totalement raison. Il est important de se remettre en question et de remettre en question les choses avant de les faire mais ici on parle du doute qui paralyse, celui qui nous donne une excuse pour ne rien faire.

      Belle journée à toi et bonne suite d’écoute.

  6. Elina

    Bonjour Esther, et un grand merci pour ton podcast qui sait mettre des mots sur ce que je peine parfois à définir. A ce propos, tu as parlé du doute et de l’inaction, pourrais tu aussi consacrer une vidéo sur les choix et l’indécision ? Je suis une incorrigible indécise, particulièrement sur des choses sans grande importance, et je perds un temps fou en tergiversations de toutes sortes ! Merci 😊😊😊

  7. Jamila

    Esther, merci infiniment pour ce podcast et pour tout le travail que tu fournis gratuitement. J’ai adoré cette image de la bouteille à la mer, et je t’en suis tellement reconnaissante de l’avoir mis à l’eau. Ce podcast sur le doute et l’inaction me parle beaucoup. J’en suis à ma dernière année de thèse, et mes pensées prennent le dessus sur mes actions au point de penser que je ne suis plus faite pour ça, et que je devrais tout arrêté. Merci de m’avoir rassurer, merci pour tes conseils et surtout merci d’être toi même et de parler avec bienvellance <3
    J'ai hâte d'écouter les prochains podcasts 🙂

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