#135 – Accepter l’impuissance

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet, coach certifiée et dans ce 135ème épisode nous allons parler du fait d’accepter l’impuissance et de la culpabilité qu’il peut y avoir autour de cette impuissance liées aux circonstances qui sont en train de se produire actuellement dans le monde, à savoir l’épidémie de coronavirus et tout ce que cela implique dans nos vies, c’est à dire le confinement pour les français, et très probablement pour tous les autres pays les uns à la suite des autres, je ne sais plus vraiment où en est chaque pays tellement les choses vont vites et je ne serais pas où nous en serons au moment de la publication de ce podcast.

Vous le savez si vous suivez le podcast de manière régulière, nous sommes à l’épisode 135, c’est un multiple de 5 comme vous le savez, tous les 5 épisodes je suis censée sortir un épisode sur les biais cognitifs, et j’ai décidé de ne pas le faire aujourd’hui à titre exceptionnel parce que les biais cognitifs sur lesquels j’ai écrit pour les prochaines semaines, il n’y en a aucun qui m’inspire aujourd’hui étant donné des circonstances, j’ai vraiment envie de parler de ce qu’il se passe actuellement dans l’actualité. J’ai envie de vous proposer un contenu qui soit aligné avec ce que vous êtes probablement en train de vivre en ce moment, j’ai l’impression que c’est de cette manière que ce podcast vous sera le plus utile et en plus de ça le podcast sur le biais cognitif que j’aurais voulu faire aujourd’hui et qui est raccord avec les circonstances c’est le biais rétrospectif, qui fait que vous vous dire après coup, oui mais c’est bien sûr, on aurait pu l’anticiper, ça aurait pu être d’une autre manière”, parce que c’est quelque chose que j’ai beaucoup vu dans les médias, dans les réseaux sociaux cette semaine, j’aurais tendance à vous encourager à aller l’écouter et aussi l’épisode qui est “L’illusion d’un monde juste” qui était un autre biais cognitif dont je vous ai parlé précédemment. 

C’est une émotion que l’on ait beaucoup à partager en ce moment et lorsque l’on voit ce qui est en train de se produire, soit à notre échelle très proche, là où l’on se sens impuissant par rapport aux gens que l’on aime qui sont peut-être malades, ou aux gens qu’on aime qui ne sont pas malades mais avec une sorte de peur et d’impuissance, une sensation de ne pas pouvoir les protéger, j’ai eu beaucoup ce retour notamment chez des parents, je ne suis pas moi-même maman, mais je peux comprendre cette problématique que l’on m’amène en séance de coaching, toute l’inquiétude qu’ils peuvent avoir en se demandant comment protéger leurs enfants au mieux, ils se disent qu’ils ne peuvent pas protéger leurs enfants, de l’avenir, du monde qu’ils vont leur laisser après cette épidémie. Cette sensation d’être complètement impuissants face à la situation. C’est un sentiment que l’on est beaucoup à partager, quand on regarde la télévision, notamment lorsque l’on est en groupe, nous sommes soudés, nous avons tous été malades donc nous avons tous pris soin de nous mutuellement. Personnellement, j’applique le conseil que je vous ai proposé la semaine dernière dans le podcast sur comment se sentir bien qui consiste à s’éloigner au maximum des réseaux sociaux, de l’information… De rester informés, pour la plupart d’entre nous c’est important, mais de ne pas aller dans la sur-information de risquer d’assaillir notre cerveau de pleins de pensées, vous avez toujours la possibilité de décider de ce que vous voulez décider consciemment, mais c’est beaucoup plus difficile si vous le soumettez constamment à un flux d’informations anxiogènes, c’est à vous de voir si vous associez ce flux d’informations à quelque chose d’anxiogène. Lorsque l’on regarde les informations avec les personnes avec qui je suis confinée actuellement, on va les regarder quelques minutes pour savoir l’essentiel, mais en ce qui me concerne, je ne vais pas me soumettre à de l’information toute la journée durant. C’est vrai que l’on se sent complètement impuissants, on sait très bien que l’épidémie est partie, qu’on est dans une phase pandémique exponentielle, nous on le vit pleinement dans la mesure où nous avons tous eu le covid-19 parmi les personnes qui m’entourent durant ce confinement, on sait pertinemment que si nous étions sortis cela aurait été propagé puissance 10. Nous sommes face à cela et nous ne pouvons qu’être dans l’observation, nous ne pouvons que regarder cette télévision, regarder le gouvernement gérer la situation comme il peut, avoir des jugements sous la forme de biais rétrospectifs en se disant : “on aurait pu faire comme ça plutôt que comme ça…”, nous sommes dans l’illusion d’un monde juste, nos peurs, nos biais de confirmation, on rumine et on tourne des pensées en boucle et si l’on se pose juste 2 secondes, c’est une incapacité en tant qu’être humain qui est d’accepter notre impuissance. 

Accepter notre impuissance en situation de crise

Nous pouvons le voir dans la façon que la communication se fait durant cette période, nous avons une vraie volonté de se dire que l’on maîtrise la situation : on va chercher un vaccin, se fournir en masques, en gel hydroalcoolique… Il y a vraiment cette volonté de montrer que l’on peut maîtriser la situation, c’est lié à une non-acceptation de notre impuissance en tant qu’être humain.

C’est très égotique, notre égo d’être humain nous dit que l’on maîtrise tout ce qu’il se passe, je me demande si ce n’est pas un biais cognitif également. 

Nous avons l’impression d’avoir accès à toute l’information à un instant T alors que ce n’est pas le cas. Notre cerveau a beaucoup de mal à accepter cette idée, nous ne maîtrisons pas toutes les circonstances, nous n’avons pas la capacité d’appréhender l’entièreté d’une situation dans sa globalité, c’est très frustrant parce que l’on aurait envie de maîtriser toutes les circonstances, de comprendre tout ce qu’il se passe, d’être capable de prendre des décisions éclairées en ayant toute la maîtrise de la situation, de se sentir puissant, d’avoir la possibilité de contrôler les évènements, nous avons un degré de puissance, ce podcast parle de développement personnel, je ne vais pas vous dire que nous sommes complètement impuissants et irresponsables de nos actions, mais nous devons faire face à une énorme part d’impuissance dans notre vie, cette part là on ne l’accepte pas. En ces circonstances très particulières, c’est vraiment important et c’est une super opportunité pour nous de faire ce travail là, d’accepter et de redescendre, de se dire : “là je suis face à des circonstances sur lesquelles je n’ai pas le pouvoir, j’ai mon domaine de puissance, j’ai ma part de responsabilité dans ce qu’il se passe, je fais le choix d’appliquer les règles qui me sont imposées, je pourrais très bien choisir de payer une amende, je fais ce qui est en mon pouvoir, avec toute l’énergie qui m’est donnée pour contenir l’épidémie, faire des actions qui vont faire en sorte de contenir l’épidémie, mais c’est là que s’arrête pas puissance personnelle”. Ça c’est vraiment le travail que l’on a à faire nous, c’est notre propre limitation. Nous ne pouvons pas aller plus loin qu’être dans l’action qui nous incombe. Ici : être en confinement, faire le choix de se tenir à distance de certains proches même si c’est douloureux pour nous, et ça s’arrête là. Nous ne pourrons qu’être spectateurs, c’est là qu’est l’acceptation de toute notre humanité et du travail que l’on doit mener, et de se dire : “la nature est plus forte que moi, l’Univers est plus fort que moi, l’entièreté de la décision de tous les autres êtres humains que moi est plus fort que moi et d’accepter ça et d’accueillir ça”

Je pense que c’est une belle opportunité que de voir que cette circonstance là va aussi nous permettre de faire ce travail là, la plupart d’entre nous n’allons pas le faire naturellement et nous allons constamment être en train d’essayer de maîtriser la circonstance, nous allons être dans la manipulation de ce que font les autres, que ce soit volontaire ou non, essayer de contenir les actions, les paroles et les pensées des autres… tout ce qui se produit dans nos vies qui est totalement neutre et indépendant de notre volonté, on va essayer de maîtriser tout cela et on va se mettre dans une sorte de souffrance parce que l’on croit que l’on maîtrise les circonstances, on veut absolument se convaincre que l’on maîtrise, on a ce besoin de se dire que en tant qu’être humain que l’on maîtrise ce qu’il se produit dans nos vies, alors qu’en réalité on ne sait pas, nous ne sommes pas capables de cela. J’ai vraiment envie de vous proposer ça aujourd’hui et je sais à quel point cela peut être difficile, de se dire que je ne peux rien faire de plus, je suis face à cette situation et me placer en tant qu’observateur, regarder de loin, j’ai fait ma part et je ne vois pas ce que je peux faire de plus, je ne peux rien faire, et d’accepter ça. 

Vous avez toute mon empathie si c’est votre cas et que là pour l’instant c’est difficile pour vous, je crois que c’est le travail de croissance que l’on a tous à faire ici, accepter cette impuissance là et de ne pas tomber dans la culpabilité, ça c’est quelque chose que j’ai aussi beaucoup entendu cette semaine auprès de mes coachés, la culpabilité de ne rien pouvoir faire, de se dire : “je devrais pouvoir faire quelque chose”, c’est l’ego d’être humain qui nous fait croire que l’on devrait être en mesure de maîtriser ce qu’il nous arrive”, vous n’avez pas la responsabilité de ce qu’il se passe malheureusement et heureusement vous n’avez pas la responsabilité de tous les faits et gestes des êtres humains, la seule responsabilité que vous avez, c’est la vôtre, des choix que vous faites vous, dans tout ce qui vous incombe vous, il y a une part sur laquelle vous êtes totalement impuissants malgré tout. Ne pas tomber dans cette culpabilité de ne rien pouvoir faire. Si nous sommes dans la culpabilité de ne rien pouvoir faire, nous en avions déjà parlé il y a quelques semaines dans l’un des derniers podcasts, la culpabilité en elle-même c’est l’illusion que notre action va enlever quelque chose à l’autre, le fait que nous nous ne fassions rien, nous sommes dans l’illusion que parce que l’on ne fait rien, et qu’on ne peut rien faire depuis chez nous, à attendre que le confinement passe, on a l’illusion que cette inaction élève quelque chose au bien commun, et dessert le bien commun, c’est une illusion, la culpabilité est toujours liée à l’illusion qu’une action que l’on fait ou que notre inaction va desservir quelqu’un. En réalité, c’est totalement neutre, je ne dessers personne en étant confiné chez moi, à ne rien faire de plus que cela, je fais le maximum de ce que je peux faire, de ma capacité, ce qu’il m’incombe en tant qu’être humain et la capacité de ma puissance, dans le sens où je n’ai pas plus à donner. 

Il y a vraiment ce travail d’acceptation de cela et de lâcher cette culpabilité , de se dire que je n’ai pas à me sentir coupable de n’être qu’un être humain, j’accepte pleinement ça. Il y a vraiment cette culpabilité d’aller bien et d’être en pleine santé, et de pouvoir faire des choses dan son quotidien, de se dire que certains se sentent coupable que leur quotidien ne soit pas complètement impacté. Autour de moi, je côtoie beaucoup d’entrepreneurs qui coach avec moi et qui travaillent depuis chez elles, elles se disent que cela n’impacte pas leur quotidien, je devrais me sentir mal, je devrais avoir plus de choses négatives qui se produisent pour moi, pourquoi la vie n’est-elle pas si méchante avec moi, pourquoi cela n’affecte pas mon quotidien alors que d’autres personnes souffrent. Il y a cette illusion que si cela n’affecte pas mon quotidien, cela enlève quelque chose aux personnes qui souffrent, ou aggravent la situation des personnes qui souffrent, la culpabilité ne sert à rien ici, la culpabilité n’est pas utile et ne construit rien dans cette situation en particulier. J’ai envie de vous proposer ne pas pas être dans la culpabilité de ne rien faire et de vous poser la question ce que vous porterez cette culpabilité, qu’est-ce qu’elle crée chez vous, et en quoi accepter votre impuissance va vous permettre de laisser partir ça. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas faire preuve d’empathie envers les personnes qui sont malades alors que vous vous ne l’êtes pas, et avoir de la gratitude pour la situation de pleine santé que vous êtes en train de vivre et avoir de l’empathie pour la non-situation de pleine santé voire la mort de proches de personnes qui sont en train de vivre ça, le deuil de certaines personnes. Vous pouvez être dans l’empathie, cela n’empêche en rien que la culpabilité et le fait de résister à cette impuissance ne sera pas constructive.

J’ai envie de vous proposer d’être dans l’accueil total de ce que vous êtes en train de vivre actuellement, si vous vivez de la culpabilité eh bien de ne pas vous culpabiliser de vivre de la culpabilité mais d’accueillir ce qui vous arrive et les pensées qui viennent avec, qu’est-ce qui crée cette culpabilité ? Je vous ai fait quelques propositions parce que c’est ce que j’ai entendu cette semaine, la culpabilité d’aller bien, d’avoir des choses à faire chez soi qui soient épanouissantes, de pouvoir continuer à mener un quotidien presque normal, ou celle d’être heureux de passer du temps avec ses proches à la maison et finalement de très bien s’accommoder de cette situation de confinement et d’être par exemple très heureux de passer du temps avec ses enfants. Aller chercher ses pensées qui vous créent cette culpabilité, quelles sont les pensées de résistance que vous avez à cette impuissance, de vous dire que vous pourriez faire quelque chose, tout ce sur quoi votre esprit tourne en boucle…il est question d’acceptation et d’accueil de toutes les émotions qui viennent avec. On aura l’occasion d’en reparler dans d’autres podcasts parce que je pense qu’il va surement y avoir plusieurs épisodes où nous allons parler de ce qu’il se passe en ce moment avec le coronavirus, j’ai très envie de vous partager ce que j’apprends, de vous partager ce sur quoi l’on coach au sein de Se Sentir Bien, de LA Communauté et du Groupe, parce qu’il y a de nombreux sujet qui remontent et je pense que vous êtes beaucoup à pouvoir en bénéficier, je vais continuer à vous faire remonter ces retours s’ils sont pertinents. 

Cela ne va pas vous servir de vous maintenir dans la résistance, en vous disant que si vous restez là à souffrir, à être impuissant et très coupable, au moins “je fais ma part”, vraiment ce n’est pas constructif pour vous de penser de cette manière, cela n’apporte rien à personne de faire ça. Vous allez grandir davantage si vous vous proposez d’aller accepter cette impuissance là, elle va vous servir dans cette situation en particulier mais aussi dans d’autres situations de vie comme la confrontation à la maladie, là nous sommes en train de le vivre pleinement, nous sommes impuissants par rapport au conflit qu’ont d’autres personnes, par rapport des circonstances qui sont liées à la nature, aux catastrophes naturelles, aussi par rapport aux comportements des autres. On l’oublie souvent, être en mesure d’accepter son impuissance, de faire baisser son égo quelque part, vous avez tout un podcast sur l’ego si vous ne l’avez jamais écouté, et comprendre pourquoi il est si présent en cette période, comme il est là pour nous protéger, et nous montrer le danger, il est extrêmement présent, nous sommes tous très susceptibles en ces périodes, je pense que vous l’aurez remarqué, les tensions sont très souvent éveillées dans ce type de situations et là en ce moment la tension est palpable, notre égo à tous essaie de nous protéger, accepter notre impuissance ça demande de redescendre notre égo quelque part, cela peut être difficile quelque part, je sais que parmi vous il y aura certaines personnes qui auront de la résistance face à ça : “si j’accepte mon impuissance c’est que quelque part j’accepte de ne rien faire…”, vous n’acceptez pas de ne rien pouvoir faire, vous acceptez le fait qu’il y a des choses que vous ne pourrez pas faire, vous ne pouvez pas palier à une épidémie à votre niveau, c’est la réalité des choses. Par contre vous pouvez contribuer, faire votre part, et je suis certaine que vous le faite déjà.

Je vais m’arrêter là pour cet épisode, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine, nous allons continuer d’aborder ces sujets là de toute façon, je vous embrasse et je vous souhaite un excellent vendredi !

2 commentaires

  1. Aziliz

    Bonjour Esther,
    J’adore tes podcasts notamment parce que je trouve qu’ils sont vraiment constructifs du fait qu’ils sont généralement dénoués de tout jugement ou de parti pris. C’est donc pour cela que je trouve dommage que cette fois-ci tu y mettes une implication politique aussi forte en prenant part à un évènement médiatique car ton contenu perd en objectivité et, indirectement, en crédibilité.
    Personnellement je n’ai pas eu envie d’écouter le podcast au-delà de 5 min car mon opinion sur la situation n’est pas du tout le même et je trouve que l’expression de ton avis, non pas en tant que coach neutre mais en tant que citoyenne française, parasite le sujet.
    Ne serait-il donc pas intéressant de faire un autre podcast sur le même thème mais de façon plus généraliste, j’entends par là sans parti pris d’une situation particulière?
    Le but de ma remarque n’est pas du tout de débattre sur le fond du confinement ou les avis des uns et des autres sur le virus du COVID-19 mais uniquement sur la forme de ce podcast dont le sujet est très intéressant. J’espère donc qu’il n’y aura pas d’interprétation négative car ça n’est absolument pas mon intention dans la mesure ou tu m’apportes beaucoup et que je t’en suis très reconnaissante, je te conseilles d’ailleurs à plein de monde 🙂
    Encore merci à toi.

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