#153 – La haine

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet, coach certifiée et dans ce 153ème épisode nous allons parler de la haine.

Mais avant d’aborder le sujet je me permets de faire une petite aparté en cet été 2020 pour vous demander votre avis sur quelque chose, j’ai changé l’installation de mon bureau, vous le savez peut-être mais j’ai déménagé et j’habite dans un appartement où j’ai un bureau, le problème est que ce bureau est grand, ce qui me permet malgré tout de faire des vidéo YouTube, cela me permet d’avoir différents types de décors et je suis très contente d’avoir cet espace. Le hic c’est qu’il y a de l’écho, est lorsque l’on enregistre du son ce n’est pas quelque chose de très agréable. Je viens de faire une nouvelle installation, je me demande si vous entendez la différence, si le son est plus agréable, si vous entendez moins d’écho. A savoir que je veux faire le moins de post-production après coup car je trouve que traiter le son après enregistrement ce n’est jamais aussi optimal que de bien l’enregistrer en premier lieu, les altérations sur le son s’entendent toujours un peu et cela m’ennuie. J’ai pu remarquer dans mes derniers épisodes que j’ai pu enregistrer ces derniers mois, au moment où je n’avais pas une installation fixe, j’ai remarqué que mon son n’était pas d’une excellente qualité, qu’il y avait pas mal d’écho par exemple, je voudrais avoir votre avis, comment trouvez-vous ce son et est-ce que vous percevez une différence positive (ce qui devrait être le cas) mais si ce n’est pas le cas c’est juste que je ne sais pas encore bien me servir de mon matériel, à priori il devrait y avoir une différence.

Parenthèse fermée.

J’espère que vous passez un bel été, j’ai envie de faire du small talk avec vous, je crois que cela fait longtemps qu’on a pas eu l’occasion de le faire en début d’épisode, j’espère que vous profitez de ces moments après le confinement que l’on a vécu, que vous profiter de prendre l’air et de faire un break et que vous avez profité de l’épisode où je vous disais de prendre des vacances pour lâcher prise et prendre ce temps là pour vous, et c’est le plus grand mal que je vous souhaite car je sais ô combien c’est difficile de prendre des vacances, de se “lâcher la grappe”, surtout dans nos sociétés actuelles et surtout lorsque l’on est amené à s’intéresser au développement personnel tel que c’est le cas actuellement, nous sommes dans un environnement ambiant où il faut être tout le temps productif, à s’affairer, je pense qu’on a tous et toutes ce besoin cette année de faire un break parce que l’année 2020 est une année historique, j’espère que vous prenez soin de vous et je pense très sincèrement à vous. C’est particulier dans le sens où je parle à une audience où je ne vous connais pas tous individuellement, même si il y en a parmi nous que j’ai coaché et que donc je connais, je pense à vous, je trouve que l’on a vraiment un lien particulier sur ce podcast, je vous souhaite le meilleur pour cet été en particulier, et pour la rentrée, à voir comment elle se passe en fonction de l’actualité et comment se déroule cette pandémie.

Nous allons parler de haine, c’est un épisode qui peut faire bouger beaucoup de choses pour vous si vous êtes actuellement dans le ressentiment, que vous ressentez des émotions désagréables vis-à-vis d’une personne, ou vis-à-vis d’un concept/d’une idée/ d’une vision du monde et que c’est quelque chose qui vous ronge. La haine c’est une émotion complexe, j’aime parler de sentiment quand on parle d’émotions complexes. 

Je vous l’ai souvent dit sur le podcast mais je fais rarement la nuance entre sentiment et émotion dans ce podcast, j’utilise les deux mots de manière interchangeable, même si on se penche sur la définition exacte ces deux termes. Une émotion est quelque chose est plus primaire et directe, alors qu’un sentiment va être plus construit, plus complexe. Je vous ai parlé dans l’épisode 66 de l’amour comme d’une émotion complexe, comme d’un sentiment, qui était le cumul de plusieurs émotions. La haine c’est un sentiment qui est le cumul de plusieurs émotions, avant de développer de la haine vis-à-vis d’un concept, d’une valeur, d’une idée, d’une vision du monde, d’une personne ou d’un groupe de personne, il va falloir des jours, des mois, des années voire des décennies de pensées désagréables vers cette cible (qu’il s’agisse d’une idée ou d’une personne), et c’est le mélange de toutes ces pensées et de toutes ces émotions qui va créer cette haine au fil du temps. En général, les émotions dont il s’agit vont être de l’ordre de la colère, de l’humiliation, de la honte, du dégoût, du ressentiment, du rejet, du regret… 

Par exemple, si vous ressentez de la haine vis-à-vis de votre père par exemple, ce n’est pas quelque chose que vous avez construit aujourd’hui avec une seule pensée, ce n’est pas quelque chose qui va se désamorcer en faisant un modèle de Brooke Castillo sur une pensée en particulier, puisqu’en réalité il s’agit de plusieurs pensées qui génère cela chez vous. Si vous voulez travailler sur la haine que vous ressentez vis-à-vis de votre père, il va falloir travailler sur toutes les émotions autour de cela qui créent cette haine, cela va être un ensemble de pensées qui vont créer cette émotion en particulier. C’est quelque chose que vous avez probablement créé sur des décennies, c’est l’ensemble de comportements que vous avez relevés depuis enfant, quand il n’allait pas vous chercher à l’école étant petit-e, si il vous a mis une fessée à 10 ans, si il a refusé de recevoir votre petit ami à table parce qu’il était végétarien, ou quand cette année il n’a pas démontré son soutien au moment où vous en aviez le plus besoin… Tout cela cumulé a fait que vous ressentez de la haine pour votre père.

Il en va de même pour les concepts et les idées qui sont construites avec le temps, qui sont le fruit d’un ensemble de pensées.

Quel est l’intention de ce podcast aujourd’hui ?

J’aimerais vous aider, si vous ressentez ces émotions désagréables, la haine est un sentiment extrêmement désagréable qui peut ronger de l’intérieur, qui peut rester pendant des années et nous emmener plus bas que terre. Mon intention est de vous aider à relâcher cela, à vous donner des pistes de réflexion, des idées nouvelles, de nouvelles pensées que vous pourriez peut-être adopter et vous approprier, pour avoir des raisons de laisser partir cette haine. Je ne vais pas être dans la méthode Coué, dans le “ce n’est pas bien de ressentir des émotions désagréables et à la place nous devrions tous être heureux et joyeux parce qu’il suffit juste de penser différemment et nous serons tous heureux pour toujours”. Il est vrai que si vous créez des pensées qui vont vous créer de la joie à la place de créer de la haine, en effet vous serez plus joyeux que haineux. Cela ne résout pas pour autant le problème de fond, pour moi cela équivaut à avoir un tuyau d’arrosage ouvert, il y a beaucoup de qui ne cesse de s’écouler frénétiquement, que vous ne souhaitez plus qu’il arrose votre jardin parce que vous n’en aviez plus besoin et que vous vous disiez que c’est pas grave, je vais boucher l’arrivée d’eau avec ma main. Ça ne marche pas, ça met une très grande pression contre votre main, vous allez peut-être voir de l’eau s’échapper sur les côtés, si vous parvenez à boucher l’arrivée d’eau, peut-être que cela ne va pas tenir très longtemps parce que votre tuyau va fuir à un autre endroit, vers le robinet par exemple. Ça ne marche pas que de mettre des sortes de pansements à certains endroits comme vous tentez de le faire avec ce tuyau, aujourd’hui vous vous rendez compte que vous ressentez de la haine pour cette personne, vous vous dites qu’avoir des pensées désamorçantes et positives suffirait, mais ce n’est pas le cas.

La question à se poser c’est : “Pourquoi j’ai développé cette haine ? Quels besoins j’essaie de combler avec cela ? Quel est le besoin non rempli ?”, vous le savez mais les pensées désagréables qui créent des émotions désagréables c’est toujours un besoin humain qui n’est pas rempli, je vous renvoie à l’épisode qui est entièrement consacré aux besoins, la question à se poser ici est : “quel est mon besoin ici ?”. Peut-être que le besoin vis-à-vis de de mon père c’est de me sentir aimé-e ? Peut-être que c’est de me sentir valorisée, reconnu-e, d’avoir un sentiment d’appartenance, qu’est-ce qui n’est pas rempli ici ? Comment je vais pouvoir remplir ce besoin là ? 

La plupart du temps on ne s’autorise pas à laisser partir cette haine, ou tout autre émotion. Parce ce que ce que je suis en train de dire c’est valable pour tout autre émotion désagréable, nous en avions parlé dans l’épisode sur le pardon. Lorsque l’on ressent des émotions désagréables vis-à-vis de quelqu’un ou d’une idée, c’est davantage pour nous qu’on le fait que pour l’autre. On va se raconter l’histoire que l’on ne veut pas aimer cette personne, parce qu’elle ne le mérite pas, je vous en parlais dans l’épisode sur le pardon, je me dis que cette personne n’a pas mérité mon amour, elle n’a pas mérité que je prenne du temps pour elle parce que j’ai de nombreux jugements qui sont propres à mon système de valeur, à ma vision du monde, il y a des choses que je ne cautionne pas dans le comportement de cette personne par exemple et que je n’ai pas envie de valoriser ce type de comportement, je vais justifier mon émotion désagréable pour cette personne, en me basant sur mes propres valeurs, en disant que cette personne ne mérite pas mon amour. 

Sauf qu’il y a quelque chose de très important à comprendre c’est que les émotions que vous ressentez sont à propos de vous, elles sont pour nous, à quoi cela me sert-il de ressentir cette haine, qu’est-ce que cela m’apporte, qu’est-ce que j’essaie de combler en faisant ça. En soi, si je pense sincèrement qu’en ressentant cette haine je vais repousser cette personne, faire en sorte qu’elle se sente d’une certaine manière ou punir cette personne, me venger d’elle d’une certaine manière, je me voile la face car la seule personne qui ressent les émotions que je ressens c’est moi-même, je suis la seule personne à ressentir cette haine. Mon père que je hais toute la journée chez moi jusqu’à m’empêcher de dormir la nuit, lui continue sa vie et ne ressent pas ma haine, il ressent sa propre haine si tant est qu’il ressente cette émotion à ce moment précis, ça lui appartient, il est le seul à pouvoir décider, avec ses propres pensées de créer ou non telle ou telle émotion. Aujourd’hui si je ressens de la haine, je ne punis personne à part moi-même.

Ça va être important de se poser la question de “A quoi me sert cette haine ? A quoi me sert cette colère et cette frustration et de honte…” La réponse peut être : “j’ai encore besoin d’être en colère contre mon père, ça m’est utile sur le moment, j’ai besoin de digérer telle ou telle chose avant de savoir ce que je souhaite en faire et passer à l’étape suivant dans ma vie”, j’ai envie de dire : “très bien”, mais il y a pleins de moments où lorsqu’on est au stade de la haine, on a nourrit ce sentiment depuis tellement d’années qu’on ne sait même plus à quoi cela nous sert aujourd’hui. Cela peut nous aider à comprendre qu’il y a un besoin qui n’est pas rempli, aujourd’hui cela ne nous sert plus. Il va être important de s’autoriser à à se libérer de cette émotion et de la remplacer par autre chose, nous ne parlons pas de boucher le tuyau d’arrosage avec sa main pour reprendre l’analogie de tout à l’heure, on ne parle pas de continuer de haïr cette personne parce qu’elle mérite pas notre amour, on parle d’aller éteindre le tuyau d’arrosage à sa source, on a fini d’arroser, on a plus besoin de cette eau, on a arrosé le jardin. Il va falloir faire cette démarche, de se dire consciemment que je ne vais plus nourrir de ressentiment à l’encontre de cette personne, je ne veux plus le faire pourquoi ? Parce que je suis la seule personne à ressentir la haine, et clairement ce n’est pas du tout un sentiment agréable et en plus de cela, les actions qui sont générées par la haine (rappelez-vous du modèle de Brooke Castillo) ce ne sont pas des actions créatrices dans ma vie, ce n’est pas des choses qui provoquent un résultat que j’ai envie d’observer dans ma vie. Est-ce que cette haine vous sert encore aujourd’hui ? Est-ce que je ne peux pas la laisser partir et qu’est-ce que j’ai envie de créer à la place ? Cela ne veut pas forcément dire que j’ai envie de ressentir de l’amour pour cette personne, mais peut-être que j’ai juste envie d’être neutre, voire détaché, peu importe les émotions que j’ai envie de ressentir. J’ai envie de dire qu’il est possible de s’autoriser à ressentir de l’amour pour cette personne, je n’ai peut-être pas envie mais pourquoi je n’ai pas envie ? L’amour est un sentiment très agréable à ressentir, qui n’aime pas ça ? Ce n’est pas pour rien que l’on aime tomber amoureux, c’est un sentiment très agréable d’aimer, cela nous prend tout le coeur et le corps et c’est génial, pourquoi ne pas choisir de ressentir ça ? Et cela ne change rien au fait que je ne suis pas d’accord du fait que je n’ai pas été invitée avec mon mari parce qu’il se trouve qu’il est végétarien, ou je ne suis pas d’accord avec l’éducation que j’ai reçue et j’ai le jugement et la croyance que mon père aurait dû être plus présent dans mon enfance. 

Faire cette démarche là, c’est aussi reconnaître d’une certaine manière que notre haine et nos émotions de manière générale c’est quelque chose de subjectif, c’est quelque chose que l’on a créé parce que l’on a eu un système de pensées à un moment donné, cette personne ou ces idées (si on parle d’avoir une haine contre le système politique actuel par exemple), quand je nourris cette haine, j’en oublie que les circonstances sont neutres et que c’est ma vision des choses qui créé cette émotion désagréable, j’en oublie la neutralité des circonstances et le fait qu’il n’y a rien de bien ou de mal là dedans. Tout est une question de choix, je vais pouvoir faire le choix conscient de : “je ne suis pas d’accord avec telle ou telle chose mais j’ai le choix de comment je vais me sentir par rapport à elles”. Prendre de la hauteur, voir les autres alternatives, voir que j’ai le choix de ne pas être dans la haine, c’est aussi reconnaître le fait que ma vision du monde est une parmi d’autres. Ma perception de la politique actuelle ou celle de la perception de l’éducation que j’ai reçu de mon père m’appartient, j’ai le droit de choisir de ne pas être d’accord avec l’éducation que j’ai reçu, c’est un choix que je fais en fonction de mes valeurs que je chéris, je trouve bien les choses qui vont dans le sens de mes valeurs, et inversement, ce qui est intéressant de voir c’est que tout ça n’est pas une fatalité, même si je suis en désaccord sur certains aspects, je peux choisir de me sentir bien, de me sentir neutre ou en amour. Je peux aimer mon père en tant qu’être humain, je n’ai pas envie de ressentir de la haine contre lui parce que ça n’apporte rien à personne, moi ça ne me fait pas devenir la personne que j’ai envie d’être, lui ça ne l’impact d’aucune manière que je me sente mal par exemple, et ce n’est pas ainsi que je désire vivre mon expérience humaine, et pour autant je suis en droit de ne pas cautionner certains comportements ou idées. C’est quelque chose que j’ai envie de vous proposer aujourd’hui, comme autorisation de laisser partir ces émotions désagréables mais sans avoir recours à des pansements en quelques sortes. C’est quelque chose que l’on fait tous très souvent parce que nous avons cette intuition qui est que ressentir des choses désagréables ce n’est pas une expérience que l’on souhaite avoir ce qui fait que l’on va avoir tendance à fuir en avant, et à changer notre façon d’aborder les choses mais sans vraiment prendre cette décision de juste se dire “en faite je n’ai pas envie d’avoir cette démarche de ressentir du ressentiment contre quelqu’un ou quelque chose, ça ne me nourrit pas, ce n’est pas la personne que j’ai envie d’être, ce n’est pas quelque chose qui va me faire me sentir bien”.

Posez vous la question : “Comment avez-vous envie de vous sentir au quotidien ? Cette semaine, ce matin…” Demandez-vous si la haine fait partie des émotions que vous chérissez, ces émotions que vous avez envie de vivre ? Demandez vous quelles sont les émotions que vous avez envie de vivre ? Comment vous pouvez les nourrir et comment je peux effacer définitivement les émotions que je n’aime pas ? Le but n’est pas de se dire que je ne ressentirais plus jamais de haine contre qui que ce soit, ou plus aucune émotion désagréable”, vous le savez la vie c’est 50/50, c’est plutôt bon signe, notre cerveau est capable de nous dire quels sont nos besoins qui ne sont pas remplis et c’est tant mieux, il y a une grosse différence entre avoir notre cerveau qui nous propose des choses désagréables au quotidien pour nous prévenir qu’il faudrait qu’on ait peur, et alimenter ce ressentiment contre quelqu’un ou contre quelque chose pendant des mois et des années, il y a des familles qui ne se parlent pas pendant des décennies tellement il y a du ressentiment et des couches de haine qui se sont accumulées avec le temps.

Posons-nous collectivement la question : comment nous avons envie de nous sentir au quotidien et quelles émotions nous avons envie de nourrir de manière consciente et active au quotidien, de s’autoriser à être neutre si on ne souhaite pas plus que ça, être neutre vis-à-vis de ce qui nous crée dans la haine aujourd’hui.

Prenons tous ensemble cette décision d’utiliser ces émotions désagréables tant qu’elles sont un moteur dans notre vie et de décider de les laisser partir et de faire cet acte de pardon sur ce qu’il s’est passé, accepter ce droit à l’oubli, ce droit de passer à autre chose dans sa vie et d’en tirer des conclusions, de faire des choix pour le futur qui nous permet d’être de plus en plus aligné pour nous et avec nos valeurs si on le souhaite, de laisser partir ces émotions là.

Je m’arrête là pour aujourd’hui, je vous embrasse, je vous souhaite une excellente semaine, un excellent week-end et je vous dis à vendredi prochain !

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