#167 – Arrêter de se mettre la pression


Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet, coach certifiée et dans ce 167ème épisode nous allons parler de comment arrêter de se mettre la pression.

Je sais que beaucoup d’entre vous êtes concernés par cette thématique, je pense aussi à certaines personnes qui travaillent au sein de LA Communauté, ou celles et ceux qui sont en session de coaching individuelles avec moi, je pense que vous vous reconnaitrais. J’ai été inspirée par vous pour ce podcast du jour.

Nous sommes très nombreux à se mettre la pression, mais concrètement à quoi ça ressemble, qu’est-ce que j’entends par là exactement ?

Se mettre la pression, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Je parle de la pression négative, celle qui nous mets dans l’inaction, le fait de se dire qu’il faut que l’on soit à tout prix efficace, que l’on fasse les choses dans les temps, et que cela soit bien fait, que cela soit parfait et surtout que cela soit fait dans l’instant et pas remis au lendemain. On s’inflige un to do list très longue dès le matin, pour s’apercevoir qu’en milieu de journée nous ne parviendrons pas à tout faire, ce qui fait que l’on commence à se dévaloriser, on essaie malgré tout de faire son maximum mais cela fait que l’on finit notre journée très tard, on finit par être fatigué physiquement parce que l’on tente de remplir des objectifs sans jamais y parvenir, et comme on passe un temps considérable de sa journée à se mettre la pression en ayant surchargé cette to do list, ce qui fait que dans notre tête on ressasse toutes ces choses que l’on a pas fait plutôt que de passer à l’action : ce qui s’appelle la procrastination. Ce qui fait que l’on va se coucher épuisé et que l’on recommence ce même schéma le lendemain, et notre emploi du temps devient surchargé avec les tâches du jour et les tâches que l’on a pas faites la veille. On se mets doublement la pression en s’auto-flagelleant, ce qui ne fait rien pour arranger les choses, et ce qui fait qu’avec le temps, on finit par être fatigué physiquement mais aussi émotionnellement, plus l’estime de soi qui est au plus bas. Alors je ne vais pas vous dire le contraire, même avec une pression monstre on parvient à  accomplir certaines choses, mais à quel prix ? Cela nous place davantage dans l’inaction, et dans le même temps on ne sait pas quoi faire d’autre, comme on avance pas, à part se mettre la pression pour aller plus vite, qu’est-ce que je peux faire concrètement si je laisse les choses couler. Bref, on ne parvient pas à se laisser tranquille. En plus on reçoit des conseils contradictoires. Il y a des personnes qui nous disent que le lâcher prise, le moment présent, la pleine conscience c’est génial… et dans le même temps on nous raconte que quelqu’un qui est en pleine conscience est quelqu’un de très productif, on devrait être à notre plein potentiel. Et en plus on s’en veut parce que ces choses sur lesquelles on procrastine ce sont des choses que vous avez sincèrement envie de faire, vous vous mettez des objectifs qui sont tout à fait alignés avec qui vous êtes. Il peut s’agir d’habitude alimentaire, faire du sport, décider de se coucher plus tôt, faire des courses et des super recettes pour prendre soin de soin de vous, il peut s’agir également de projets professionnels à lancer ou des travaux dans votre maison par exemple, vous savez pertinemment que ce ne sont pas des actions que vous n’avez pas envie de faire, ce sont vraiment des choses qui vous tiennent à coeur, et c’est l’une des raisons pour lesquelles vous vous mettez davantage de pression, c’est justement parce que ce sont des choses qui vous tiennent à coeur.

Dans ce podcast, c’est un tête à tête à coeur ouvert, une discussion que j’ai envie d’avoir avec vous, et je vais vous parler comme si vous étiez en séance de coaching avec moi, même si je ne vais pas forcément me placer en posture de coach du début à la fin, c’est à dire vous poser des questions et attendre que vous me répondiez, cela ne va pas fonctionner avec le podcast. Mais je vais vraiment vous dire les choses que je vais dire en séance de coaching, sachant que lorsqu’il y aura une part de ce qui est aligné avec mes propres valeurs, je vous le dirais, j’ai vraiment envie que cet épisode vous permette de vous débloquer si vous êtes dans cette situation là.

Si c’est une tendance que vous avez naturellement, ouvrez grand vos oreilles, prenez ce moment pour vous, j’espère que ce podcast vous fera du bien et qu’il vous donner des pistes de réflexions. En tant que féministe, c’est quelque chose qui a tendance à m’agaçer de vouloir absolument tout faire parfaitement, de se mettre une pression monstre, d’avoir l’impression d’en faire 3 fois plus afin que notre travail soit reconnu. Je ne dis pas que les hommes ne se mettent pas la pression, nous sommes dans une société qui tellement productivistes, je trouve qu’en tant que femme nous avons tendance à éprouver davantage de culpabilité, nous avons tendance à nous mettre la pression (à moins que cela soit un biais parce que je coach plus de femmes, c’est un constat que j’ai fait quoi qu’il en soit).

Prenons une analogie toute simple : la pression qu’il y a dans un tuyau d’arrosage. Imaginez ce tuyau, le robinet est ouvert, l’eau coule tranquillement. Il y a deux façons de rajouter de la pression : imaginons que le tuyau d’arrosage est au maximum en terme de longueur, vous ne pouvez pas aller plus loin avec mais vous aimeriez néanmoins arroser plus loin avec ce même tuyau. Vous avez deux solutions : soit vous appuyez sur le tuyau, avec vos doigts, pour que la pression soit plus grande et que l’eau aille plus loin, le problème est qu’en faisant cela vous risquez d’abimer le tuyau, si vous ne l’abimez pas parce qu’il est robuste, vous risquez surtout de sectionner le tuyau tellement vous avez mis de pression dessus. Si vous fermez la sortie, le tuyau va céder à un autre endroit qui n’est pas prévu à cet effet. Cela représente la mauvaise façon d’ajouter de la pression dans un tuyau d’arrosage, c’est d’appuyer sur le bout. Cela peut marcher un temps si vous avez la flemme d’aller jusqu’au robinet pour rajouter de la pression et du débit. Mais ce n’est pas quelque chose qui va fonctionner sur le long terme et ce n’est pas la manière la plus efficace de procéder. C’est la pression que l’on se met au quotidien, vous savez cette pression où on appuie tellement dessus, on se rajoute des tâches, et à un moment donné on a tellement mis de pression qu’on a coupé le flux, ça nous est tous arrivé, par exemple face à un rapport important à rendre, d’un oral à passer… Quel que soit la chose sur laquelle on s’est mis la pression, on se retrouve à être bloqué et par extension dans la procrastination. Lorsque l’on arrive à ce moment précis c’est que l’on s’est trop épuisé, le problème c’est que cela est complètement contre productif. Beaucoup d’entre vous venez me parlait de cela parce que vous vous êtes mis ce genre de pression, cela impacte négativement votre sommeil, vous vous levez plus tôt et d’avoir l’illusion d’avoir le temps de faire toutes les choses que vous n’avez pas faite et en vous rajoutant davantage de pression en vous disant que ça irait encore plus vite. Vous arrivez à un stade où vous avez repoussé vos propres limites, vous n’êtes pas loin du craquage et que le tuyau ne finisse de céder sous la pression.

Pour certains d’entre vous, si vous vous mettez trop la pression, il y a un moment donné où vous allez vous mener petit à petit au burn-out.

Le burn-out est quelque chose que l’on peut prévenir, on sait qu’il est beaucoup question d’espace mental et c’est ce comportement qui nous mène au burn out, c’est d’avoir des actions qui ne sont pas alignées avec qui l’on est vraiment et d’avoir un espace mental qui est surchargé. Ce sont des facteurs sur lesquels vous avez des marges de manoeuvres, vous pouvez reprendre le contrôle. Moi je vous parle du cas de figure où les actions sont en effet alignées mais c’est m’espace mental qui est saturé de brouhaha. Votre esprit tourne en boucle sur votre illégimité à mettre en place telle ou telle action.

Le but va être de ne pas se mettre cette mauvais pression.

L’autre façon de procéder qui va vous emmener vers vos résultats. Petite parenthèse : aujourd’hui je ne vais pas seulement vous dire « arrête de te mettre la pression » car j’imagine que vous y avais déjà pensé par vous-même et vous n’y êtes visiblement pas parvenus si vous écoutez cet épisode. Vous dire de lâcher prise, c’est une très bonne idée mais je suppose que si vous êtes en train d’écouter ce podcast, je me doute que vous avez déjà essayé, le but ici est de faire en sorte de vous mettre une forme de pression dans l’intention que ce projet avance, moi ce que je vous propose c’est de le faire de manière saine, de ne pas vous mettre une mauvaise pression qui vous fasse craquer. Il n’est pas question de vous stopper net dans votre activité. Il y aura des moments, dans la configuration où vous êtes proche d’un brun-out au sens clinique du terme, il faudra le faire et si vous ne le faites pas c’est votre corps qui finira pas vous y contraindre. On peut prévenir cette situation, cela va consister à aller jusqu’au robinet, je vais poser le tuyau d’arrosage par terre, et je vais régler au robinet la pression qui en sort. Pour cela, il va falloir que j’accepte ce que mon tuyau est en mesure de faire en fonction de sa nature. Il y a des endroits dans mon jardin que je ne vais peut-être pas pouvoir arroser et il va falloir que j’accepte cela au risque d’abimer ce tuyau et je ne vais pas pour autant réussir à arroser plus loin. Le but de ne pas être de ne plus se mettre d’objectif, sauf si vous êtes dans une situation d’épuisement avancée mais votre corps vous amèneras dans cette direction quoi qu’il arrive, le but n’est pas de ne plus rien faire mais de se demander quels sont les types d’objectifs que je vais pouvoir me mettre pour accomplir ce projet ? Qu’est-ce qui est réaliste pour moi, qu’est-ce que je peux vraiment faire ? Il y a quelque chose que l’on oublie souvent, c’est que l’on sur-estime notre capacité de concentration et ce que l’on peut faire en un temps donné, ce sont des biais cognitifs qui sont connus, on sait très bien que c’est notre cerveau qui est à l’oeuvre dans ces cas là. Nous allons avoir tendance à se mettre une dizaine d’actions à mettre en place dans la journée, ce n’est pas possible. Notre cerveau ne peut pas focaliser notre attention sur plus de 3 choses en une journée, en une année. Vous ne pouvez pas avoir plus de 3 objectifs dans votre année, sachant que l’on recommande d’avoir entrée 1 et 3 objectifs et vous m’avez surement beaucoup entendu dire cela. C’est à dire de vous proposer 1 objectif pour votre année, pour votre mois ou votre journée, et donc toutes les actions qui en découlent pour atteindre cet objectif dans le temps imparti. Au delà de 3 objectifs, cela est voué à l’échec. Rappelez vous tous ces jours où vous vous êtes mis la pression et vous vous êtes épuisé et regardez le nombre d’actions que vous avez mises en place, vous allez voir que vous aurez mis en place entre 1 et 3 actions concrètes parce que c’est le maximum que votre cerveau peut faire, c’est une question de capacité à focaliser son esprit sur des actions différentes. Vous pouvez faire 10 actions dans votre journées si il y en a 9 sur les 10 qui sont en réalité des habitudes. C’est pour cela que l’on travaille autant sur la prise d’habitude dans le développement personnel parce que cela nous permet d’être effectivement plus productif. Mais si vous êtes en train de faire un projet, vous avez besoin de vous focaliser dessus.

La recommandation que je vous fait est de vous fixer 1 à 3 objectifs maximum au cours de votre année et si vous avez 3 objectifs au cours de votre année, d’être au clair avec ces objectifs, nous allons entrer dans le mois de décembre et donc certains d’entre vous, moi y compris, allons nous fixer des objectifs pour l’année 2021, il va être important que si vous en avez fixé 3 que vous sachiez dans quelle direction vous allez, sinon votre esprit risque de ne se focaliser que sur un seul objectif.

Le but est de vous apporter de la clarté, de faire la même chose à l’échelle de votre trimestre, de votre semaine, de votre mois, et cette semaine vous vous donnez 1 à 3 objectifs maximum et chaque jour vous avez 1 à 3 actions.

L’une des erreurs majeurs que l’on fait c’est que l’on s’est auto-persuadés que l’on est capable de faire plus d’actions que cela. Je ne dis pas que ce n’est pas possible de faire 5 actions dans sa journée, je dis juste que si vous le faites vous serez épuisé émotionnellement. Ce n’est pas quelque chose qu’il est possible de maintenir sur le long terme.

Cela peut fonctionner en période de rush, que vous avez besoin de ficeller un projet rapidement au travail et que vous avez une livraison à faire et qu’une grosse semaine de travail vous attend, nous l’avons tous déjà fait, mais ce n’est pas quelque chose qu’il sera possible de maintenir sur le long terme parce que cela va simplement à l’encontre du fonctionnement de notre cerveau.

L’une des choses que je vous dirais pour réussir vos objectifs sans vous mettre la pression c’est de respecter le tuyau, il est juste capable de mettre en place 1 à 3 actions. Vous pouvez essayer de faire plus, vous réussirez peut-être sur un temps donné, mais sur le long terme cela ne fonctionnera pas. La seule façon pour aller loin et sur une longue période c’est d’aller régler le tuyau à la bonne pression pour que cela arrose loin, et cela signifie peut-être arroser potentiellement moins loin que ce que vous imaginiez initialement. Je veux vous encourager à voir que cela sera beaucoup plus simple pour vous si vous mettez en place 1 à 3 actions au cours de votre journée, vous allez voir que si vous le faites de manière régulière, parce que vous ne vous mettez pas la pression.

Je me fixe souvent 3 actions à faire dans ma journée et j’en choisis une en priorité et je me dis que si j’accomplis celle ci je décide que ma journée est réussie. Aujourd’hui mon action était : enregistrer ce podcast, si je le faisais, je considère que ma journée est réussie à mes yeux. Si j’en fais 2 ou 3 c’est encore mieux mais si j’en fais une seule c’est top aussi. Imaginez dans quel état d’esprit vous allez être si vous n’avez que ces 3 actions à faire, je suis sure si vous êtes quelqu’un qui a tendance à se mettre la pression au quotidien, le fait de vous dire de ne vous mettre qu’un seul objectif dans ma journée, 3 au max et que les deux autres je les considère comme du bonus, remarquez à quel point cela va vous apporter du soulagement. Remarquez que si vous faites cela tous les jours de la semaine cela représente 7 actions à la fin de la semaine. C’est peut être plus que les 7 jours précédents où vous avez essayé de vous donner 7 objectifs en une journée et que vous n’avez jamais été en mesure de tenir pour la simple et bonne raison que votre cerveau n’en est pas capable.

J’ai envie de vous encourager à voir que cette manière de fonctionner sera beaucoup plus productive sur le long terme et qu’au delà de l’objectif de productivité, cela vous permettra d’être beaucoup plus serein et de respecter votre propre rythme, c’est ce qui est important ici.

Je ne me place plus en tant que coach mais c’est un conseil qui est en accord avec mes propres valeurs : c’est très important de faire les choses dans votre vie en étant aligné, et de les faire avec amour.

Posez vous la question : « est-ce que me fixer 10 objectifs dans ma journée c’est me traiter avec amour, est-ce que je ferais ça à mon enfant, est-ce que je ferais ça à quelque que j’aime ? Si tu ne réalises pas tout ça tu n’es pas quelqu’un de bien ». Il y a de bonnes chances pour que je l’aide à se fixer des objectifs atteignables et que je l’encouragerais/ valoriserais. Pourquoi ne pas adopter la même attitude vis-à-vis de soi également ?

Lorsque l’on se fixe des objectifs : « est-ce que je me traite avec amour en me fixant ces objectifs ? »

J’ai envie de vous encourager à voir que cela nous rend beaucoup plus productif sur le long terme et on surestime ce que l’on peut faire à l’échelle d’une journée ou d’un an alors que l’on sous-estime ce que l’on peut faire à l’échelle d’une semaine, de plusieurs mois ou plusieurs années.

On sous-estime ce que l’on peut faire en l’espace de 5 ans alors que l’on s’estime ce que l’on peut faire en un an.

C’est intéressant de remarquer qu’avec un rythme de croisière où on ne se demande pas des choses démesurées en terme d’objectifs, on se demande qui sont à la hauteur de ce que l’on est capable de faire en tant qu’être humain, sans se mettre la pression, et se poser la question : « quelles émotions et quelles pensées j’ai besoin d’avoir pour pouvoir faire cette action de manière sereine ? », et vous allez voir que le résultat que vous allez obtenir à l’échelle de quelques semaines, de quelques mois, quelques années va être incroyable.

C’est vraiment un message que j’ai envie de donner ici, la solution pour ne pas se mettre la pression ne réside pas en le fait de ne pas se raconter « le lâcher prise c’est super », oui en effet, prendre le temps de méditer et prendre le temps de se créer des pensées du type : « si je ne fais pas toutes les actions que je m’étais fixé eh bien il n’y a pas mort d’hommes, j’ai toute la vie devant moi etc… », mon corps ne peut pas plus alors cela ne sert à rien de me mettre davantage la pression. Je pense que ce qui est vraiment utile et de se mettre une pression positive, avec des objectifs positifs et en accord avec qui ‘mon est.

J’espère que ce message que je voulais vous faire passer au sujet de la pression aidera les personnes concernées, sans pression je vous souhaite un excellent week-end, une excellente semaine et je vous dis à vendredi prochain !

3 commentaires

  1. Esther, première fois que je prends le temps de commenter ton bijoux de podcast mais cette fois il le faut.
    Étudiante entrepreneuse, gérant mon Master 2, la création de ma boite, mon blog et mon podcast en parallèle, Haut potentiel (zèbre) devant porter la charge mentale de ma non cohérence avec une société normative, je suis sous pression (principalement de moi-même) en permanence. Bref, il était temps que ta petite voix vienne me donner des clés pour gérer avec (plus d’) harmonie !
    MERCI pour tout,
    Ella.

  2. Fabrice

    Bonjour Esther,

    Merci pour cet épisode qui décrit exactement ce que je ressens aujourd’hui, qui décrit précisément le processus qui mène à cet épuisement et au blocage.
    Je vais à nouveau ré-écouter cet épisode qui fait tellement bien 🙂 car il permet de prendre du recul et de voir dans quelle « folie » on s’était embarqué en voulant tout faire, trop faire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *