#17 – Pardonner le passé

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach. Je suis Esther Taillifet et dans ce 17ème épisode on va parler du pardon.

Il se trouve que j’enregistre l’épisode d’aujourd’hui deux jours avant Noël, c’est une période où l’on est amenés à côtoyer des membres de notre famille, en tout cas des personnes qui nous sont proches. Comme nous sommes tous des êtres humains avec des émotions, nous avons donc des histoires et des parcours de vie différents qui font que l’on peut avoir des animosités existantes entre chacun d’entre nous. Nous ne faisons pas tous les mêmes choix, nous ne sommes pas toujours d’accords les uns les autres, on peut avoir du ressentiment, du regret, des rancoeurs. Je me suis dit que ça pouvait être la bonne période pour parler des relations avec les autres.

Alors cela peut vous donner l’impression que dans cet épisode on va parler seulement du pardon, c’est à dire lorsqu’il s’agit de pardonner l’autre. Mais vous allez voir qu’en fait on va aussi parler du pardon vis à vis de soi-même parce que je suis complètement persuadée qu’on ne peut pas avoir de relations bienveillantes avec les autres si on n’a pas de relation bienveillante avec soi-même.

On ne peut pas espérer être aimée par l’autre si on ne s’aime pas soi-même. On ne peut pas espérer avoir le respect de l’autre si on n’a pas de respect pour soi-même.

Qu’est-ce que c’est que le pardon ?

Pardonner veut dire faire et agir comme si la situation qui mérite notre pardon n’avait tout simplement pas existé, comme si elle n’avait pas eu lieu, tourner la page. Faire comme si ça n’existait pas et ne pas ressentir de rancune, de regret, de culpabilité si c’est une situation auquel on a été confronté nous-même. Cela veut dire aussi ne pas avoir envie de se venger de la situation.

Cela ne veut pas dire comme je l’entends très souvent se dire des choses du type : ” moi je pardonne mais je n’oublie pas “, parce que si on se dit cela c’est que l’on continue à ressentir une émotion désagréable, comme par exemple de la rancune vis à vis de la situation donnée.

Pardonner c’est laisser cette émotion désagréable partir et tourner la page et faire comme si la situation n’avait jamais existé.

Pourquoi c’est intéressant de faire cela ? Pourquoi c’est intéressant de se pardonner à soi vis à vis de nos erreurs, ce qu’on considère comme étant des erreurs et des échecs (je vous renvoie à l’épisode précédent si vous ne l’avez pas écouté).

Comment faire pour oublier des choses qu’on a faites dans le passé et dont on est pas particulièrement fier, qui ne correspondent pas à notre système de valeurs actuelles et qu’on ne referait pas si on était nouveau dans la situation ?

Comment et pourquoi pardonner à quelqu’un qui aurait fait une action avec laquelle on est pas d’accord ? Une action qui correspond pas à un système de valeurs ou à un accord tacite que l’on avait entre nous et qui a peut être brisé notre confiance et qui nous a peut-être même fait du mal physiquement et émotionnellement, en nous manipulant ou en abusant de notre faiblesse ?

Pourquoi pardonner ?

Tout ce que l’on ressent aujourd’hui vis à vis de cette situation c’est tout ce qui nous en reste. Cette situation appartient au passé et par définition puisqu’elle appartient au passé, elle appartient à l’ensemble des circonstances.

Si c’est le premier épisode que vous écoutez je vous renvoie à l’épisode 3 (Pensées/Emotions/Actions) et l’épisode 4 (Se sentir bien par la pensée) de ce podcast et vous recommande d’ailleurs de les écouter dans l’ordre si vous tombez là dessus par hasard.

Qu’est-ce que les circonstances ?

Les circonstances sont l’ensemble des choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle. C’est cette sorte de boîte que l’on nous donne à la naissance qu’on ne choisit pas et avec lesquels on va devoir faire cela va inclure : les parents qui nous ont élevés, la culture dans laquelle on a grandi, la couleur de nos yeux, la taille de nos jambes, la maladie génétique avec laquelle nous sommes peut-être nés. Toutes ces choses qui sont extérieures à nous.

Tout ce qui appartient au monde extérieur et sur lequel on a pas le contrôle ça va être : la guerre en Syrie, le président de la République actuel, la société globale et son mode de fonctionnement… Toutes ces choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle au moment précis où l’on parle.

Il se trouve que tout ce qu’on a fait dans le passé et tout ce que les autres ont fait dans le passé appartiennent à ces circonstances. Même si c’est des choses que nous avons pu faire par le passée et sur lesquelles on a eu le contrôle à un moment donné (puisqu’on les a créé à un moment donné) mais ce n’est plus le cas dans l’instant présent, ce sont des choses qu’on ne pourra pas changer.

Essayer de négocier et de vouloir modifier le passé ça ne sert à rien, c’est une perte de temps. Essayer d’espérer qu’en y pensant encore et encore cela va changer le passé alors que ce n’est pas le cas. En plus de cela, ce qu’il nous reste en réalité aujourd’hui, ce n’est pas la circonstance , mais juste l’émotion ressentie qui est désagréable comme par exemple : de la rancune, du regret, de la colère, de la honte, de la culpabilité…

C’est une raison suffisante pour nous de vouloir se défaire de cet événement, de se libérer de cette émotion et pardonner.

Cette émotion n’est pas produite comme on le pense très souvent par la circonstance, par le fait que quelqu’un ait pu nous faire du mal par le passé etc…

Aujourd’hui ce qui fait que l’on ressent cette émotion désagréable c’est ce que l’on pense à propos de la circonstance en question.

Encore une fois je vous renvoie aux épisodes 3 et 4 du podcast.

Ce ne sont pas les circonstances qui créent notre émotion, ce sont les choses qu’on choisit de penser.

Ce n’est pas le fait d’avoir menti dans telle situation, ce n’est pas le fait que notre maison ait brûlée lorsque l’on était petit, ce n’est pas le fait que notre père n’ait jamais été à la maison parce qu’il travaillait beaucoup qui fait qu’aujourd’hui on se sent mal. Ce qui fait qu’aujourd’hui on se sent mal c’est par exemple lorsque l’on se dit des chose comme par exemple : ” je n’arrive pas à croire que mon père n’ait jamais été là quand j’étais petite “.  ” C’est son rôle de père, ça aurait été son rôle de père d’avoir été là “. Ou : ” je n’arrive pas à croire que il m’est arrivé c’était pourquoi ma maison a brûlé ? Pourquoi c’est arrivé à moi ? C’est injuste…” ” Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi j’ai menti dans cette situation là ? Je n’arrive pas à croire que j’ai fait ça. Comment j’ai pu faire ça ? Ça ne me ressemble pas d’avoir fait ça, mais qu’est ce qui m’est passé par la tête ? “

Ce sont ces pensées là qui font que l’on se sent mal aujourd’hui, ce n’est pas la chose factuellement qui s’est produite dans le passé. C’est ce qu’on choisit d’en penser encore aujourd’hui.

Se pardonner pour avancer

Ce que je vous propose c’est de pardonner ce qui s’est passé, c’est à dire de tourner la page,  d’oublier l’évènement pour laisser partir cette émotion désagréable, juste la laisser partir et lui dire : ” OK tu peux partir “.

Pourquoi est ce que naturellement on ne fait pas ça ? Pourquoi est-ce que c’est difficile de pardonner et pourquoi est-ce qu’on ne veut pas pardonner ?

Quand il s’agit de personnes extérieures qui ont, à notre sens, fait des choses qui sont répréhensibles ?

Rappelez-vous, dans un podcast précédent je vous parlais du manuel de bonne conduite. Nous avons tous des manuels de bonne conduite pour les personnes qui nous entourent. On pense que notre père (parce que c’est notre père) doit se comporter de telle manière, que notre mère (parce que c’est notre mère) doit se comporter de telle ou telle manière, que notre meilleur ami (parce que c’est notre meilleur ami) etc… On s’attend à ce que ces personnes fassent certaines choses. Nous avons mêmes parfois des attentes vis à vis d’un inconnu parce que l’on s’attend à ce qu’il se comporte de telle manière et ainsi de suite…

Le fait que l’on ait des attentes vis à vis des autres est l’une des raisons pour lesquelles nous avons du mal à pardonner, parce que l’on pense légitimement que la personne s’est mal conduite et qu’on avait une autre attente envers elle.

Premièrement se libérer de cela c’est primordial, c’est un point qu’on a déjà abordé dans le podcast mais qui est important de comprendre.

L’autre raison c’est parce que l’on pense qu’en pardonnant, on va légitimer l’action de l’autre. Si on lui pardonne, ça voudrait dire qu’on est d’accord avec ses agissements. Alors que ce n’est pas ça, nous ne sommes pas en train de dire que l’on valide l’action, que d’un seul coup elle fait partie de nos valeurs.

Si par exemple nos parents auraient du, d’après nous, se conduire d’une certaine manière, si on pense que ça n’a pas été le cas et que ces personnes ne se sont pas conduites de façon bienveillante envers nous, si c’est quelque chose sur lequel nous sommes toujours d’accord, qui fait toujours partie de notre système de valeurs, en pardonnant nous ne sommes pas en train de revenir sur ces valeurs là.

Ce que l’on est en train de faire c’est de dire : ” OK il y a eu ça mais ce n’est pas grave, je te pardonne et je tourne la page, je ne suis pas d’accord avec ça mais je te pardonne “.

Pour pouvoir faire ce pas là, pour pouvoir faire ce switch et réussi à aller de ce côté du pardon, il va falloir faire un effort de compréhension. Il faut essayer de comprendre la situation et que cela fait partie du passé et qu’on ne pourra pas le modifier.

A mon sens, comprendre que cela fait parti du passé peut suffire à amorcer ce travail de pardon. C’est inutile de ressasser le passé de se faire du mal avec. Pour beaucoup d’entre nous ce n’est pas suffisant, cela peut être utile de comprendre pourquoi l’autre a agi de cette manière là dans le passé. Se mettre à sa place et faire preuve d’empathie, comprendre que comme nous, cette personne a des émotions, il a des circonstances, il a des pensées qu’ils le font agir d’une certaine manière.

Et comme nous il fait de son mieux avec ce qu’il connaît dans une situation donnée.

Je ne pense pas qu’il y ait réellement de personnes dont le but dans la vie c’est d’être malveillant et méchant (c’est une croyance qui m’est propre). Je pense que si on est malveillant et méchant à un moment donné, c’est parce que l’on est triste, brisé… Parce que l’on agit sur une émotion qui est désagréable, parce que l’on a une pensée qui est désagréable, parce que nous-mêmes nous sommes des êtres humains avec un système de pensées qui est le nôtre.

En plus de la compréhension sur les circonstances, de comprendre que nous n’avons pas la main dessus et que cela appartient au passé, comprendre également que si l’autre agit de telle ou telle manière c’est avant tout parce qu’il est humain. Cela peut nous permettre de modifier ses pensées et modifier la pensée qui nous fait mal nous fait nous sentir mal aujourd’hui.

Plutôt que d’avoir une pensée du type : ” non mais j’arrive pas à croire que cette personne ait pu faire ça ! ” plutôt se proposer quelque chose du genre : ” cette personne a fait ce qu’elle a pu avec ce qu’elle connaissait à ce moment là et bon elle a fait une chose que je ne trouve pas cool mais ce n’est pas grave “.

Cette personne a fait ce qu’elle a pu dans cette situation là et il en va de même pour nous aussi.

L’autre raison pour laquelle c’est difficile pour nous de pardonner à quelqu’un c’est parce que l’on pense que comme elle n’a pas agit dans le sens de nos propres valeurs, elle ne mérite donc pas notre pardon.

On va se dire des choses comme : ” cette personne ne mérite pas que je l’aime, elle ne mérite pas ma bienveillance, ni mon empathie “.

Ce que je m’apprête à dire a déjà été évoqué lors d’un précédent podcast mais c’est important se rappeler que dans ce contexte, vous êtes la seule personne à ressentir vos propres émotions, c’est à dire que l’on ne punit personne à par nous-mêmes. La seule personne qui ressent là haine que vous êtes en train de générer, c’est vous-même. Vous ressentez les émotions que vous générez pour vous, vous ne ressentez pas les émotions des autres. Les autres ressentent les émotions qu’ils génèrent avec leur cerveau, avec leurs pensées et vous vous ressentez vos émotions que vous générez avec votre cerveau avec vos pensées que vous avez à propos d’une circonstance.

On ne punit personne et on ne se venge pas en détestant quelqu’un. Vous êtes le seul à ressentir les émotions désagréables.

Le fait de se dire elle mérite pas mon pardon : ” il mérite pas mon pardon, pas mon amour, pas ma bienveillance “. La seule personne à qui vous faites du mal dans l’histoire c’est vous-même.

Pardonner c’est quelque chose que vous pouvez faire pour vous-même, pour vous vous libérer de cette émotion. Il s’agit de vraiment tourner la page et de vous dire que vous n’avez plus besoin de ressentir cette émotion, elle ne me sert plus aujourd’hui.

Pourquoi c’est aussi difficile parfois pour nous de pardonner quand il s’agit de nos propres actions dans le passé (de certaines choses qui nous sont arrivées) ?

Je donnais l’exemple de la maison qui a brûlée ou de quelqu’un qui aurait fait quelque chose qui nous a fait du mal dans le passé, qui a forgé d’une certaine manière notre futur et ce que l’on est aujourd’hui.

Ce qu’il se passe c’est que très souvent on s’identifie à ce qui nous est arrivé dans le passé et on pense que nous sommes notre passé.

Si par exemple il nous est arrivé de mentir dans une situation, d’abandonner quelqu’un, de faire une erreur quelle quelle soit, on va se définir comme la personne qui est une menteuse ou la personne qui a été abandonné ou celle qui a fait telle ou telle erreur etc…

Pour reprendre un exemple qui est terrible, comme une personne qui a été violée ou battue (là je vous parle d’accidents de vie de choses graves). Si on ne parvient pas à pardonner c’est parce que très souvent on s’identifie à ce passé et on considère que l’on est notre passé à cet instant présent. Sauf que ce que l’on est aujourd’hui c’est ce qu’on décide d’être.

Le passé et tout ce qui s’y est produit, que ce soit des choses que nous avons créés ou des choses qui font partie de nos circonstances extérieures, que le monde a créé pour nous ou que les autres ont créé pour nous, ce sont des choses qui nous ont fait ressentir quelque chose à un moment donné qui parce qu’on a eu des pensées ces choses là qui nous ont appris des choses des choses sur la vie.

Par exemple on a appris ce que ça faisait de perdre toutes toutes toutes ces affaires dans un feu. On a appris combien quelqu’un pouvait faire ressentir à quelqu’un d’autre une émotion négative en le violant ou le battant.

On a appris ces choses là. On a eu une expérience qui nous a permis d’apprendre des choses sur nous et sur le monde extérieur qui nous a rajouté des choses dans notre boîte de départ.

Et ça ça s’appelle l’expérience.

On a une expérience passée mais cette expérience passée elle ne nous définit pas en tant que tel.

Ce qui va nous définir c’est ce qu’on décide de garder aujourd’hui et c’est ce qu’on va prendre dans cette expérience passée et ce qu’on va faire que :

Je peux choisir délibérament aujourd’hui de ne plus être affecté par quelque chose qui s’est produit dans le passé et de la pardonner.

Peu importe la force que vous attribuez à cela, moi je n’ai pas du tout de croyance spirituelle donc pour moi c’est juste la malchance et le hasard de la vie, mais pardonner la malchance : ” c’est le hasard de la vie d’avoir brûlé ma maison lorsque j’étais enfant “. Pardonner ça plutôt que de continuer à se dire : ” mais c’est injuste pourquoi il m’est arrivé ça ? Pourquoi moi etc… “.

Cela va nous permettre de passer à autre chose et on a le droit de faire cela. On a le droit de ne pas se définir aujourd’hui comme étant notre passé. Ça ne veut pas dire encore une fois que cette chose là on en garde rien, on peut décider de regarder quelque chose, de regarder le positif, on peut ne pas ignorer qu’on a appris des choses sur nous au passage grâce à ces choses là, que ça a construit d’une certaine manière notre système de valeurs actuelles. Mais on est pas obligé de vivre avec ce fardeau, de vivre avec ses émotions désagréables qu’on garde de choses que les autres ont fait, de choses que la vie nous a apporté, de choses que nous on a fait dans le passé.

On a le droit de décider de le laisser partir.

Alors pour pouvoir le laisser partir il faut avoir compris tout ce que je vous ai dit précédemment,  il faut avoir compris que tout cela appartient au passé.

Laisser le passé derrière soi pour s’en libérer

Comprendre qu’aujourd’hui, on peut se faire du mal avec ce que l’on choisit de penser à propos de ces choses là. Mais je pense qu’il faut aussi avoir compris l’entièreté de la situation. Je vous disais tout à l’heure, se mettre à la place de l’autre quand il s’agit d’action d’autres personnes. Essayer de comprendre ce qui a amené la personne à agir de cette façon là ou qu’est-ce qui nous a amenés à agir de cette façon là.

Et souvent ce chemin est difficile à faire seul.

Il peut être intéressant d’aller consulter un thérapeute lorsqu’il nous est arrivé des choses dans notre passé (que ce soit des choses produites par d’autres personnes extérieures ou des traumatismes liés à une situation comme pour l’exemple de l’incendie tout à l’heure).

Suivre un thérapeute, voir un psychologue, un psychanalyste pour pouvoir faire le point et comprendre ce qu’il s’est passé et l’impact que ça a eu sur nous aujourd’hui. Une fois que l’on a compris une fois, qu’on a analysé la situation, qu’on a pris de la hauteur, on a le droit de laisser partir l’émotion parce que cet événement fait partie de notre passé, il ne définit pas ce qu’on est aujourd’hui mais seulement ce qu’on veut en garder aujourd’hui, parce qu’on décide de ce qu’on est aujourd’hui et ce qu’on veut être aujourd’hui dans le monde.

Personne d’autre que nous ne peut décider ce qu’on veut faire demain puisque c’est nos pensées qui créent nos émotions, qui vont créer nos actions, qui vont donner notre résultat qu’on aura demain.

Pour résumer un peu l’ensemble de ce podcast :

Le pardon c’est un cadeau, le meilleur cadeau qu’on puisse se faire à soi.

Ce n’est pas quelque chose qu’on fait à l’autre, c’est un cadeau qu’on se fait à soi que ce soit quand on se pardonne à soi-même quand on pardonne aux autres.

C’est un cadeau qu’on se fait à soi parce qu’on laisse partir cette émotion désagréable.

Comment la laisse t-on partir ? En comprenant la situation et en se proposant à nous-mêmes d’autres choses que l’on souhaite penser à propos de cette situation.

Je vous recommanderais (si vous avez envie de travailler là dessus ) de faire l’exercice du flot de pensées dont je vous ai déjà parlé. L’objectif du flot de pensée est de décrire tout ce à quoi on pense sur une situation donnée.

Par exemple si vous avez envie de travailler sur une situation sur laquelle vous éprouvez une émotion désagréable, une émotion de rancune, de regret… Quelle que soit l’émotion que vous n’arrivez pas à pardonner, à vous pardonner à vous-même, ou à la personne en question. Vous pouvez écrire, pendant le temps qu’il vous faut, tout ce qui vous passe par la tête sans vous juger, sans juger ce que vous êtes en train d’écrire, sans le modifier, écrire comme si vous vidiez votre tête.

Pour moi c’est un peu comme une douche émotionnelle, vous vous lavez de tout ce qu’il y a dans votre cerveau. Parfois cela prend cinq ou dix minutes, ce n’est jamais très long mais vous écrivez tout ce que vous avez à écrire sur cette situation là et vous essayez de comprendre quelles sont les pensées qui sont à l’origine de votre émotion désagréable ? Vous essayez d’extraire de ce que vous avez écrit : quelle est la pensée et quelle est la circonstance. La circonstance, je le rappelle, c’est une phrase qui va être neutre qui ne va pas contenir d’adjectifs, qui va être dénuée de tout jugement et qui est complètement factuelle.

Cela peut être par exemple : ” il y a eu un incendie à telle date “, et la pensée que vous en avez c’est : ” c’est terrible, je n’arrive pas à croire que c’est arrivé “.

Extraire la circonstance la pensée et l’émotion permet de mieux comprendre la situation. C’est un travail que je peux vous recommander de faire. Vous avez cette situation là et après vous vous proposez des pensées alternatives que vous pouvez croire vis à vis de cette situations, des pensées alternatives que vous pouvez avoir. Il faut que ce soient des pensées que vous pouvez croire.

Si vous choisissez de croire quelque chose comme : ” c’est génial cet incendie c’est la meilleure chose qui me soit arrivé dans ma vie “ alors vous n’en croirez pas un mot, évidemment ça ne va pas vous faire aller mieux. Il faut choisir une pensée qui vous fera du bien et que vous pouvez croire tout ce qui vous aide à vous sentir bien. Cela ne veut pas dire remplacer l’ancienne pensée, elle a le droit d’être toujours vrai. Vous croyez encore pendant un temps mais c’est simplement de remarquer que vous avez cette pensée qui vous vient, cette pensée rancunière qui n’est pas agréable et qui ne crée pas chez vous une émotion agréable.

Remarquez vous et vous dire : ” ah oui mais je sais que dans cette situation c’était comme ça “ et va vous de vous proposez à vous-même, à votre cerveau une pensée alternative. Par exemple vous êtes en train de dire : ” je n’arrive pas à croire que j’ai eu la malchance d’avoir un incendie lorsque j’étais enfant ” ” ah oui mais j’ai plus besoin d’y penser parce que aujourd’hui ça ne m’affecte plus ça appartient au passé “.

Aujourd’hui cette circonstance n’a plus d’effet sur moi, le seul effet qu’elle peut avoir sur moi c’est ce que je choisis d’en penser et donc je peux en choisir autre chose.

Le fait d’avoir cette pensée là dans votre tête va petit à petit générer pour vous-même une émotion qui vous sera plus bénéfique.

Ça ne veut pas dire que vous n’allez pas que cette pensée alternative va remplacer celle que vous pensiez auparavant mais cela veut juste dire que vous allez aller vers une amélioration.

On se retrouve la semaine prochaine pour un prochain podcast.

N’hésitez pas à noter le podcast en lui mettant des étoiles (le podcast est disponible sur les applications suivantes : Android, et iTunes notamment).

N’hésitez pas à me laisser un commentaire, ça me fait plaisir d’avoir vos retours et savoir ce que vous pensez du podcast, cela permet également de mieux le référencer pour qu’il soit découvert par le plus grand nombre.

Je m’arrête là, je vous souhaite de très belles fêtes ce week-end et je vous dis donc vendredi prochain !


Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)

5 commentaires

  1. sarah

    Bonsoir Esther, j’écoute ton podcast depuis le début et je regarde tes vidéos depuis plus d’un an il me semble. Même si j’ai déjà ressenti le besoin de commenter je ne l’ai jamais fais. Cependant ta façon de penser, de présenter les choses et de les exposer pour qu’on puisse découvrir et penser de nous même m’aide beaucoup. Merci donc pour ça.
    Seulement tu as plusieurs fois parlé du fait que ressentir des émotions, bonnes ou mauvaises, ne concerne que nous et ne touche pas les autres. Cependant j’ai encore du mal sur ce point là. Encore dernièrement au travail j’ai eu un différent avec une collègue qui n’était pas contente et qui me l’a fait sentir. Et même si je savais que j’étais en droit et légitime de lui dire tel chose sur son travail, car je suis sa superieure, je me suis senti très mal face à la réaction qu’elle à eu de me répondre car j’ai ressenti son mécontentement. Elle n’était pas la seule à se punir du coup mais moi avec. Et même si je sais que je suis sûrement trop sensible aux humeurs des gens je pense que les autres savent nous “punir” et nous faire ressentir leur émotions quand ils en ont envie, non ?

    1. Esther

      Bonsoir Sarah,

      Merci beaucoup pour ce gentil retour.

      Je comprends complètement ce que tu dis là. C’est difficile pour nous tous au debut d’intègrer ce concept car il est contre intuitif par rapport à tous ce qu’on nous apprend depuis petit à savoir que nous sommes responsable des emotions des autres et eux des notres. Même dans l’exemple que tu donnes ici, ce sont bien tes pensées qui génèrent tes émotions et non les pensée, émotions ou comportements de ta collègue. De ce que tu me dis, je vois une pensée au moins qui peut-être à l’origine d’émotions négatives pour toi dans cette situation. Je ne sais pas quelle émotion tu as ressentie exactement lorsque tu dis t’être sentie très mal mais supposons qu’il s’agissait par exemple de colère. Voici un exemple des 3 premieres lignes du modèle de Brooke Castillo sur cette situation (cf: episode 3 et 4 que tu connais du coup) :

      C: Ma collègue m’a dit qu’elle n’était pas contente de ma remarque à propos de son travail.
      P: En tant que sa supérieure, je suis légitime de lui dire quelque chose sur son travail et elle ne l’est pas à me le reprocher.
      E: Colère

      Le mécontentement de ta collègue est neutre et ne produit pas d’émotion. Ce qui en produit, c’est la pensée que tu as à propos de ce mécontentement. Si la circonstance était à l’origine de l’émotion alors le mécontentement de ma collègue que tu ne connais pas, devrait te faire te sentir mal aussi. Ce n’est pas le cas, car tu n’en penses rien qui puisse créer chez toi une émotion. Demande toi quelle est l’emotion tu ressens exactement lorsque tu repenses à ce different que tu as eu avec ta collègue. Est-ce de la colère, de la frustration, de l’injustice, de l’humiliation etc ? Ensuite demande toi quelle est la pensée exacte que tu penses lorsque tu ressens cette émotion. Il s’agit d’une phrase précise dans ta tête comme celle que je t’ai proposé dans l’exemple de modèle. Ensuite demande toi quelle est la circonstance neutre qui génère cette pensée. Est-ce une phrase qu’elle a dite, une action qu’elle a faite ? Formule cette circonstance de façon factuelle. Si tu fais cet exercice tranquillement, tu y verras plus clair sur cette situation. Alors bien-sur, cela ne veut pas dire que ta collegue n’a pas eu tord de se conduire de telle ou telle manière. Il y a surement des règles dans votre entreprise et elle en a peut-être enfreint une mais ce qui est important de voir c’est qu’elle n’est pas responsable de tes émotions. Elle est cependant responsable de ses émotions et de ses actions.

      N’hésites pas si tu as envie que je t’aide à comprendre cette situation ou d’autre situations ou tu as la sensation que les autres sont a l’origine de nos émotions. Je le ferai avec plaisir.

      Belle soirée à toi.

      Esther

      1. Sarah

        Merci pour ta réponse. C’est vrai que j’ai encore du mal avec le concept même si sur le papier je le comprend.
        Ça dépend des exemples en fait, je pense que quand ça nous touche personnellement ont a plus de mal à mettre en place le modèle car quand tu explique je comprend ce que tu veux dire mais je n’arrive pas à le mettre en place c’est frustrant ^^.
        Quand j’ai fais la remarque à ma collègue sur son travail car il y avait des erreurs je savais que j’étais dans mon droit et je ne l’ai pas fais méchamment selon mon ressenti. Le fait est que je lui ai fais une remarque et elle l’a mal pris en me répondant d’une façon froide (et encore ça, ça peut aussi être que mon ressenti même si la plupart des gens l’aurait pris comme moi). J’ai donc ressenti son mécontentement dans sa façon de répondre ce qui m’a procurer le sentiment d’injustice (en fait je n’arrive pas à mettre de mot sur ce sentiment c’est peut être ça qui me bloque, j’avais juste envie de pleurer car j’avais une boule dans la gorge comme si j’avais fais quelque chose de mal alors que non).
        Je comprend donc que le soucis c’est ce sentiment là mais ce que j’ai du mal c’est comment ne pas ressentir ça alors que c’est une émotion direct dès qu’elle m’a répondu. Même sur le moment j’ai essayé de me dire que j’étais dans mon droit, que ce n’était pas ma faute mais je n’arrivais pas à vraiment le croire, cela veut dire qu’au fond je pense que je ne m’y suis pas prise correctement, ou alors c’est vraiment elle qui a réagis avec un mécontentement qui n’étais pas approprié ?

        Je ne sais pas si c’est très clair, désolé. En tout cas merci de partager tout ça avec nous. Et bon réveillon 🙂

  2. Virginie

    Super podcast. Mais je m’interroge.
    Qui est on si on est pas définie par nos actions? Qui est on si ce n’est l’image qui restera de nous?

    De plus, pardonner je suis d’accord mais c’est indépendant de mettre un terme à la relation. On peut pardonner tout en cessant la relation car c’est justement la limite. Une protection, refuser de donner une Nième chance, pour ne pas subir encore des douleurs.
    Qu’en pense tu??

  3. Pingback: Développement et pod casts d’Esther Tallifet | L'attache d'encre

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