#28 – La procrastination

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 28ème épisode je vais vous parler de procrastination.

Cela fait déjà plusieurs épisodes où je vous parle de réalisation d’objectifs, de volonté, de prise d’habitudes. Toutes ces choses là vont dans le même sens et vont dans l’idée de réussir à introduire un changement dans sa vie, ce qui peut ne pas être évident. Très souvent, la chose que l’on va rencontrer sur notre chemin qui va être problématique ça va être la procrastination.

Nous sommes tous sujet à la procrastination, c’est quelque chose de tout à fait naturel et normal, ce n’est pas une question de volonté, de type de tempérament ou de personnalités. La procrastination est un fonctionnement naturel de notre cerveau qui nous pousse à avoir ce comportement, nous allons en parler aujourd’hui.

Procrastiner, la plupart d’entre nous savons bien ce que c’est mais je vais malgré tout m’attarder sur sa définition et son origine. Le mot ” procrastiner “ vient du latin, avec ” pro “ qui signifie ” en avant “ et ” crastination “ qui vient de ” crastinus “ qui veut dire ” du lendemain “.

Procrastiner signifie donc remettre au lendemain tout ce que l’on a à faire, et de le refaire encore et encore, et donc de ne jamais faire la chose. En pratique, cela se présente sous différentes formes, soit des taches que l’on devrait faire mais qu’on n’a pas envie de faire, on se dit : ” je le ferai plus tard c’est pas grave j’ai encore le temps “. On se donne des excuses. Soit la procrastination s’applique à des choses plus fondamentales, comme la prise de décision, sur le fait de prendre une décision dans sa vie, on va se donner le temps, la plupart du temps on va procrastiner sur des choses qui ne sont pas urgentes mais qui sont importantes à l’échelle de notre vie.

Il y a un livre qui aborde le sujet qui s’appelle ” 7 habits of highly effective people “ et qui parle notamment de productivité. L’auteur nous explique qu’il y a 3 familles d’activités qui sont organisées selon deux paramètres : l’urgence et l’importance.

Il y a des choses qui sont :

non-urgentes et non-importantes (les activités qui ne servent à rien comme par exemple regarder la télé, scroller sur Facebook…)

importantes et urgentes (les choses que l’on fait perpétuellement lorsque l’on est ” dans le rush ” et lorsque l’on procrastine beaucoup, nous sommes très stressés parce que l’on fait ces choses à la dernière minute)

– importantes mais non-urgentes (notre santé, les relations avec notre conjoint, nos enfants, des choses qui peuvent attendre mais qui sont importantes)

urgentes mais pas importantes (les choses qu’il faut déléguer si on est chef d’entreprise par exemple, et si nous ne sommes pas chef d’entreprise comme le ménage, ce n’est pas important et pourtant cela a besoin d’être fait).

Il y a donc toute une famille de chose que l’on ne fait jamais, et qui sont importantes. Et c’est là qu’est le problème de la procrastination, ce n’est pas tellement un problème sur les choses sur lesquelles il y a une deadline. Par exemple, si vous procrastinez sur le fait de faire votre déclaration d’impôts, vous allez peut-être le faire à la dernière minute à minuit, et au final vous allez quand même la faire, cela ne va pas avoir un fort impact dans votre vie. Le pire qui puisse vous arrivez (et qui est à mon sens déjà trop), c’est que cela vous crée des émotions négatives tout le long du processus, parce que vous allez penser à votre déclaration d’impôts et surtout au fait que vous ne l’avez pas faite, au fait qu’il faudra la faire. Vous avez cette pensée latente dans votre cerveau qui est toujours là, mais en réalité ça n’aura pas de gros impact sur votre vie. Alors que les choses importantes pour nous sur lesquelles on procrastine, comme par exemple opérer des changements dans notre vie dans des domaines qui sont importants pour nous, le fait de procrastiner sur la décision ou sur la mise en place des actions, aura un réel impact sur nous.

C’est ça qui est problématique parce que l’on peut remettre des choses au lendemain toute une vie. On peut se réveiller à la retraite et se dire : ” je ne suis jamais allé à l’étranger faire le voyage dont j’ai toujours rêver, je n’ai jamais ouvert l’entreprise que j’ai toujours rêvé d’ouvrir, je n’ai jamais eu d’enfants alors que j’ai toujours rêvé d’en avoir… Il y a pleins de choses sur lesquelles on peut procrastiner sur le long terme et c’est ce point là qui est problématique, c’est surtout sur ce point que j’ai envie d’insister.

Pourquoi procrastine t-on ?

Pourquoi remet-on toujours les choses au lendemain ? Qu’est-ce que cela veut dire de remettre les choses au lendemain ? Si c’est si important pour nous d’être en bonne santé pourquoi avons nous de cesse de nous répéter que nous irons au sport le lendemain ? Il y a déjà une première chose dont on a parlé dans l’épisode sur la volonté. C’est à dire qu’à ce moment là il faut prendre une décision, et cette décision si nous en avons déjà pris plusieurs dans la journée c’est difficile car notre volonté n’est pas illimitée, il est tout à fait possible qu’à ce moment précis nous soyons émotionnellement et mentalement fatigués et qu’il faille penser en amont à cette décision pour pouvoir la prendre le moment venu.

L’autre chose qui se passe c’est que l’on fuit une émotion désagréable qui est en train de se produire sur le moment pour aller vers une émotion agréable que l’on va pouvoir avoir immédiatement.

L’objectif de la procrastination est de fuir une émotion désagréable pour aller vers une émotion agréable.

C’est là que j’ai envie de vous faire remarquer que ce n’est pas une question de tempérament, de flemme, de ” je ne suis pas une bonne personne, je n’ai jamais eu de volonté etc… “. Ce n’est pas le problème, le problème c’est que l’on cherche à fuir une émotion désagréable en ayant une émotion agréable immédiate, c’est donc un problème émotionnel. Il va donc falloir apporter une réponse émotionnelle. Et surtout, si vous avez suivi les podcast depuis le début, c’est tout à fait naturel comme comportement, c’est ce que fait notre cerveau pour nous maintenir en vie, c’est son fonctionnement, c’est de cette manière qu’il est parvenu à nous maintenir en vie jusqu’à maintenant, puisque les émotions positives sont associées à ce qui est vital (manger, dormir, se reproduire) alors que les émotions désagréables sont associées à des dangers de mort (sauter d’une falaise, se faire chasser par un ours).

Le problème est que dans la société dans laquelle on vit, les plaisirs ne veulent pas forcément dire plaisir vital, comme par exemple scroller sur Facebook. Les peurs, le stress ou l’ensemble des émotions négatives ne sont pas synonymes de dangers de mort, lorsque vous avez un gros stress parce que vous avez un mémoire à rendre et que vous vous dites : ” j’ai trop peur d’écrire ce mémoire parce que j’ai peur qu’il soit nul alors autant aller manger du chocolat dans la cuisine “, là votre cerveau est en train de vous dire : ” attention warning danger de mort “ alors qu’en réalité ce n’est pas du tout le cas.

Que faut-il faire dans ce cas là ?

Il faut réapprendre à notre cerveau à vivre avec le temps dans lequel nous sommes, c’est à dire d’un point de vue évolutif, la procrastination est quelque chose d’ultra efficace. C’est le résultat d’un cerveau qui fonctionne de manière efficace, le fait que vous soyez enclin à la procrastination est tout à fait normal, mais ce n’est pas parce que c’est le cas qu’il faut se complaire dans ce type de comportement : ” très bien je suis normal donc je peux me complaire là dedans “.

Si nous sommes là ensemble, c’est que nous avons envie de se coacher, nous avons envie de réaliser des choses différentes dans notre vie et qu’on a envie de prendre la main sur notre cerveau.

Ce que l’on va faire c’est que l’on va constater ce que l’on est en train de faire en se disant : ” ok, je fuis une émotion négative pour aller vers une émotion positive “. Dans un premier temps il faut que j’identifie l’émotion négative en question pour que je puisse la désamorcer, parce que si l’émotion négative à la source de mon problème n’est plus là, ou que je peux l’accueillir et la comprendre je n’aurais plus besoin d’aller vers un plaisir immédiat.

La deuxième chose à faire est de s’arranger pour ne pas aller vers ces plaisirs immédiats qui nous donne encore plus envie de procrastiner. Pour cela vous avez beaucoup d’astuces pour ne pas recourir aux plaisirs immédiats. Les personnes qui parlent de procrastination sur Internet vont vous donner des astuces pour vous aider à ne plus procrastiner, c’est en réponse à cela. Par exemple elles vont vous proposer d’installer sur votre navigateur quelque chose qui va vous empêcher d’aller sur certains sites, cela va vous empêcher d’aller vers le plaisir immédiat mais cela ne va pas régler le problème de l’émotion désagréable mais cela va vous empêcher d’aller chercher une émotion plus agréable.

Ces personnes vont également vous recommander de ne pas avoir de biscuits chez vous si vous ne voulez pas les dévorer pour combler une émotion désagréable ou pour se divertir, la plupart du temps on va manger alors que nous n’avons absolument pas faim, mais cela nous évite d’avoir à écrire le mémoire que l’on est en train d’écrire.

Il existe donc cette solution de s’empêcher physiquement d’avoir accès au plaisir immédiat, et l’intérêt c’est de le faire suffisamment longtemps pour que cela devienne une habitude. Si vous n’avez plus acheté de bonbons ou de biscuits pendant des mois, vous ne passez même plus dans ce rayon et cela, ne vous vient même plus à l’esprit et ça ne représente plus un effort.

Comme on la dit dans les épisodes sur les habitudes et sur la volonté, le but du jeu est de ne pas avoir à faire appel à notre volonté à chaque fois que l’on se retrouve dans une situation où il y a procrastination sinon nous allons être épuisé et ça ne va tout simplement pas fonctionner. Ce que l’on veut c’est prendre de nouvelles habitudes.

Si nous voulons dire ” non “ à l’émotion positive, nous pouvons se dire que l’on ne se confronte pas aux déclencheurs qui nous invite à fuir vers ces émotions positives. Ce qui est d’autant plus efficace d’après moi, ce que je viens d’évoquer fonctionne mais cela est moins efficace que d’aller à la source du problème. La source du problème c’est l’émotion négative qui faut que l’on a envie de procrastiner et qu’on l’on n’a pas envie de faire ce que l’on doit faire. Il va falloir identifier cette émotion négative et savoir ce quelle est.

Il va avoir deux types d’émotions. Le stress/ le doute / la peur et l’autre catégorie d’émotions appartiendra davantage à ce que l’on qualifie de ” flemme “. La personne n’exprime pas particulièrement de peur, faire ses impôts sur Internet n’est pas particulièrement effrayant, c’est juste que la personne n’a pas envie de la faire.

Si nous sommes dans le cas où nous n’avons juste pas envie, la problématique qu’il y a derrière cela c’est que vous ne voyez pas de valeur dans ce que vous êtes en train de faire, si vous avez la flemme d’aller au travail, de déclarer vos impôts, d’aller au sport, c’est que vous ne voyez pas l’intérêt de le faire. La question qu’il faut se poser c’est : ” est-ce que je n’ai vraiment pas d’intérêt dans cette chose là et si c’est vraiment le cas, ne faudrait-il pas que j’arrête de la faire pour faire autre chose à la place ? “.

Si vous vous rendez compte que vous avez continuellement la flemme de faire ce que vous avez à faire au travail, cela vaut peut-être le coup de se poser la question : ” pourquoi je trouve un intérêt dans ce travail là ? “. L’intérêt peut être dans l’activité en elle-même et si ce n’est pas intellectuellement intéressant, cela peut être parce que ce travail vous apporte une sécurité dont vous avez besoin et que vous avez des passions qui vous prennent toute votre énergie et que vous préférez mettre votre énergie dans votre passion plutôt que dans votre travail. Cela peut être un choix, ce n’en est pas un auquel je m’identifie, j’ai besoin de m’éclater dans mon travail sinon je déprime, sinon cela ne me convient pas. Ce qui fait que cela peut donner à un sens à votre travail si vous faites ce choix là, et dans ce cas là vous n’aurez plus à avoir la flemme d’y aller parce que vous le faites pour vos enfants, pour avoir une sécurité.

Concernant les autres choses qui sont pénibles mais qu’il faut faire quand même (prendre la voiture pendant les bouchons, faire sa déclaration d’impôts…). Les exemples que je vous donne ici fonctionnent lorsqu’il y a une problématique de sens. L’autre problématique c’est le cas où l’on va avoir une émotion désagréable qui nous envahit.

La première émotion désagréable dont je vais vous parler c’est le doute. Lorsque l’on est en proie au doute, lorsque l’on a besoin de prendre une décision : celle d’avoir un enfant, celle d’acheter une maison, celle de changer de travail, celle de choisir un lieu de vacances…

Premièrement je vous renvoie à l’épisode sur le Doute et l’Inaction et du risque que cela comporte. La question qu’il faut se poser c’est : ” quelle est la raison pour laquelle je doute ? Est-ce que je doute parce que je ne suis pas sûr que la chose que je veux faire soit en adéquation avec mes valeurs et me correspond ou est-ce que je doute parce que j’ai besoin du regard des autres, j’ai peur de ce que l’on va penser de moi, j’ai peur de décevoir quelqu’un ? “. Dans ce cas de figure là ce n’est pas valable. Il est possible que vous ayez encore besoin de temps pour l’instant et que vous n’êtes pas prêt pour l’instant et que vous avez besoin de tout avec vous-même pour savoir quelles sont vos valeurs et qu’est-ce qui est important pour vous et à vous défaire du regard des autres ? (Il n’y a aucun mal à ça).

Vous pouvez retenir une chose de manière globale sur ce podcast ou dans la vie : je ne porte pas de jugement en général et je vous encore à ne pas porter de jugement sur vous-même. Mais parfois il faut juste du temps pour se défaire de certains mécanismes que l’on a eu pendant plusieurs années. Si pendant des années on a porté beaucoup d’importance sur le regard qu’à notre mère ou notre père sur le travail que l’on fait, et qu’un jour nous nous lançons dans un travail qui va à l’encontre de ce que nos parents pensent, cela va être difficile de prendre cette décision. Il faut voir que ce qui nous ait douter ce n’est pas la chose en question, l’exercice que je vous demande de faire c’est de vous demander : ” est-ce que ce qu’il vous fait douter c’est l’action en elle-même ou c’est le fait qu’il y à des personnes autour de vous qui ne vont peut-être pas approuver ? “.

C’est intéressant de voir d’où provient votre émotion négative parce que vous allez être capable de désamorcer votre procrastination. Vous allez pouvoir décider. Si vous voulez acheter une maison par exemple et vous parents désapprouvent parce que vous voulez acheter une maison en bord de mer et vos parents ne sont pas d’accord. Ce qui fait que vous hésitez à acheter cette maison parce que vous n’avez pas envie de décevoir vos parents, vous n’avez pas envie qu’ils vous disent que vous ne les aimez pas ou que vous vous fichez de leurs conseils. Si vous n’êtes pas prêts pour l’instant, à faire quelque chose qui va à l’encontre de votre besoin d’être accepté et aimé par les autres, je ne dis pas que c’est le cas mais si vous êtes là que vous aimeriez à terme vous défaire de ce regard là, parce que c’est extrêmement libérateur. Mais si pour le moment ce n’est pas le cas, rien ne vous empêche d’arrêter d’être dans le doute et de vous dire : ” ok, je n’achète pas pour cette raison là, parce que pour l’instant je ne suis pas prêt à décevoir mes parents, je ne suis pas prêt à faire ce travail là, ou je n’ai pas envie de le faire et que cela me convient très bien d’être dans ce rapport là avec mes parents “. Au moins ce comportement vous permet de sortir de la procrastination et du doute.

Le deuxième type d’émotions désagréables que l’on va avoir c’est par rapport à la peur, mais là je ne vais pas seulement d’une peur du regard des autres (même si elle peut être paralysante), vous connaissez cette peur et ce stress qui fait que l’on ne passe pas à l’action, c’est typiquement quelque chose qui est simplement dû au fonctionnement actuel de notre cerveau. Nous en avons parler sur le podcast ” D’où viennent les émotions ? “ et je vous recommande un livre qui s’appelle ” How emotions are made “. Je vais vraiment simplifier mais nous en avons le cerveau primitif qui est le centre des émotions qui est le système limbique et nous avons le cortex préfrontal qui est le cerveau le plus évolué, c’est la que se situe la prise de décision, les raisonnements rationnels. Lorsque l’on a envie de procrastiner on a souvent deux voix dans notre tête, une qui va nous dire : ” non mais il faut vraiment que tu te mettes à travailler sur ton mémoire, que tu prennes une décision parce que la deadline approche ou parce que c’est important pour toi “ et il y une autre partie du cerveau ” oui mais non il y a encore le temps “ comme si vous aviez deux personnes en vous qui font un débat. Ce débat est réel et est dû à la présence de ces deux parties du cerveau.

Vous avez le centre de la décision rationnelle qui vous dit quoi faire et vous avez le centre des émotions qui vous dit : ” non mais cette chose là fait très peur, on va mourir donc va faire une autre chose qui t’apporte du plaisir à la place parce que le but du jeu c’est de rester en vie “.

La plupart du temps lorsque l’on procrastine nous avons ce débat intérieur en cours et on se laisse happer par les émotions, ce qui est tout à fait normal, d’autant plus dans une situation où nous sommes soumis à un énorme stress ou une peur importante. Il y a à une partie du système limbique qui s’appelle l’amygdale, qui a le pouvoir de faire un ” stop “ au cerveau le plus évolué c’est à dire le cortex préfrontal. Le rôle de l’amygdale est de juger la valeur d’une émotion que l’on est en train de ressentir et de la classer, c’est le centre de la peur. Son rôle est de juger si l’émotion que l’on est en train de vivre et oui ou non très importante et de décider ce qu’elle transmet au système limbique (de façon très simplifiée). L’idée est de schématiser pour que je comprenne et que je puisse vous le transmettre, que ce soit donc facile à expliquer et facile à comprendre. L’amygdale est capable de ” faire un stop “ au cerveau évolué et de lui dire : “ laisse-nous gérer cela avec le système limbique et le centre des émotions “.

Cela va être le moment où vous allez être dans l’inaction, ou vous allez être paralysé par la peur, d’un point de vue évolutif cela fait tout à fait sens, si nous sommes en train de ressentir une émotion extrêmement forte c’est que nous sommes probablement face à un danger immédiat. Nous connaissons tous la sensation d’être immobilisés par la peur, si d’un seul coup vous vous retrouvez face à une agression dans la rue, vous n’allez peut-être pas savoir vous défendre, vous allez vous dire : ” tiens je me suis fait agressée mais j’étais tellement apeuré que je n’ai pas réagi “, tout simplement parce que votre amygdale a pris le dessus et elle a dit à votre cortex préfrontal de le laisser gérer cela et c’est donc le système limbique qui prend le dessus et qui a pour rôle de gérer toutes émotions qui vont créer toutes les sensations physiques qui vont nous être utile. Typiquement le fait d’avoir le cœur qui bat plus vite pour pouvoir courir si nous nous sentons en danger. Si vous êtes face à un ours ce n’est pas le moment de vous demander si vous allez devoir faire ou non votre mémoire, il n’est pas question de réfléchir à une équation mathématique. C’est le moment de réagir face à cet ours et de se défendre, de courir ou de rester immobile si c’est la meilleure chose à faire.

Si vous vous retrouvez avec une émotion désagréable qui est très forte, il est normal que vous ne parveniez pas à travailler, et que quoi qu’il arrive vous procrastinez dans cette situation, même si vous avez éteint votre Facebook sur l’ordinateur, parce que d’un point de vue évolutif c’est de cette manière que votre cerveau a fonctionné jusqu’à maintenant. D’un point de vue évolutif c’était bien d’avoir des personnes qui poursuivent les plaisirs et fuient les dangers et se paralysent lorsqu’il y a un danger et acceptent le danger avec grand plaisir. D’un point de vue évolutif c’était plus intéressant d’avoir par exemple peur de sauter de la falaise plutôt que de la faire, il y en a certains qu’ils l’ont fait mais ceux là n’ont pas transmis leurs gènes, ce ne sont pas ceux là qui se sont reproduit.

L’objectif pour nous va être de trouver cette émotion désagréable qui est très forte et que l’on est en train de ressentir.

Comment fait-on pour identifier une émotion ?

Nous en avons parler dans le podcast, nous réfléchissons au modèle de Brooke Castillo, nous essayons de ressentir l’émotion et de mettre un mot dessus, essayer de la décrire avec un papier et un stylo, il est question de la décrire à quelqu’un qui est censé n’avoir jamais ressentie cette émotion, quelles sont les sensations physiques qui y sont associées, comment se manifeste t-elle chez nous et quelles sont les pensées qui sont à l’origine de ces émotions ?

Qu’est-ce qui fait que là maintenant on ne parvient pas à écrire notre mémoire ? Qu’est ce qui fait que nous sommes complètement paralysés et que la situation s’envenime parce que plus on procrastine, plus on a du travail qui s’accumule et que l’on doit accomplir de façon limitée, plus la dose de stress augmente et plus notre cerveau primitif prend le dessus.

Comment faire pour se sortir de ce cercle vicieux ? 

On identifie les pensées qui sont à l’origine de cette problématique là, on mène un travail sur nos pensées et sur tout le processus dont on a déjà parlé longuement, je ne vais pas le répéter ici mais je vous renvoie aux épisode 22 ” Exemples d’applications “ et 23 ” Se Sentir Bien “, nous avons détaillé précisément comment mettre une place un changement de pensées. Sans même vouloir changer ses émotions de façon conscience, le fait d’identifier la pensée et l’émotion nous facilite la vie et cela suffit à nous sortir de la procrastination.

Ce cas de figure s’applique lorsque l’on a très peur et que cela induit une inaction. Parfois nous sommes en train de procrastiner mais nous ne sommes pas dans cet état de peur insoutenable. A nous d’identifier si nous sommes oui ou non complètement bloqué.

Une autre chose qui peut nous aider, il s’agit de planifier et de découper. Très souvent, la raison pour laquelle nous sommes bloqués parce que nous avons tellement de travail que l’on ne sait pas par quel bout le prendre. La bonne stratégie consiste à reconnaitre son émotion, trouver les pensées qui en sont à l’origine (on se retrouve souvent avec des pensées qui sont : ” je ne vais pas y arriver j’ai trop à faire, je ne vais jamais y arriver “, ce sont ces pensées là qui vont générer chez nous cette peur ou ce stress que l’on est en train de ressentir. Ce qu’il faut voir, c’est que pour changer cette pensée on ne peut pas juste se dire : ” non mais je n’ai pas de travail tout va bien “, tout simplement parce que ce n’est pas vrai. Si ce n’est pas vrai pour nous, nous n’allons pas croire la pensée et ce sera inefficace.

Ce qu’il faut faire c’est gérer cette quantité de travail et gérer le fait que l’on ne sait pas par quel bout le prendre. Et pour cela, la meilleure manière de procéder consiste à découper la tâche et la planifier et de se tenir à notre planification en faisant appel à note volonté. Comme nous l’avons dit précédemment, nous allons nous poser le matin (le moment où nous avons le plus de volonté, où notre cerveau est le plus reposé) et ensuite lorsque la situation se présente, nous ne sommes pas en train de mener un débat dans notre tête, c’est planifier et on le fait. Si nous n’avons pas réussi à faire ce que l’on avait prévu selon la planification mais que l’on bien travaillé malgré tout, c’est au ” nous du soir “ de revoir la planification pour les jours à venir. Ce n’est pas le ” nous de maintenant “ qui va se stresser parce qu’il se rend compte qu’il ne parviendra pas à tout faire, ce n’est pas le moment. Il s’agit de planifier une tache, on se met à fond dedans, on se concentre sur cette seule unique tache. A la fin de la journée, si on constate que l’on a été trop optimiste sur la quantité de travail que l’on pouvait faire dans une journée alors on revoit la planification. Et si au final, on ne peut pas aller au bout, il n’est pas question de se rendre malade.

Je vous dis cela parce que je suis peut-être en train de vous sauver d’une situation dans laquelle vous êtes peut-être en train de procrastiner et vous êtes déjà en retard, mais si on fait ce travail là dès le début on évite ce genre de situations. Nous sommes toujours un peu “off “ dans notre planification, on a du temps pour remettre les choses en place. C’est ce que je vous encourage à faire en tout cas. Cela demande un peu d’organisation et de pratiquer cela demande du travail en amont et de prendre conscience de ces mécanismes là.

J’anticipe déjà au préalable vos remarques, parce que tout simplement j’étais cette personne là par le passé et qui se disait : ” non mais moi je suis quelqu’une de spontanée, j’ai besoin de fonctionner de cette manière pour avoir l’inspiration, il faut que j’ai envie sinon je ne suis pas efficace, si je travaille pour moi c’est justement pour ne pas avoir cette contrainte d’avoir un patron “.

Pensez à la raison pour laquelle vous la faite, pourquoi c’est important pour vous, quelle est votre vraie raison ? Si vous ne la connaissez pas cette raison je vous renvoie à l’épisode sur les objectifs ? Si cette raison est là, la planification est le meilleur cadeau que vous pouvez vous faire. En planifiant, vous vous assurez que vous allez faire cette chose qui est vraiment importante pour vous. Et vous vous devez ça, on se doit d’être là pour soi et de faire les choses qui sont importantes pour nous-mêmes.

Je vais m’arrêter la sur ce podcast sur la procrastination et je vous dis à la semaine prochaine !

Je vous précise d’ailleurs que le podcast est désormais disponible sur Audible !

 

Episodes reférencés / Ressources


Le programme tel qu’il était proposé lors de la sortie de cet épisode, n’est plus disponible. Il a été remplacé par un programme de coaching en ligne de groupe: Cliquez ici pour plus de détails.

Télécharger gratuitement “La boîte à outils”: ici.


Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)

6 commentaires

  1. Bonjour Esther 😆
    Je tiens à te remercier pour tout ce que tu partage sur ce podcast et sur ta chaîne Youtube. Tu es vraiment une personne géniale, d’une sincérité et d’une honnêteté remarquable. Tu es vraiment une personne que j’admire, un vrai modèle dans ma vie. Tu apporte tellement de valeur au gens que ce petit message est bien peu de chose mais il est ce qu’il est. Tu abordes les problèmes qui ont été abordé par des centaines voir milliers de personnes avant toi, (la procrastination par exemple ^^) mais tu y apporte tes réflexions ta sincérité que ça dépasse le simple conseil, ça en devient une leçon de vie. En tout cas MERCI pour tout!

  2. Pingback: Développement et pod casts d’Esther Tallifet | L'attache d'encre

  3. Iza

    Merci esther pour toutes ces leçons de vie qui me permettent de m améliorer et de refaire surface après plusieurs semaines de remise en question.
    Étant musulmane toutes ces informations m étaient inculqué mais il me manquais la notice (lol) en tous les cas tu fait parti des personnes qui ont changer ma façon de voir les autres et tu m a permis de mieux accepter et ou me changer intérieurement, choisir ce que je veux dans ma vie, je me sens plus apte à affronter la vie maintenant et regrette d avoir attendu aussi longtemps pour mieux connaitre certaines choses. Je te kifff grave

  4. Julie

    Coucou Esther 🙂

    Je poursuis mon travail en écoutant tes podcasts et en utilisant pas mal d’outils que tu mets à disposition. Je suis passionnée par toutes les réflexions que ces écoutes déclenchent chez moi ; en plus il est sans cesse possible de faire des liens entre toutes les thématiques que tu abordes et tous les outils que tu proposes, de sorte que j’ai l’impression de prendre de plus en plus de recul, d’approfondir sans cesse ma réflexion et de grandir de tout cela.

    En l’occurrence, après avoir fait un “flot de pensées” aujourd’hui parce que je me sentais assez mal, je me suis rendue compte que certaines toutes petites contrariétés de ma journées me pesaient et étaient liées au fait que j’avais remis certaines tâches à plus tard – sauf qu’elles m’étaient (entre autres choses) restées dans un coin de la tête, même s’il s’agissait de choses assez insignifiantes.

    Et là, je me suis ressouvenue de quelque chose que tu as dit dans cet épisode sur la procrastination, par rapport à l’exemple de quelqu’un qui repousserait la décision d’acheter une maison au bord de la mer. Plutôt que de remettre toujours à plus tard, de garder ça en suspens, irrésolu, dans un coin de la tête et de laisser cette perspective peser sur nous, autant, dans ce cas, prendre la décision de ne pas faire ça pour le moment, tout en sachant pour quelles raisons on n’y est pas prêt.

    Je crois que c’est un petit quelque chose qui va m’aider et me libérer l’esprit – et j’ai donc remarqué que ça pouvait aussi bien s’appliquer à des tâches quotidiennes (type : il faut que je fasse la vaisselle mais je n’ai pas envie, mais ça me reste quand même dans la tête et je ne suis pas tranquille ; pourquoi ne pas juste me dire : je ne la fais pas maintenant pour x raison, je la ferai plus tard, et ne simplement plus y penser plutôt que de culpabiliser de ne pas la faire ?) La procrastination ne me paraît plus dramatique dans le sens où ce serait terrible de ne pas faire les choses qu’on doit/veut faire. Elle est surtout problématique quand elle ne permet pas de trancher et de se libérer l’esprit, quelle que soit l’issue : faire la chose OU, tout aussi bien, ne pas la faire.

    Décider de ne pas faire la chose maintenant, voire même décider de ne pas décider maintenant et de se laisser consciemment une plage de temps pour réfléchir, vaut mille fois mieux que de ne pas décider du tout (sans même s’en rendre compte) et de garder l’objet de notre indécision dans la tête tout le temps, en se mettant la pression pour décider/faire la chose… Je ne sais pas si je m’exprime aussi bien que toi mais en tout cas j’y vois une grande différence et un très bon conseil pour cesser d’être inconsciemment l’esclave de ses propres pensées.

    Je (re-)partage juste ça ici parce que c’est quelque chose que j’ai retenu en particulier et qui m’aide déjà 🙂

    Une très belle semaine

    Julie

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