#35 – Burn-out et Bore-out

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui vous aide à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 35ème épisode nous allons parler ensemble de burn-out et de bore-out. Si ce sont deux termes avec lesquels vous n’êtes pas du tout familier ce n’est pas grave, nous allons définir cela ensemble.

Retour sur les épisodes dédiés au surpoids

Avant de commencer sur ce sujet là, j’avais envie envie de revenir sur ce qu’il s’est passé sur les podcasts numéro 32 et numéro 33 qui traitaient du surpoids, parce qu’il y a un retour extraordinaire à mon échelle sur ces podcasts là en particulier. Je vois l’utilité que cela peut avoir pour vous, mais le fait de le voir effectivement en ligne c’est un sentiment de satisfaction intense, parce que j’ai la sensation de pouvoir enfin exprimer des choses à ce sujet là et aider d’autres personnes qui vivent la même chose et j’aurais aimé avoir accès à ce genre d’informations il y a longtemps comme je vous l’avez dit lors de ces épisodes.

J’avais juste envie de vous remercier pour la satisfaction que cela me procure mais aussi pour l’aspect communauté qui est en train de se créer sur ce podcast là et c’est vraiment quelque chose que j’ai ressenti notamment avec la sortie de ces podcasts là, parce que beaucoup de personnes se sont manifestés alors qu’elles écoutaient le podcast depuis le début sans vraiment l’avoir fait avant. Je ne me rendais pas forcément compte de l’impact que cela pouvait avoir sur vous et cela me fait énormément plaisir, je trouve cela extraordinaire ce que nous sommes en train de faire ensemble, je suis heureuse de pouvoir aider ceux qui m’écoutent et je suis touchée du retour à ce sujet là. D’autant plus lorsque je reçois des messages m’expliquant à quel point le podcast a été utile sur de nombreux aspects, j’en reçois de façon quotidienne ce qui me fait très plaisir. Il y a une dimension différente parce que c’est quelque chose que j’ai vécu personnellement et qui m’a apporté de la souffrance pendant de nombreuses années et je voulais prendre un peu de temps pour vous remercier à ce propos.

Dire à toutes les personnes qui sont concernées par les problématiques de surpoids et de rapport à la nourriture, de rapport au corps (sujet que j’aborderais peut-être plus tard sur le podcast lorsque j’aurais écrit quelque chose sur le sujet), c’est un sujet que j’aborderais et qui à mon sens ne concerne pas que les personnes en surpoids. J’ai envie de dire à toutes ces personnes que vous êtes déjà sur la mailing list sur cette thématique parce que vous avez téléchargé le document pdf qui résumait les deux podcasts, je vais continuer à vous proposer du contenu via email qui va vous permettre de commencer à faire ce travail là si vous le souhaitez, parce que je pense que les podcasts peuvent représenter un point de départ mais cela peut ne pas être suffisant pour mettre en place des actions. Je suis ravie comme vous pouvez l’entendre, merci beaucoup et passons au podcast du jour.

En français les mots burn-out et bore-out se réfèrent au syndrome de l’épuisement, l’un des deux représente l’épuisement par l’ennui et l’autre n’a pas spécifié dans le nom. Le mot  ” burn-out “ en anglais signifie ” s’être brulé / consumé “, on pourrait le dire en langage familier : ” s’être cramé au travail “, ” s’être consumé au travail “.

Le mot bore signifie ” l’ennui “, cela va être l’effet inverse qui va malgré tout produire un épuisement, nous allons comprendre ensemble pourquoi. C’est lorsque nous avons un travail qui n’est pas satisfaisant d’un point de vue intellectuel, et qui n’est pas satisfaisant en terme de quantité ce qui fait que l’on se retrouve par être rongé par l’ennui, et dans les deux cas cela provoque une fatigue profonde, un désinvestissement professionnel et un sentiment d’échec qui est très fort. Dans la globalité, cela génère une baisse de l’estime de soi. Nous n’avons pas besoin de déjà être dans une situation de burn-out ou de bore-out pour aller dans cette direction, c’est pour cela que j’ai décidé d’en parler dans ce podcast parce que tout ce dont je vais vous parler ici, nous avons tous des tendances plus ou moins fortes d’aller dans un sens ou dans l’autre, nous sommes sujets à ces problématiques qui sont toutes deux des problématiques sociétales actuelles que l’on voit de plus en plus, qui sont liées au mode de fonctionnement de la société en ce moment et de la manière globale dont on fonctionne ensemble. Je pense que c’est important de comprendre les mécanismes qui sont à l’origine de burn-out et du bore-out et de comprendre ce qu’il se passe.

Ce que nous allons faire aujourd’hui c’est que nous allons tenter de comprendre comment l’on peut se retrouver dans une situation de burn-out ou de bore-out, même juste avoir tendance à aller dans l’une de ces deux directions, et comment prévenir cela en amont, comment parvenir à changer la problématique avant de se retrouver dans un état de fatigue, un syndrome d’épuisement tellement profond que nous ne sommes plus en état de fonctionner normalement et la solution qui va nous être apporté c’est de s’éloigner de la situation et des circonstances qui sont en train de se produire. Je parle de situations de burn-out et de bore-out au travail, mais c’est quelque chose qui peut également arriver dans la sphère privée (vous allez le comprendre lorsque je vous aurais présenté les mécanismes à l’origine de ces deux choses).

Lorsque que l’on en parle dans les médias, le burn-out et le bore-out est pensé en terme de travail dans le cadre d’une activité professionnelle qui rapporte de l’argent. Bien que ce soit la définition de ces termes : ” syndrome d’épuisement au travail “, c’est aussi quelque chose que l’on peut vivre au sein de la sphère privée.

La solution qui est proposée en cas de burn-out ou de bore-out est de se reposer ou de s’éloigner de la situation c’est à dire de changer d’activité professionnelle. Lorsque que quelqu’un se retrouve en situation de burn-out on va lui dire qu’il faut qu’il se repose, cela va parfois même passer par un médecin qui va devoir attester de la situation d’épuisement en vue de forcer la personne à s’éloigner de son travail et de prendre du repos. Ce qui est très dur parce que nous sommes dans un état mental très particulier lorsque nous sommes en burn-out ou bore-out parce que l’on se trouve dans une boucle, un cercle vicieux qui fait que l’on s’épuise déplus en plus. La solution proposée est de s’éloigner dans un premier temps et à terme de changer de travail (si le travail est à l’origine du burn-out), ce qui est généralement considéré comme la raison principale de ce problème.

Ce que je vous propose dans ce podcast, c’est de penser les choses différemment et de voir que cette solution qui est proposée ne traite en faite pas la cause, elle traite soit la mauvaise cause qui est la circonstance : la situation professionnelle. Nous avons vu ensemble que les circonstances sont neutres et qu’elles ne sont pas à l’origine des résultats que l’on obtient dans notre vie mais ce sont nos pensées qui le sont. Il en va de même pour nos émotions qui ne sont pas causées par nos circonstances mais par nos pensées. Vouloir changer la circonstance, pour résoudre le problème de fatigue, un état émotionnel (sans pour autant parler d’un syndrome d’épuisement) ne va pas forcément changer la problématique. Nous avons vu cela de nombreuses fois, vous l’avez peut-être vous-même expérimenter dans votre vie sur différents aspects, mais lorsque l’on ne se sent pas bien dans une situation et que l’on arrête pas de sire dire que : ” ça ira mieux quand… telle chose sera de telle manière “, ou ” là ça ne va pas parce que je fais trop d’heures de trajet, ça ira mieux quand je changerais de travail et que j’aurais moins de temps de trajet “ ou ” ça ne va pas parce que ce que je fais n’est pas assez intéressant, ça ira mieux quand j’aurais un travail plus intéressant ou quand j’aurais un statut plus élevé “….

Nous sommes constamment dans la recherche extérieure de la satisfaction et souvent ce qu’il se passe dans ce type de situation, parfois il est vrai que c’est la nature du travail en lui-même qui pose problème mais la plupart du temps c’est autre chose. Ce qui fait que l’on passe son temps à changer d’emploi, ou changer de situation personnelle en pointant du doigt les défauts de son compagnon actuel, on en vient à le quitter parce qu’on lui trouve pleins de défauts et on se retrouve avec quelqu’un d’autre et on trouve d’autres défauts à cet autre partenaire. En effet, il peut arriver certaines fois où l’on se retrouve avec des personnes qui n’ont pas les mêmes valeurs que nous mais le risque au final c’est de toujours fuir les problèmes en pensant qu’ils viennent de l’extérieur et sans se poser et se demander exactement d’où vient le problème.

La première problématique que l’on a dans la solution qui est proposée aux personnes confrontés à une situation de burn-out ou de bore-out ou qui tendent tout doucement à aller dans la direction du syndrome de l’épuisement c’est que cela ne traite pas la vraie cause qui est : la circonstance. Parfois cela peut être la cause mais pas toujours. Et l’autre problématique c’est que l’on traite les symptômes, lorsque l’on s’éloigne de son travail parce que l’on est dans un état de fatigue mental, on ne résout en rien la problématique, cela ne résout pas le problème de prendre, par exemple, 6 mois de repos total en arrêt maladie pour reprendre ensuite son travail tel qu’on l’a laissé, dans la plupart des cas cela ne va rien changer parce que nous n’avons pas traité la cause, nous avons traité le symptôme. La solution qui est apportée est une solution d’urgence pour résoudre le problème de stress et d’épuisement. Si vous êtes complètement épuisé, il est évident qu’il va d’abord falloir se reposer pour être dans un état mental qui vous permette de vous poser les bonnes questions. C’est comme si vous vous retrouvez avec quelqu’un qui a eu un accident et qui se retrouve avec une fracture ouverte, la solution immédiate va être de lui donner des anti-douleurs, même si cela ne va pas résoudre le problème en lui-même. Le problème n’est pas en soi de donner des anti-douleurs, c’est de penser que le problème s’arrête là après en avoir donné. On se dit que comme la personne n’a plus mal donc nous avons résolu le problème, mais c’est malgré tout la chose la plus urgente à faire, de faire en sorte que la personne arrête d’avoir mal, parce que c’est ce qui fait l’urgence de la situation.

Je pense que vous avez compris l’analogie que j’ai voulu faire ici, c’est à dire que dans le cas de figure d’un burn-out ou d’un bore-out, le fait de s’éloigner et de se reposer va nous permettre de soigner le symptôme et cela ne va en aucun cas résoudre la cause.

Il est donc crucial de se demander qu’est-ce qu’il se passe derrière cela et pourquoi nous retrouve t-on dans une situation d’épuisement au travail dans la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui ? Pourquoi sommes-nous si nombreux à vivre ce genre de situation ? Et d’où cela provient ?

Ce que je voulais vous dire si vous êtes concerné par cette thématique, comprenez bien que ce n’est pas de votre faute. L’origine est liée malgré tout à votre état d’esprit, en réalité ce n’est pas quelque chose dont vous avez conscience, ce n’est pas quelque chose que vous avez produit volontairement pour vous-même et ce n’est pas quelque chose qui est enseigné. Nous n’avons aucun enseignement sur ” comment gérer sa santé mentale ? ” ” Comment gérer les pensées qui nous viennent à l’esprit ? ” ” Comment gérer ses émotions ? “. Ce sont des choses dont nous n’avons pas conscience pour la plupart d’entre nous avant d’en avoir conscience et de se retrouver sur ce podcast et sur l’ensemble du contenu que je propose ici. Si nous n’avons pas conscience de ce que j’ai pu évoqué ici, il est tout à fait normal de ne pas pouvoir traiter la cause parce que nous n’avons tout simplement pas conscience que cette cause existe.

Nous avons un rapport à la productivité qui est très étrange et malsain, je parie même que lorsque j’évoque le mot productivité cela va signifier pour beaucoup d’entre vous : la hiérarchie et tout un tas d’autres choses connotée négativement. Le fait par exemple d’avoir un patron particulièrement exigeant, d’avoir à toujours produire plus sans avoir de répit, d’être dans une société de résultat et de ne pas pouvoir se poser et être créatif et réfléchir pleinement. C’est à dire que c’est aussi notre rapport à la productivité qui est faussé, nous avons cette image de la productivité. En tant qu’être humain, nous avons un besoin de contribution, d’être présent et de s’exprimer pleinement en tant que soi et c’est ça qui va être à l’origine de l’estime que l’on va avoir de nous-même. C’est ça qui va être à l’origine du fait que l’on va se sentir bien, contribuer et être pleinement présent dans ce que l’on fait et c’est exactement l’inverse qui se passe lorsque nous sommes dans une situation de burn-out ou de bore-out, nous sommes dans un désinvestissement total au niveau professionnel et c’est ce qui est à l’origine de notre manque d’estime de nous. Nous avons besoin, pour être motivé et satisfait d’être productif, de produire quelque chose, d’être énergisée parce que l’on fait et que cela vienne de l’intérieur, que l’on soit motivé de manière intrinsèque par les choses que l’on est en train de produire.

Ce qui est fou c’est que lorsque je parle de ces choses là à certaines des personnes que je coache, elles me disent qu’elles n’ont pas besoin d’être constamment dans la passion pour être productif au travail ou pour être heureux. Il n’est pas nécessaire de faire un métier passion pour être heureux, ce n’est pas que leur travail qui les portent dans leur vie. Ce qui les portent dans leur vie c’est tout un tas d’autres objectifs personnels ou l’amour de leur famille, ce n’est pas forcément leur travail et pour autant ils ne sont pas malheureux au travail et ne développent pas pour autant un syndrome de l’épuisement.

Lorsque que je parle de motivation ce n’est pas forcément pour ce que l’on est en train de réaliser mais c’est vraiment pour la raison qui fait que vous êtes là. Si votre motivation interne pour être là c’est de subvenir aux besoins de votre famille et d’être vraiment dans cette construction liée à votre vie personnelle, vous voyez l’intérêt qu’à votre travail parce que vous savez que vous contribuez à une entreprise qui vous donne un salaire et que c’est grâce à cela que vous pouvez aller dans la direction que vous avez fixé pour vous et pour votre famille. La motivation interne vous l’avez, c’est celle-ci, lorsque je parle de motivation interne je ne parle pas forcément de métiers ” passion “, je parle vraiment d’une vraie raison qui fait que l’on est là parce que nous sommes en train de produire et que l’on est en train d’avoir un résultat. La satisfaction que l’on retire par le fait de produire quelque chose, nous en avons conscience mais que l’on ne voit pas forcément en ces termes parce que nous avons une vision de la productivité qui est négative. Si vous êtes dans votre maison et que vous avez passé 2h d’affilé à faire le ménage et que votre maison est propre, c’est une satisfaction intense. Le fait d’avoir produit cela.

Il en va de même lorsque vous passez une week-end en famille et que vous jouez à des jeux de sociétés toute la journée et que vous êtes tellement pris dedans que vous n’avez pas vu la journée passer, vous êtes actif dans ce qu’il se passe vous n’êtes pas en posture de spectateur, vous êtes présent et impliqué dans ce que vous êtes. Il en va de même lorsque vous êtes impliqué dans un projet professionnel ou personnel. Lorsque l’on fait des réparations, de la déco ou quelque chose de créatif peu importe, il va y avoir des moments où nous allons enchainer les heures de travail s’en même s’en rendre compte, c’est d’ailleurs ce que l’on appelle un état de flow, c’est un état qui est connu et décrit comme tel. Nous sommes tellement pris dans une activité que l’on en oublie le temps.

Ce qui est à l’origine de l’estime que l’on a de nous-même va découler de ce que l’on va produire, ce que l’on crée pour nous-même. Ce n’est pas forcément créer un produit tangible mais cela peut aussi être le fait de compléter une tache, de s’y consacrer pleinement et d’être dans le moment présent.

Dans un cas de burn-out ou de bore-out, nous ne sommes pas productifs. Nous avons souvent l’impression que le burn-out est lié à une surcharge de travail, que c’est parce que l’on a trop de travail qui fait que l’on s’épuise. Nous pouvons avoir deux personnes face à la même quantité de travail à faire, une qui va se retrouver face à une situation de burn-out et une autre pour laquelle ce ne sera pas le cas. Autre exemple appliqué à nous-même : nous pouvons avoir été confronté à la même charge de travail à 6 mois d’intervalle, et la même chose peut nous mettre dans un état de fatigue mentale, physique et émotionnelle et 6 mois plus tard ne pas représenté un problème pour nous.

Je le vois très bien à l’échelle de mon activité ici, il y à 2 ou 3 ans l’idée de produire 2 ou 3 contenus par semaine était complètement impossible pour moi. Je vous aurais dit que je n’aurais jamais eu le temps de la faire, et l’idée même me mettais dans un état de stress constant, je pensais que j’allais constamment être en train de chercher à avoir de nouvelles idées, de me dépêcher pour faire mes montages, de filmer et d’enregistrer… Je vous aurais trouvé des excuses, et si je m’étais fixé cet objectif j’aurais été en permanence en stress. Là où je veux en venir c’est que mon état d’épuisement de va pas provenir de la demi-heure que je vais passer devant ma caméra, ce n’est pas l’heure et demi que que je vais passer à faire mon montage, c’est tout le brouhaha mental que je fais au tour de cela.

C’est toutes ces pensées autour de ces actions que j’ai à mener qui m’épuise mentalement et émotionnellement. Cela devient fatiguant d’un point de vue émotionnel et ça le devient aussi par extension d’un point de vue physique. C’est fatiguant pour le corps de produire autant d’émotions (nous l’avions d’ailleurs évoqué dans le podcast sur L’origine des émotions), les émotions génèrent aussi des sensations physiques, une réponse physiologique où vous allez avoir le coeur qui bat plus vite par exemple (tout dépend de l’émotion ressentie), cela va dépendre de la réponse auquel le corps se prépare pour faire face à la situation, il y a tout un tas de réponses physiologiques qui sont elles-mêmes épuisantes. Il peut arriver que l’on en perde le sommeil, il se peut que l’on passe plus de temps au travail pour compenser en rattrapant les choses que l’on a pas fait alors que nous n’étions pas productif. C’est tout cela qui rend la fatigue présente et pas réellement la quantité de tâches à effectuer.

La raison pour laquelle nous avons toutes ces pensées en tête qui nous causent du stress, c’est parce que nous avons une attente, lorsque l’on parle de travail et de burn-out on parle d’un employeur qui nous demande trop de choses à faire, en nous rajoutant des tâches ce qui mène à cette sensation d’être débordé et d’avoir beaucoup trop de choses à faire.

Pourquoi faisons-nous tout un brouhaha mental autour de cela ? Parce que nous avons l’habitude de chercher l’approbation de l’extérieur et de chercher l’estime de nous à l’extérieur, c’est quelque chose que nous avons déjà abordé lors du podcast sur l’estime de soi mais c’est quelque chose de récurrent. C’est quelque chose que j’observe en permanence chez les personnes que je coache, nous sommes tous confrontés à cela à un moment donné de notre vie, d’une façon plus ou moins intense. Ce besoin de reconnaissance extérieur est tout à fait humain, nous en avons déjà parlé. On se retrouve à être constamment dans l’attente, et c’est quelque chose qui est complètement appris socialement. Ça commence par l’approbation de nos parents puis de nos professeurs, puis c’est la même chose au travail. On a l’approbation de la hiérarchie, et parfois dans la vie réelle personne ne nous apporte cette approbation, personne n’est là pour nous dire : ” c’est bien tu as bien travaillé aujourd’hui “. En effet il y a des entreprises où il a des objectifs et où l’on distribue des bons points lorsque vous réussissez à atteindre vos objectifs. Ce qui fait que l’on en vient à attendre cette approbation qui ne viendra pas, on en vient à faire davantage, parce que l’on croit que l’approbation viendra si nous en faisons plus. Il y a effectivement des patrons tyranniques dans certains cas de figure, je ne suis pas du tout en train de vous dire que cela vient de vous si vous avez un burn-out, ce n’est pas du tout ce que je suis en train de vous dire.

Ce que je suis en train de vous dire c’est que l’on peut avoir l’impression d’en faire plus afin d’obtenir cette approbation et on interprète ou on sur-interprète la demande qui nous ait faite, ce qui fait que l’on n’est pas du tout à l’écoute des circonstances, nous ne savons pas du tout ce qui est réellement attendu de nous et quels sont les réels objectifs, on se rajoute des tâches dans la but d’avoir cette approbation extérieure.

Moi ce que je vous propose c’est de vous dire que vous n’êtes plus à l’école, vous n’êtes plus non plus dans l’attente de l’approbation de vos parents, là nous sommes des adultes dans la vie réelle tout à fait aptes émotionnellement de penser pour soi-même, et de se demander : ” qu’est-ce que je veux produire ? Qu’est-ce que je veux faire ? Suis-je productif dans la tâche que je suis en train d’effectuer ? Que se passe t-il dans ma tête ? Quelle quantité de brouhaha mental est présent dans ma tête ? Combien ai-je de pensées toxiques ? Pourquoi ai-je ces pensées ? D’où cela vient-il ? Pourquoi je pense que je dois produire plus ? Pourquoi je pense que je n’ai pas ma place ? Quelles sont les circonstances neutres auquel je suis confronté ? Suis-je en accord avec ces circonstances ? Suis-je d’accord d’un point de vue moral et d’après mes valeurs vis-à-vis de ce qui m’est demandé dans cette entreprise ? Si je ne suis pas d’accord avec cela, si je ne suis pas d’accord avec ce que je suis en train de faire par rapport à mes valeurs, ce n’est pas quelque chose que j’estime correct et ce n’est pas ce que je veux pour moi-même, soit parce que l’on m’en demande trop ou que l’on me demande quelque chose qui n’est pas assez intéressant ni satisfaisant à mes yeux d’un point de vue intellectuel, ou quel que soit la raison. Du point de vue des circonstances neutres, en dehors de tout le brouhaha mental que j’ai, suis-je d’accord avec cela ? “

Et si je ne suis pas d’accord avec, en effet je peux décider de changer mes circonstances, mais seulement pour ces raisons là et pas parce que je pense que cela va me faire me sentir mieux.

Ce qui va me faire me sentir mieux c’est de trouver quelles sont mes pensées et quel est mon brouhaha interne, ce n’est pas les circonstances. Alors en effet, parfois cela peut fonctionner, si l’on change les circonstances qui ne sont pas en accord avec nos valeurs intrinsèques et qu’on les change, par chance on peut trouver des circonstances qui sont plus en adéquation avec nos valeurs et ces débarrasser de la cause du problème. Mais c’est juste par chance, pas parce qu’on l’a fait volontairement, parce qu’on la fait de façon impliquée et consciente.

Le burn-out et le bore-out ne sont pas des questions de quantité de travail, de nature de travail ou de nombre d’heure, c’est une question de l’état d’esprit que l’on a à l’origine de ce travail, quelle est l’émotion qui nous ” drive “, qui nous fait aller de l’avant. Quelle est l’émotion qui est à l’origine de cette impulsion ? Quelle est mon étincelle en quelque sorte ? La nature de mon étincelle va déterminer le type de résultat que je vais avoir et qui va déterminer l’état d’esprit dans lequel je suis, mon état mental et émotionnel… Est-ce que j’ai un objectif, est-ce que j’ai une raison d’être là ? Est-ce que je suis fier de ce que je fais et de ce que je produis  ? Est-ce que j’ai un état d’esprit négatif qui ne me convient pas ?

Il va être important de basculer son état d’esprit, de se dire que la problématique ce n’est pas le nombre d’heures que je fait, ce n’est pas la quantité de travail que j’abats mais c’est la qualité du travail que je fais, la productivité que j’ai réellement et l’état d’esprit dans lequel je le fais et ce qui a derrière et la raison qui me pousse à faire cela, que ce soit parce que je suis passionnée parce que je fais ou parce que je suis passionnée par ce que cela m’apporte dans ma vie et la sérénité que cela m’apporte, la sécurité financière, le bonheur que cela peut apporter à ma famille, la possibilité que j’ai de pouvoir payer des vacances à ma famille… Toutes ces choses qui me font aller de l’avant d’un point de vue positif.

C’est ce qui va faire que je ne vais pas me retrouver dans une situation de burn-out ou de bore-out.

C’est là qu’il va falloir être honnête envers soi-même être se demander si l’on est productif à l’heure d’aujourd’hui ? Suis-je en train de créer quelque chose ? Suis-je en train de produire le maximum que je peux en tant qu’être humain ?

Très souvent, lorsque l’on dit cela, cela va donner l’impression a beaucoup de personnes qu’il y a cette nécessité de produire à tout prix, ce n’est pas le cas. C’est juste que c’est cela qui va faire que l’on va se sentir bien. Quel que soit la nature de la production, on parle de travail alors évidemment nous parlons de produits, de marchandises et de services. Cela peut être du temps de qualité avec les gens, sommes-nous présents avec les personnes qui comptent pour nous. Nous sommes dans une société où il est plus important de paraitre que d’être (je pense que je ne vous apprends rien en vous disant cela), bien souvent nous allons nous arrêter face à ce que les autres en pensent :

Parce que nous avons l’habitude de calibrer l’estime de nous-même par rapport à ce que les autres pensent de nous et sur la validation extérieure.

Typiquement dans des cas de bore-out (je parle en connaissance de cause, ceux qui me suivent sur la chaine YouTube savent de quoi je parle, vous pouvez la retrouver en cliquant ici). On se dit qu’on fait peut-être un travail de cadre, qui est bien sur le papier, au travail on est content de moi, mais moi toute la journée je sais que je n’en fais pas assez, que je pourrais en faire bien plus et cela me frustre. Je sais que je pourrais en faire davantage mais comme on me valide en ne produisant que cela, je ne sais pas quoi faire et je me retrouve dans cette situation où je sais que je pourrais faire plus mais que ma hiérarchie est satisfaite de mon travail tel qu’il est actuellement.

Nous n’avons pas conscience que ce n’est pas la surcharge de travail qui crée le burn-out. Nous ne sommes pas au maximum de nos capacités, qu’avez-vous envie d’accomplir pour être comblé vis à vis de l’estime que vous avez de vous-même ? Avez-vous de faire plus, de faire mieux ? Qu’est-ce que vous vous souhaitez pour vous même ? Qu’est-ce qui est en accord avec vos valeurs et avec ce que vous voulez créer dans ce monde  et avec ce que vous voulez faire dans votre vie ? La façon dont vous voulez être présent dans votre vie professionnelle et dans votre vie personnelle ? Est-ce que vous êtes au maximum de ce que vous voulez être et l’espace que vous voulez prendre ? C’est ça les questions cruciales derrière les problématiques de burn-out et de bore-out : quel est notre rapport à la productivité et à notre brouhaha mental ? Où en sommes-nous émotionnellement et mentalement ?

Evidemment ce n’est pas quelque chose qui se fait en un claquement de doigts, c’est d’être à l’écoute de son mental et de ses émotions pour comprendre ce qu’il se passe. Les émotions sont notre thermomètre interne, elles sont là pour nous dire qu’il y a quelque chose qu’il se passe, il y a quelque chose qui ne va pas, il y a quelque chose à comprendre. C’est comme pour la douleur physique, qui est légitime et on la laisse passer, typiquement comme quand on est en train de faire du sport et que nos muscles subissent de micro-déchirures, ça fait mal mais on le sait et on attend que cela passe. Notre corps nous parle, il en va de même pour la douleur émotionnelle, nous sommes en train de sortir de notre zone de confort, on sait que c’est normal et que cela fait parti du processus, être à l’écoute de soi est crucial, de ce qu’il se passe dans notre tête. Sommes-nous d’accord avec le brouhaha et avec les circonstances ? Sommes-nous d’accord avec les pensées que l’on a ? Progressivement nous allons pouvoir changer notre système de pensées, notre état d’esprit face au travail que l’on est en train de produire et aller dans la direction qui fera que l’on sera davantage nous-même.

Je vais m’arrêter pour ce podcast, je vous embrasse, je vous souhaite un excellent week-end et je vous dis à vendredi prochain !

 

Episodes reférencés / Ressources


Le programme tel qu’il était proposé lors de la sortie de cet épisode, n’est plus disponible. Il a été remplacé par un programme de coaching en ligne de groupe: Cliquez ici pour plus de détails.


Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)

10 commentaires

  1. Leïla

    Bonjour Esther,
    Une autre suggestion pour le verbe “drive”: stimuler, pousser, actionner, conduire, définir. Ces équivalents à « drive » me semble plus proches du sens que vous cherchez, adéquats avec l’idee de votre phrase.

      1. Naïma

        Non ce n’est pas Esther. Je te proposais le verbe guider pour traduire la notion de “drive”, je pensais aussi au verbe porter. En ce moment je t’écoute un peu tous les jours donc Merci pour ton travail et tes anglicismes 😉

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