#41 – Accepter = abandonner ?

 

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est la pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 41ème épisode nous allons parler d’acceptation et d’abandon.

Très souvent lorsque je vous propose d’accepter les circonstances comme étant quelque chose de neutre, nous allons dans la plupart des cas avoir une certaine résistance, c’est à dire que nous avons tous un système de valeurs et de pensées, très souvent je vais entendre que ce n’est pas neutre du tout, que ce n’est pas normal, que c’est injuste, que c’est génial, peu importe l’appréciation positive ou négative qu’on lui attribue. Et lorsqu’il s’agit de choses que l’on juge anormales, injustes selon notre système de croyances qui nous est propre et qui n’est pas de l’ordre de la circonstance, si nous acceptons la circonstance neutre telle qu’elle est, eh bien ce serait l’équivalent de l’accepter, comme si moralement nous validions la légitimité de la circonstance actuelle et comme si nous renoncions à l’idée de changer les choses.

Ce n’est pas du tout le cas, lorsque je vous invite à accepter les circonstances neutres, je vous invite à accepter la réalité telle qu’elle est, parce que cela ne nous aide pas de ne pas le faire et cela va juste nous induire en erreur et nous empêcher d’avoir toutes les cartes en main pour justement changer les choses si c’est ce que l’on souhaite. Je vais vous donner deux exemples très différents afin d’illustrer mon propos.

Savoir distinguer acceptation et abandon à travers deux exemples : le surpoids et le militantisme

Le premier exemple concerne le surpoids que vous allez pouvoir transposer à n’importe quelle autre situation. Le fait de ne pas accepter le corps que l’on a actuellement parce que si nous optons pour ce choix, nous allons nous complaire dans ce corps là et que l’on ne voudra plus jamais le changer, comme si nous abandonnions l’idée de maigrir un jour. Ne pas accepter son corps tel qu’il est va se manifester par le fait de ne pas vouloir monter sur une balance pour voir le chiffre qui s’affiche, ne plus vouloir acheter de vêtements à sa taille et s’entêter à porter des vêtements trop petits, refuser d’être pris en photo ou de se voir en photo et donc de se mettre face à cette réalité qui est que nous avons le corps que nous avons actuellement et qu’on le veuille ou non, cela est indépendant de tout jugements, c’est juste un fait, le poids que l’on fait actuellement, il n’y a pas de contrôle que l’on puisse avoir la dessus.

Nous avons effectivement une part de responsabilité dans tout ce que l’on crée dans notre réalité avec nos pensées actuelles, qui vont générées les émotions qui vont nous faire agir d’une certaine manière et que ce sont ces actions qui vont créer les résultats que l’on va avoir dans notre vie. Les résultats que l’on a aujourd’hui et qui est notre circonstance actuelle est le fruit de notre passé, c’est quelque chose sur lequel nous n’avons plus le contrôle (quand bien même nous ayons eu un jour le contrôle dessus). Il y a beaucoup de choses dans notre environnement sur lequel nous n’avons pas le contrôle à commencer par le comportement des autres. Pour en revenir à l’exemple sur le surpoids, nous n’avons pas le contrôle sur le poids que nous avons actuellement, c’est notre circonstance, tout ce que l’on peut faire et tout ce qui peut nous servir pour nous faire avancer c’est de l’accepter, d’accepter notre corps pour pouvoir avoir un point de départ pour notre futur. Ce n’est pas parce que l’on accepte notre corps actuellement, qu’on l’aime et qu’on l’apprécie tel qu’il est, qu’on le regarde, que l’on en prend soin, que l’on porte des vêtements qui nous rendent beaux, qui nous font nous sentir bien, que l’on abandonne l’idée de changer notre corps pour en avoir un qui nous corresponde davantage, dans lequel on se sentira mieux, dans lequel on sera en meilleure santé et dans lequel on se reconnaîtra davantage.

Le deuxième exemple que je vais vous donner ça se retrouver typiquement dans le milieu militant, c’est à dire dans des domaines ou nous allons toucher à nos valeurs fortes et très ancrées, ce qui va susciter chez nous de fortes émotions telles que : la colère, l’indignation, la frustration…. Lorsque l’on va constater quelque chose qui est à nos yeux, injuste, anormal, inacceptable. Si l’on constate des guerres, des viols, des catastrophes naturelles, des inégalités de genre, raciales, spécisme, de l’homophobie, du sexisme, de la discrimination vis-à-vis du handicap… des discriminations en tout genres qui vont nous sembler injustes parce que dans notre système valeurs il va avoir le fait d’être égaux en droits, c’est quelque chose que nous sommes beaucoup à partager parce que l’on vit dans une société qui véhicule ces valeurs là : liberté, égalité, fraternité. Ce sont des valeurs ancrées dans notre subconscient depuis petit ce qui fait que l’on se reconnait dans ses valeurs. Nous allons avoir beaucoup de mal à dissocier nos pensées de la réalité, c’est à dire : ” cette personne s’est vue refusée telle chose “ de ” c’est injuste, ce n’est pas normal, ça ne devrait pas être comme ça “. Nous avons du mal à faire cette distinction, d’une situation neutre à une pensée qui nous dit que ce n’est pas du tout neutre et que c’est injuste.

Cela va nous desservir de ne pas faire cette distinction, car comme dans le cas sur le surpoids, si nous n’acceptons pas la situation, nous allons juste ” faire l’autruche “. Nous n’allons pas avoir toutes les clés en mains. Par exemple si on ne se pèse pas, nous n’allons pas savoir de quel point de départ on part et d’évaluer la situation et de savoir comment faire changer les choses dans notre futur. Si nous restons bloqués sur notre vision des choses que : ” c’est injuste, cela ne devrait pas être ainsi, refuser tout injustice “, nous n’allons pas pouvoir accéder à la situation telle qu’elle est, regarder les choses telle qu’elles sont et se proposer des solutions pour évoluer dans une direction différente.

Ce qu’il risque de se passer c’est que l’on risque d’agir sur une émotion sur laquelle nous n’avons pas envie d’agir, cela peut être l’émotion sur laquelle nous avons envie d’agir mais quoi qu’il en soit nous allons préférer agir que réagir. Si on se laisse emporter par des émotions telle que la colère, d’indignation ou de frustration, même si ce sont des émotions qui sont à l’origine de tout changement dans une société pour reprendre l’exemple d’injustice sociales, c’est le genre d’émotions qui va nous permettre de mettre en place des solutions et de vraiment chercher des solutions. Si nous sommes dans la réaction à ces émotions, ce que l’on risque de faire c’est de ne pas agir de la manière la plus entière qui soit et davantage de faire parler notre ego, de faire en sorte que les choses changent vite pour que l’on se sentent mieux émotionnellement. Plutôt que de se demander pourquoi j’ai envie de changer les choses, qu’est-ce qui me semble anormal dans cette situation selon mes valeurs et de mettre en place une stratégie pour faire évoluer les choses et de faire un choix collectif et motivés par nos valeurs propres, notre petite voix, notre intuition profonde et pas par notre ego parce qu’il y a une urgence émotionnelle à combler.

Cela va être intéresser d’accéder à cette acceptation et de faire un état des lieux sans y associer d’émotions, de juste comprendre qu’il s’agisse de circonstances neutres sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle.

Cela va nous permettre d’accéder à une certaine humilité de se rendre compte que nous n’avons pas le contrôle sur tout.

Cela ne sert à rien de passer son temps à culpabiliser, à se demander si les choses auraient pu être différentes, comment nous/les autres auraient pu faire les choses différemment vis-à-vis des circonstances actuelles. Tout cela ne sert à rien est n’est pas constructif, à contrario ce qui va être utile c’est de faire l’état des lieux et de distinguer ce qui de l’ordre de la pensée et ce qui est de l’ordre de la circonstance. Il n’est pas question de changer ses pensées dans ce cas de figure parce que nous sommes d’accord avec elles, lorsque nous évitons de monter sur la balance parce que l’on sait que l’on va voir que l’on fait 30 kilos de plus, nous allons nous dire : ” je ne peux pas rester comme cela, c’est trop dur j’ai envie d’être plus mince “, parce que nous sommes d’accord avec cette pensée, même si nous l’avons accepter notre poids, nous sommes d’accord avec cette pensée qui est que j’ai envie d’être plus mince. Il en va de même dans le cas de figure des injustices : ” je vis dans une société qui fait des discriminations de genre “, ce n’est pas parce que je l’ai accepté que je le cautionne et que je ne suis plus d’accord avec le fait que cela devrait changer.

En l’ayant accepté je vais pouvoir faire la distinction entre les deux et me responsabiliser, je vais pouvoir me dire : ” qu’est-ce qui m’a amené dans la situation actuelle ? Qu’est-ce qui fait que la réalité que j’ai aujourd’hui je l’ai créé en partie ? “, parce que l’on crée une partie de notre réalité et une autre partie dépend des circonstances qui sont notre bagage sur lequel nous n’avons pas le contrôle. Comment expliquer que je vis actuellement dans une société qui a des discriminations de genre ? Quelle est ma part de responsabilité là-dedans et comment je peux agir là dessus ? Par exemple si je me pose ces questions et que j’applique les conseils du podcast de la semaine dernière, si je me pose ces questions et que je me demande comment j’ai crée en partie cette réalité pour moi-même, quelles sont les actions que j’ai mises en place qui ont crée la réalité telle qu’elle est aujourd’hui ? Je vais pouvoir avoir des réponses et me dire que peut-être qu’en tant que femme, je n’ai pas pris la parole parce que j’avais peur du jugement des autres et parce que j’ai décidé que je n’étais pas à ma place.

Je peux me responsabiliser face à cela et me demander pourquoi j’ai agis de la sorte, et me rendre compte qu’il y a une part de la situation qui est hors de mon contrôle, par contre le fait d’agir sur mes actions futures et de me dire que la prochaine fois je veux prendre la parole parce que je me responsabilise face à ce problème et c’est de cette manière que je vais pouvoir agir pour faire changer les choses, je vais vraiment venir avec une solution. Mon autre part de responsabilité peut se traduire par : ” oui mais je n’ai jamais milité pour que les choses changent “, ou ” je n’ai jamais pris conscience de tout cela ” ou ” j’ai agis en renforçant les stéréotypes de genre “.

L’objectif n’est bien évidemment pas de se culpabiliser, l’idée est plutôt de faire un état des lieux avec curiosité, dans l’énergie qu’il y a dans ce podcast c’est de tenter d’accéder à ses pensées sans jugement et de se poser les questions avec curiosité. En agissant ainsi on va pouvoir comprendre notre part de responsabilité, il en va de même pour l’exemple du surpoids, nous allons pouvoir nous demander : ” pourquoi je suis dans cet état de surpoids actuellement ? “ et la réponse à cette question va être : ” j’ai mangé lorsque je n’avais pas faim / lorsque j’avais besoin d’un tampon émotionnel “, avoir ce genre de réponse va m’indiquer sur quoi je dois travailler dans le futur si je veux que les choses changent, cela ne veut pas dire que je dois me culpabiliser pour cela, il s’agit de se dire : ” c’est tout ce que je connais pour le moment pour gérer mes émotions “, et désormais je vais pouvoir trouver d’autres solutions et d’autres façons de faire. Il en va de même pour l’exemple sur les inégalités, on peut se dire : ” qu’en tant que femme je ne me sente pas légitime pour prendre la parole en réunion alors que j’avais des choses pertinentes à dire parce que j’ai appris socialement à me comporter ainsi “ il en va désormais de ma responsabilité de désapprendre ce comportement inculqué et transmis par la société, de trouver des solutions sur comment je peux faire pour agir dans le futur.

Vous voyez que le fait d’accepter les circonstances nous donne beaucoup plus de pouvoir que d’y résister.

Les refuser parce qu’elles nous paraissent injustes et qu’elles ne correspondent pas à nos valeurs amoindri notre pouvoir alors que les accepter est une preuve de maturité émotionnelle : j’accepte les choses telles quelles sont, j’accepte que je ne peux pas contrôler les circonstances telles quelles sont aujourd’hui, j’accepte que je ne peux pas contrôler une part de ce qui a crée ces circonstances, et j’accepte que j’ai crée un part des circonstances telles quelles sont aujourd’hui, je me responsabilise. Ce n’est pas parce que je suis responsable des choses que je suis coupable, souvent on confond les deux mais ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas parce que j’ai une part de responsabilité face à certaines choses que cela me rend coupable, ce n’est pas parce que je fais partie des personnes qui sont en mesure de faire changer les choses que je suis coupable. Comprendre que l’on a cette responsabilité va être davantage constructif.

Accepter les circonstances ne veut pas dire abandonner l’idée de les modifier, de changer les choses pour le futur, c’est tout simplement faire face aux situations telles qu’elles sont actuellement et prendre ses responsabilités et accepter avec humilité qu’il y a certaines choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle notamment les actions des autres. Dans le milieu militant on va parfois être amené à être en colère contre tout le monde parce qu’on ne réalise pas que l’on n’a pas le contrôle sur ce que font les autres et que l’on ne peut avoir le contrôle que sur ce que l’on fait nous-même et on peut se demander alors : ” comment je peux faire changer les choses ? “. Cela peut se faire en influençant les autres de façon positive, en inspirant les autres, en les informant c’est d’ailleurs la manière que j’ai choisi pour faire changer les choses et en véhiculant les idées et les valeurs que je trouve juste. En aucun cas il va être question de vouloir manipuler et faire changer les autres tout simplement parce que ce type de comportement est voué à l’échec et fait que l’on se voile la face, nous n’avons pas le contrôle sur les circonstances ni sur les autres mais uniquement sur nos pensées et nos actions.

Retrouvez l’ensemble des ateliers concernant le surpoids en cliquant ici.

Je vais m’arrêter là pour le podcast du jour, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à vendredi prochain !

 

Prochain atelier les 23 et 24 juin 2018 à Paris (15 places). “Manger pour se nourrir et non pas pour se fuir” (COMPLET)

Nouvelles dates

Le programme tel qu’il était proposé lors de la sortie de cet épisode, n’est plus disponible. Il a été remplacé par un programme de coaching en ligne de groupe: Cliquez ici pour plus de détails.

Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)

Un commentaire

  1. Rhia

    Ça aide beaucoup merci
    C’est bête mais on reste sur le fait que c’est injuste qu’on mange sainement on fait du sport. Mais on est des femmes on est biologiquement fait pour faire du gras et pour le préserver. Pour fait peu de muscle même quand on fait du sport (rien à voir).
    Au final sans se gaver, les docteurs, nutritionnistes et autres nous envoient bouler, car c’est normal au final la moitié de la population et en sur poids ou obèse. Ce n’est pas normal mais on nous d’accepter cette injustice en prenant sur Nous on a pas fait 100% une vie saine toute notre vie donc on est responsable. On reste bloquer

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