Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 37ème épisode nous allons parler d’ego. L’égo est un gros sujet, mon objectif dans cet épisode va être de définir ce qu’est l’ego et de donner une idée de l’implication qu’il peut avoir dans nos vies, et pourquoi c’est intéressant de se pencher sur l’ego lorsque l’on est dans une démarche de développement personnel.
Si vous vous êtes déjà intéressés au développement personnel par ailleurs, vous savez que l’ego est souvent accusé d’être la raison qui nous empêche de s’exprimer en tant que soi-même, celle qui nous empêche d’être nous-même et que c’est important de se détacher de son ego. L’ego est diabolisé et négatif, quelque chose dont il faut se défaire à tout prix.
En revanche, si vous ne vous êtes jamais intéressé à l’ego et que cela évoque juste le fait d’avoir un excès de confiance en soi, d’être arrogant, et de se sentir supérieur.

En réalité, l’ego est ce que l’on pense être, c’est la conscience et/ou l’image que l’on a de soi-même. C’est ce que l’on pense être et ce à quoi on s’identifie en tant qu’individu.

Cela va s’apparenter à nos titres : notre profession, les possessions que l’on a, notre statut social, des traits de caractères… Toutes ces choses auxquels on s’identifie en tant qu’individu et qui définissent à nos yeux qui l’on est, tout cela va faire partie de notre ego.

L’exemple de Star Wars appliqué à l’ego

La façon dont l’ego va se manifester, pour vous donner un exemple simple : si votre ego s’identifie en tant que fan de Star Wars (c’est un exemple que je donne très souvent parce que je pense qu’il n’y a personne d’attaché émotionnellement au fait d’être fan de Star Wars, bien que je puisse me tromper), cela fait partie de votre identité, la manière dont cela va se manifester dans votre vie par le fait que vous aurez la collection intégrale des DVD chez vous, bien rangée et mise en évidence dans votre appartement. Vous allez peut-être avoir des affiches du film sur vos murs, vous allez porter un tee-shirt du film, vos amis savent que vous êtes fan… Tout cela va nourrir votre ego et le fait que pour vous, être fan de Star Wars fait partie de votre identité, c’est quelque chose auquel vous êtes attaché, et cela fait partie de vous.

L’égo qui se manifeste lors d’un débat d’idées

Une autre façon dont pourrait se manifester l’ego qui est plus commune à nous tous, c’est typiquement dans un débat d’idées ou des idées différentes sont exprimées, nous allons commencer à nous énerver et à dire à l’autre que ce n’est pas possible, cette personne ne peut pas soutenir cette idée, il ne peut pas dire cela de cette manière. Au moment où cette situation va se présenter, il n’est même plus question de défendre l’idée elle-même, c’est juste que nous nous sommes tellement identifiés à cette idée que c’est l’image de nous-même, notre identité qui est remise en question. C’est un peu nous que nous sommes en train de défendre corps et âme, comme un être humain qui serait sur le point de mourir, nous sommes en train de défendre ce qui fait que l’on existe et en train de se battre pour une idée qui est bien plus qu’une idée, qui est une partie de ce que l’on a construit et qui fait partie de nous. C’est là que cela peut être problématique parce qu’à ce moment là nous ne saurons pas forcément à l’écoute de ce que dit la personne en face parce que nous sommes trop occupés à défendre notre idée et à prouver que l’on a raison plutôt que d’être dans l’écoute, parce que c’est presque une question de vie ou de mort parce que l’idée que l’on défend représente l’image que l’on a de nous-même.
L’ego est la raison pour laquelle (même si vous avez écouté l’ensemble des épisodes de ce podcast depuis le début), vous savez qu’il y a une différence entre les circonstances et les pensées, et votre ego vous dit :  » oui mais dans mon cas, mon patron est vraiment quelqu’un de pourri / c’est bien ce que tu dis, mais ma mère est vraiment égoïste et il n’y a rien que je puisse faire, elle est comme ça / oui mais moi tu ne te rends pas compte, je n’ai vraiment pas eu de chance dans la vie, il y a rien qui m’a réussi, on a profité de moi et je n’ai vraiment pas eu de chances « . Tout ces exemples que je vous donne ici représente votre ego, bien que vous ayez bien compris la distinction entre les circonstances et les pensées, vous n’allez pas forcément le voir lorsque c’est appliqué à nous-même parce que l‘on s’identifie énormément à nos pensées, on s’identifie à une histoire que l’on se raconte :  » non mais tu ne te rends pas compte, je n’ai pas eu de chance dans la vie « , on s’identifie à un tel point qu’on ne voit pas que ce n’est pas la réalité, que ce n’est pas nous, que ce ne sont pas les circonstances, mais que ce sont les pensées que l’on a à propos de ces mêmes circonstances.

L’ego et l’analogie de l’ombre de soi-même

Il est parfois difficile de mettre le doigt sur cette notion d’ego, mais une image qui m’a aidé que d‘imaginer que c’est comme l’ombre de soi-même. J’aime bien dire que c’est comme si j’avais le soleil dans le dos et que je vois devant moi l’ombre projetée devant moi, je vois cette forme, cela me donne en effet une idée de qui je suis, pour reprendre l’exemple de tout à l’heure par rapport à Star Wars, en effet on peut s’identifier en tant que fan et cela me caractérise, cette forme globale me donne une idée de qui je suis mais je ne suis pas mon ombre, je pense que je suis mon ombre alors que ce n’est pas le cas. L’ombre est une forme vague qui définit qui tu es, tu peux même la modifier artificiellement, il est possible de mettre des bras de tel sorte que cela modifie l’ombre telle qu’elle devrait être initialement, à la manière des ombres chinoises. Je peux donner l’impression que je suis quelque chose que je ne suis pas avec mon ego, mon ombre n’est pas moi-même.
Ce que l’on propose de faire avec le développement personnel, ce n’est pas ce l’on propose et je pense personnellement que c’est très difficile à faire (à moins de se détacher complètement de son identité et d’être dans une sorte d’état méditatif constant). Là ce que je vous propose de faire, c’est au lieu de s’identifier uniquement à son ombre et de n’avoir que cette information à propos de nous-même, c’est de se regarder à l’aide d’un miroir, se regarder et ne s’identifier qu’à son ombre qui peut varier en fonction du soleil, ce qui fait que j’en viens à me perdre face à qui je suis vraiment parce que j’ai un peu de mal à avoir une idée précise, ce qui fait que je me défends corps et âme pour dire que c’est bien à cette ombre que je corresponds. Je vous propose de prendre un miroir pour creuser un petit peu plus et d’essayer de se poser la question de qui je suis vraiment, tout en ayant à l’esprit que même en faisant ce travail, en essayant d’aller plus loin que son ego, on ne va pas parvenir à atteindre notre  » soi «  véritable en un claquement de doigt.
Nous allons constamment être biaisé par notre cerveau, par le fait d’être un être humain, par le fait d’avoir une conscience de nous-même et d’avoir une identité, sauf si l’on parvient à être dans un état méditatif constant, qui est la quête de beaucoup de personnes et qui ne s’apparente même plus à du développement personnel mais qui est davantage une quête spirituelle à mon sens, une quête de l’éveil spirituel plus qu’une poursuite du bien-être, une volonté de créer intentionnellement la vie qui nous ressemble.
Je suis davantage dans cette démarche d’intention, tout en ayant conscience que ce que je vais créer comme image de moi comportera toujours un biais. L’idée ne va pas être de dire :  » je n’ai pas d’opinion «  mais plutôt de dire : «  j’ai une opinion mais j’ai conscience que ce n’est qu’une opinion « .
Dans l’exemple que je vous donner tout à l’heure : il y a les circonstances, il y a la réalité et il y a ce que je décide d’en penser et je décide de croire en cette pensée là et je décide d’y croire volontairement tout en ayant conscience que c’est une pensée possible et que ce n’est pas la réalité. Ma vision qui est que, par exemple :   » molester les enfants n’est pas bien « , cela est quelque chose que je crois moi, qui a une dimension morale, ce n’est pas la réalité. Lorsque je prends cet exemple il y a peut-être votre ego qui s’oppose à ce que je viens d’énoncer, parce que votre ego est là pour vous faire confondre la réalité et vos pensées, c’est un choix moral que vous faites et de choisir une façon de pensée, vous décidez de la personne que vous avez envie d’être à travers cela, en ayant conscience que vous n’êtes pas cette personne là.

D’ailleurs vous n’êtes pas ce que vous pensez, vous n’êtes pas votre cerveau, vous êtes un être humain.

Si vous avez suivi ce dont je parle depuis le début et les enseignements du podcast, on peut par exemple prendre le modèle de Brooke Castillo, la circonstance qu’est-ce que c’est ? Cela va être :  » je suis un être humain «  et la pensée que j’en ai, cela peut être une multitude de chose comme par exemple :  » je suis professeur/ je suis fan de Star Wars / je pense que molester les enfants n’est pas bien… », tout ce que j’identifie comme étant un être humain, ce n’est pas le fait que je suis un être humain, c’est juste une pensée que j’en ai. J’espère que vous voyez bien la distinction.
L’objectif ici dans le cadre de notre développement personnel va être de se détacher de son ego, ce n’est pas de ne plus en avoir du tout mais de ne plus s’identifier exclusivement à nos pensées et de comprendre qu‘il y a une différence entre la réalité et nos pensées à propos de cette même réalité.
Faire cette distinction est crucial.
S’identifier à son ego pour être un frein parce que si on ne fait pas la distinction entre les circonstances et ce qui est notre réalité, eh bien nous allons être permanence en conflit et pas forcément dans l’écoute de l’autre. On ne comprendra pas forcément que l’autre peut penser différemment puisque pour nous il n’y a qu’une seule réalité, et nous n’allons pas toujours comprendre que ce n’est pas à propos de nous, parce qu’il n’est pas question de remettre en cause notre identité lorsque que quelqu’un d’autre nous parle de son opinion sur quelque chose. Ce qui est par essence complètement détaché de qui nous sommes, ce que nous sommes est complètement détaché de ce que l’on en pense, notre valeur intrinsèque en tant quête humain est une circonstance, notre valeur est là quoi qu’il arrive, l’identification que l’on en fait c’est cela notre ego et ça c’est subjectif. Lorsque que quelqu’un dit quelque chose à propos de nous, cela ne remet en aucun cas en question qui l’on est, c’est juste un débat d’idées en quelques sortes. Et lorsque l’on a compris cela, cela va nous permettre de grandir, d’écouter et aussi de ne pas se laisser envahir par l’image que l’on a de nous-même, dans le cadre de l’exemple de  » je suis fan de Star Wars « , si l’on ne s’identifie plus qu’à ça, qu’on laisse notre ego prendre trop de place, si nous ne sommes plus qu’un fan de Star Wars, et que tout tourne autour de cela, cela risque de limiter nos possibilités dans le monde, si tout est en lien avec Star Wars, cela va être compliqué de s’intéresser ou encore de parler d’autre chose, que de porter autre chose que des vêtements Star Wars.
L’idée va être de se dire :  » je pense que molester les enfants est mal « , reste une pensée liée à une valeur moral partagée malgré tout par le plus grand nombre et que cela ne définit pas qui je suis, et ce que je suis ne dépend pas de cette pensée là et que j’existe quoi qu’il arrive, ma valeur existe quoi qu’il arrive, mon existence ne dépend pas de cette pensée là. Une fois que l’on a compris cela, nous allons pouvoir écouter les pensées des autres sans en faire de quelque chose qui nous définit, s’ouvrir l’esprit et s’ouvrir aux possibilités. Nous allons pouvoir se dire autre chose que :  » mon patron est pourri « , nous allons pouvoir se dire  » de ma perspective, mon patron est pourri, qu’as-il fait en pratique ? Quelles sont les circonstances neutres et les autres pensées que l’on pourrait avoir à propos de celles-ci ?  » Probablement que son avis est différent et qu’il pense faire de son mieux, il pense peut-être que ses employés sont pénibles/feignants. Lorsque vous allez comprendre que ce que vous pensez n’est qu’une version des faits, vous n’allez plus être en conflit, vous n’allez plus avoir ce débat, parce que vous ne serez plus en train de vous poser la question de :  » qui êtes-vous vraiment ? « . Nous sommes vraiment en train de se détacher de l’idée que l’on a à propos de la situation, le fait de comprendre que nous ne sommes ni notre cerveau ni nos pensées, et que notre identité est intacte quoi qu’il arrive. Tout cela ce sont des choix que l’on fait pour nous-mêmes.
Très souvent, lorsque je parle de l’ego et du fait de s’en détacher, on va souvent me dire que si les idées n’ont pas d’importance et que si l’on se détache de cela et que c’est juste une idée parmi tant d’autre, nous n’auront plus envie de nous battre pour nos idées.
Si on reprend l’exemple de la pensée qui est :  » molester des enfants est mal « , vous allez me dire que ce n’est pas possible que ce soit une façon de penser parmi tant d’autres, parce que sinon nous n’allons plus avoir envie de nous battre en direction de choses qui sont importantes et qui permettent de protéger l’humain, d’avoir des valeurs morales. Eh bien c’est faux, ce n’est pas parce que j’ai conscience que ce n’est qu’une façon de pensée dont je peux me détacher (dans le sens où je ne m’identifie pas à cette pensée) que je n’ai plus envie de me battre pour cette idée là, c’est une idée auquel je crois, mais c’est juste que je suis capable d’écouter et de prendre une décision de manière consciente :  » je choisis de croire cela, c’est quelque chose qui me parle « , c’est un choix que je fait de façon sereine, je vais pouvoir prendre de la distance, je vais pouvoir continuer à faire des choses dans le but de suivre des valeurs morales, mais je vais le faire sans que ma vie en dépende, sans que je me sente menacé en tant qu’individu. Ce qui fait que je vais pouvoir le faire avec presque plus de passion, parce que toute mon énergie est tournée vers l’idée que je veux défendre plutôt que vers l’idée que mon identité en dépend. Alors que cela ne change rien à propos de moi, j’ai toujours de la valeur, cela va être porté sur ce que je veux faire avec cette idée et ce que je veux réaliser dans le monde à travers cette idée. Pour moi c’est important de faire cette distinction.
Pour moi, l’idée que l’on a ensemble est de prendre un miroir et de comprendre qui l’on est de façon détachées de nos idées, de se demander qui l’on est vraiment, tout en ayant conscience que l’on n’aura jamais vraiment accès à qui l’on est vraiment puisque cela passera toujours par le biais de nos pensées, mais essayer de se poser cette question là à un niveau plus grand que juste s’attarder sur  » l’ombre de nous-même «  (en espérant que cette analogie de l’ombre ait pu vous aider). J’ai conscience que c’est un podcast qui aborde des notions un peu plus profondes que les autres, cette notion d’ego est là depuis le début en réalité, elle se cache derrière la distinction entre les circonstances et les pensées et nous l’avons mentionné à travers d’autres exemples cités dans différents épisodes.
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui avec la notion d’ego, si vous avez envie de le réécouter vous pouvez le faire, si vous avez des questions vous pouvez me les poser. C’est en effet une notion que l’on ne comprend pas forcément du premier coup, là je le présente comme si c’était quelque chose de très compliqué, c’est juste que nous avons un attachement émotionnel à notre ego, c’est quelque chose qui nous a permis de rester en vie, parce que l’on se bat pour son identité, pour qui l’on est, c’est normal. C’est important de comprendre l’implication que cela peut avoir dans nos vies et en quoi cela nous freine, en quoi cela nous empêche d’aller de l’avant, de s’ouvrir au monde et aux autres et de se remettre en question. Ce qui nous empêche finalement d’accéder à notre  » vrai nous « , parce que tant que l’on est sûr que nous c’est notre ombre, eh bien nous ne voudrons pas nous voir dans le miroir, nous n’en verrons même pas l’intérêt et nous allons passer à côté d’une grande part de ce que l’on est réellement parce que nous sommes bien plus que notre ombre, et ce travail nous sommes là pour le mener ensemble et c’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui.
J’ai mis un peu de temps à vous parler de ce sujet là, je voulais que l’on est passé suffisamment passé de temps ensemble pour que cette idée ne vous paraisse pas trop farfelue au premier abord, je me souviens que la première fois que j’en avais entendue parlé c’était part le biais de quelqu’un que je connaissais peu par ses contenus et je trouvais l’idée très philosophique, c’est le cas mais c’est aussi très proche de la façon dont on perçoit le monde tous les jours, parce que nous sommes constamment dans des combats d’ego, nous allons alors nous rendre compte que les conflits et les disputes que l’on peut avoir avec les gens qui nous entourent, cela peut être lié à notre ego et cela peut être enrayé juste par le fait de comprendre que les circonstances sont à distinguer de nos pensées et que l’on peut se détacher de son ego et qu’il existe pleins de façons de voir les choses et que l’on peut penser autrement.
Cela va nous permettre d‘être plus empathique et d’être davantage connectés aux autres personnes. Pour reprendre l’exemple du patron, lorsque j’ai compris que ce que je pense de lui n’est qu’une pensée et non la réalité, je peux l’écouter, être plus emphatique et me nourrir de ce que j’ai comme expérience autour de moi.
Je m’arrête là pour cet épisode, je vous embrasse et je vous dis très bon week-end et rendez-vous dans l’épisode 38 !

Ressources / Aller plus loin

Le programme tel qu’il était proposé lors de la sortie de cet épisode, n’est plus disponible. Il a été remplacé par un programme de coaching en ligne de groupe: Cliquez ici pour plus de détails.


Photographie: B.Rep photography (Barbara Repnine)