#105 – Confort et inconfort

Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 105ème épisode nous allons parler de confort et d’inconfort.

Ce ne va pas forcément être confortable parce que j’entame ce podcast avec une intention aujourd’hui qui est de secouer les personnes qui écoutent ce podcast et qui ont des projets, des ambitions, des désirs, que ce soit la création d’une entreprise, le fait de changer de travail, de perdre du poids, de prendre soin de sa santé, de partir en voyage, de se lancer dans le projet pour lequel on a toujours eu une aspiration…. Se lancer dans l’art, écrire un livre, faire de la photo… Des choses que beaucoup de personnes ont au fond d’elles et qui écoutent ce podcast et qui restent dans le confort, c’est sur qu’écouter le podcast tranquillement dans sa voiture, ou en marchant sans jamais rien n’appliquer, c’est confortable. Je suis désolée, je vais vous secouer un peu dans ce podcast aujourd’hui, parce que j’ai très envie de le faire, je pense que je manque à ma mission ici lorsque je ne vous dis pas la réalité des choses. La réalité des choses, quoi que vous vouliez dans votre vie, que ce soit des relations proches avec votre compagnon, avec votre frère, votre mère, vos amis, que ce soit un corps qui soit au maximum de ses capacités, que ce soit un poids santé et une tonicité dans le corps, un physique qui soit attrayant dans vos yeux,  que ce soit la réussite professionnelle au sens de gagner plus d’argent, de faire un travail qui nous plaise, d’avoir aussi une liberté dans son quotidien. 

Toutes ces choses là passent par l’inconfort.

Il n’y a qu’une seule monnaie d’échange de la réussite, quelle que soit ce que vous mettiez personnellement derrière la réussite. 

C’est le fait d’aller là où nous ne sommes jamais allé, là où nous n’avons pas envie d’aller, là où nous avons la flemme, parce que c’est justement là que tout se passe. J’ai vraiment une frustration à voir des personnes qui écoutent ce podcast, qui m’arrêtent dans la rue et qui me disent : « c’est génial, j’adore ce que tu fais, j’ai aussi ce projet, moi aussi j’aimerais lancer un podcast, moi aussi j’aimerais lancer une chaîne YouTube, moi aussi j’aimerais changer de travail, j’écoute ton podcast parce que justement j’aimerais perdre du poids et tes conseils me parlent… ». Ces personnes sont dans leur zone de confort, et je connais cet état d’esprit, je suis passée par là, rester avec son casque sur les oreilles, sans rien faire, en écoutant des audiobooks, en écoutant des podcasts et en lisant des livres, et en étant dans l’inaction, en attendant ce fameux déclic qui nous permettrait d’avoir cette capacité à surmonter cette peur, ou l’inconfort que l’on voit devant nous, on attend le moment où cela va être confortable, on va se dire : « allez c’est bon je suis prêt-e à me lancer, j’ai tous les éléments à ma portée pour le faire », sauf que ça ne va pas arriver. Et si cela arrive, il y a des chances pour que cela soit en réalité bien plus tard que ce qui aurait été le moment optimal pour se lancer, le moment optimal pour se lancer c’est maintenant. Et si ça arrive à un moment donné que nous ne ressentons plus d’inconfort, cela veut juste dire que cette chose là ne s’avère plus être notre projet, quand on va le lancer on va se dire : « tiens c’est étrange, je n’ai pas la passion ». Honnêtement, si dans votre vie, ou que vous soyez, vous êtes confortables, il y a quelque chose qui ne va pas. Si vous êtes dans le confort au quotidien c’est que vous n’êtes pas en train de vous dépasser, c’est que vous n’êtes pas en train de vous pousser, vous n’êtes pas en train de grandir. 

Vous connaissez le principe de la zone de confort, nous en avons parlé dans le 53ème épisode, le principe c’est que je suis dans ma zone de confort et que j’y reste, c’est une zone dans laquelle l’on apprend rien, c’est une zone dans laquelle on ne grandit pas, c’est une zone de stagnation. Si on veut grandir, si on veut évoluer… parce que l’on a besoin de grandir en tant qu’être humain, si on ne le fait pas on s’ennuie, on est triste, cela fait partie de nos besoins humains que l’on représente sous la forme de la pyramide de Maslow, c’est le dernier étage de la pyramide, nous avons besoin de nous épanouir, de croître. Si on reste dans notre zone de confort, nous allons aller à l’encontre de notre bonheur. Combien de personnes échangent leur bonheur contre du confort ? Ils choisissent de faire une croix sur leur bonheur pour être dans le confort. Et en plus cette stratégie est vouée à l’échec parce que  vous êtes dans l’inconfort quoi qu’il arrive, si vous êtes confortables dans votre situation professionnelle, dans votre rapport à votre corps, à vos relations et que vous n’avez pas vraiment ce que vous désirez, mais vous êtes dans le confort, vous avez toujours ce petit inconfort en sourdine au fin fond de votre esprit : « et si j’avais fait ça ? Je sais que j’en suis capable… Cela me serait accessible si… ». C’est à vous de choisir le degré d’inconfort dans lequel vous voulez être, est-ce que voulez l’inconfort de : « je ne suis pas allé-e chercher mes rêves, je ne suis pas en train de faire des choses qui sont importantes pour moi, je n’ai pas le corps que je désire », nous avons tous accès à un corps tonique, à un corps mince et en bonne santé, il n’y a aucune raison de ne pas y avoir accès. Est-ce que je suis d’accord avec le fait de vivre avec cet inconfort en sourdine : « je ne suis pas être là où je voudrais », est-ce que je préfère ça au fait d’aller chercher mes rêves, sachant que l’inconfort d’aller chercher ses rêves c’est quelque chose qui est gratifiant, c’est un inconfort, certes mais qui reste néanmoins gratifiant. 

Je ne vais pas vous blâmer parce que c’est un comportement complètement humain. Nous l’avons dit à plusieurs reprises sur ce podcast, le but de notre cerveau c’est de nous maintenir dans le confort, de nous maintenir dans les émotions agréables et de nous empêcher d’aller chercher l’inconfort et les émotions désagréables (la peur, le stress etc…), ces émotions sont là pour nous faire part d’un danger, qu’il y a potentiellement un besoin qui ne serait pas rempli si on faisait cette activité. Quand je suis inconfortable à l’idée de quitter mon travail et que je me dis que si je reste dans mon travail actuel, que j’aurais une certaine sécurité financière, de l’argent qui tombe tous les mois, ce qui me rend inconfortable à l’idée de partir ici c’est cette peur qui est là pour me dire : « si tu n’as plus d’argent tous les mois, tu risques d’avoir un problème pour payer ton loyer », la peur est là pour signaler un besoin, en l’occurrence un besoin de sécurité, j’ai besoin de sécurité et si je saute dans le vide et que je quitte mon travail, je risque de ne plus avoir la sécurité matérielle et c’est tout ce que me dit cette peur, mais si je cède à cela, si je me dis : « OK, je reste dans ce confort et dans cette sécurité matérielle », cela peut être la même chose lorsque l’on reste dans une relation amoureuse dans laquelle on sait pertinemment que l’on est pas là où l’on devrait être, que nous ne sommes pas dans la relation qui nous épanouirait, que nous ne sommes pas en train d’être authentiques, c’est de ça dont on parle ici, quand nous ne sommes pas en train d’avoir une vie authentique, nous sommes dans un inconfort terrible, mais nous choisissons malgré tout le confort émotionnel, dans la sécurité financière etc…

Est-ce que je suis OK avec cette situation, et c’est normal que votre cerveau vous emmène vers ça. 

Notre cerveau veut nous maintenir dans le confort parce que c’est là où l’on risque de vivre le plus longtemps. Ce n’est pas en allant chercher le bonheur, quand on nous dit que le cerveau est là pour que l’on poursuive des émotions positives, ce n’est pas la joie, l’exaltation ou le kiffe absolu, c’est le confort.

Nous savons que notre cerveau est attiré par le confort, c’est même un argument publicitaire, combien de fois dans la publicité, le confort est utilisé comme argument ? Parce que l’on sait que c’est quelque chose que les humains recherchent, est-ce que j’ai pas envie de me dire : « est-ce que j’irai pas chercher l’inconfort ? ». Je vous donne un exemple, en ayant la grille de lecture dans votre tête qui est le modèle de Brooke Castillo, quand je me sens confortable, quand mon émotion c’est le confort, quelles actions je mets en place, qu’est-ce qui accompagne ce confort en terme d’actions ? Toutes les émotions sont moteur de l’action, quelles actions et quelles inactions cela génèrent dans ma vie ? Qu’est-ce que je fais et qu’est-ce que je ne fais pas lorsque je suis confortable. Typiquement je vais refaire les mêmes choses pour recréer le même résultat, je ne vais pas changer, ni prendre de risques, quand je suis dans le confort je vais continuer à faire la même chose, je vais avoir une vie simple, sans changements, une vie confortable. 

Je vais vous donner cet exemple d’une personne qui ferait 70kg, ça c’est ça circonstance, c’est un poids normal ou légèrement en surpoids mais pas de façon excessive, il n’y a pas de danger pour sa santé à proprement parlé d’un point de vue médical à s’inquiéter. Le soir quand on rentre à la maison, ce qui va rentrer en jeu dans la décision de quoi manger, ça va être : la facilité, la rapidité et la simplicité des repas. Souvent je pose la question à mes coachés : « pourquoi as-tu choisi de manger des pâtes / de commander une pizza/ de prendre un hamburger ? ». Souvent on va me répondre : « j’ai besoin de quelque chose de simple, de quelque chose de rapide à cuisiner et à manger. Remarquez comme cette pensée : « j’ai besoin de quelque chose de simple », elle crée du confort, elle crée de l’impuissance. Je me suis auto-persuadé-e que j’avais besoin que cela soit simple, rapide et facile. J’en suis persuadé-e, je suis convaincu-e que j’ai besoin de confort dans ma vie. Je ne remets cela en question, on se retrouve à faire des choses qui n’ont aucun sens. Dans mes coachés qui coach sur la thématique de la perte de poids, c’est un schéma que je vois et qui se répète souvent qu’ils cherchent un moyen pour éviter cet inconfort, on cherche des recettes sans sucre, allégées. Au lieu de s’avouer : « non mais là je suis juste inconfortable », on se dit : « il faudrait juste trouver une façon de contourner le problème parce que je me suis auto-persuadé-e que le processus de changement doit être agréable, que cela doit être facile, rapide et simple. Je cherche donc des recettes rapides et simples, je cherche absolument à maximiser mon confort au lieu de me dire : « Est-ce que ce n’est pas là que se trouve ma marge de progression ? ».

Personnellement, quand je vois que je suis inconfortable, c’est là que je sui heureuse, je me dis : « OK, c’est inconfortable pour moi de cuisiner ce soir. » Quelle est l’histoire que je me raconte, quelle est la croyance que j’ai sur moi derrière cette histoire qui me freine dans mes résultats parce que concrètement, si j’ai cette croyance je n’agis pas en faite, pourquoi je suis persuadé-e que ce soit simple et rapide ? J’ai l’impression que je mérite cela et que c’est mon droit, pourquoi c’est mon droit que mes repas soient simples et rapides ? Pourquoi j’ai l’impression que c’est ce que je mérite ? Pourquoi je n’ai pas choisi ici que mes repas me prennent plus de temps de préparation ? Pourquoi je n’ai pas choisi que mes repas soit un peu inconfortables à cuisiner 10 minutes pendant que j’ai un peu faim. Je me suis moi-même conditionnée à n’accepter que le confort, la société m’a aidé-e à avoir ce raisonnement en me vantant les mérites du confort, je ne compte même pas le nombre de produits que l’on nous vend juste pour avoir plus de confort. On s’est auto-persuadés que l’on avait besoin de confort. Combien de fois dans ma vie je me suis auto-persuadée que j’avais besoin de confort, alors que pas du tout, je m’empêche de progresser, je me maintiens dans une zone de confort, est quand ce n’est pas confortable je suis frustré-e, et j’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui ne va pas, qu’il y a quelque chose qui m’est dû et qui ne m’est pas donné, parce que je me suis auto-persuadée que dès que j’étais inconfortable ce n’était pas normal, il y avait un problème, un peu comme si c’était ma norme. Ça me fait penser à un épisode sur le bonheur, comme si le bonheur était un dû. Là on ne parle même pas du bonheur parce que l’on ne va même pas le chercher, on va chercher l’inconfort, on arrive malgré tout à s’auto-persuader que c’est notre bonheur, « il faut des plaisirs simples dans la vie », encore une fois on confond confort, plaisir et bonheur. Mais toutes ces choses là ne sont pas vraies. Le bonheur est acquis lorsque l’on a rempli l’entièreté de nos besoins et en haut de notre pyramide des besoins il y a l’épanouissement de soi, le bonheur c’est la finalité de l’épanouissement de soi et ce n’est même pas la finalité dans le sens où je fais tout un tas d’actions pour à la fin être épanouis et être dans le bonheur, mais c’est plutôt toutes les actions que je fais, je les fait en étant alignée, en cherchant à être authentique, c’est le processus qui me rend heureux, je n’ai même pas besoin d’attendre une quelconque finalité, c’est un leurre de me dire que je vais devoir mettre une ensemble d’actions en place, et quand j’aurais ces résultats j’aurais le droit d’être heureux, non c’est le processus qui donne de la joie. Et ce processus pour qu’il soit plaisant, que ce processus soit en accord avec qui je suis, et pour qu’il soit authentique, il faut qu’il soit inconfortable. 

Autrement dit, l’inconfort me mène au bonheur.

Projetez-vous, imaginez une journée de déménagement, c’est une journée hyper inconfortable, on porte des meubles, c’est lourd, c’est compliqué de garer le camion, nos amis viennent, d’autres non, on se retrouve à régler des problèmes du genre : « le cadre du lit ne passe pas par l’ascenseur alors il va falloir le passer par les escaliers », le diable nous a lâché ce qui fait qu’on a du porter les cartons à la main, la clé de la cave est perdue… C’est inconfortable émotionnellement, c’est inconfortable physiquement, mais est-ce que vous vous rappelez de la satisfaction et du bonheur une fois que vous êtes dans votre appartement avec tout vos cartons, pourtant c’est inconfortable, il y a encore tout à ranger, mais la satisfaction que cela représente. Vous êtes en mouvement, vous êtes en train de passer à l’étape suivante, vous êtes en train de grandir dans votre vie. Et c’est justement ça la clé, il faut arrêter de vouloir être dans le confort, si on est dans le confort toute notre vie, qu’est-ce que l’on va se dire sur son lit de mort ? J’ai passé ma vie à être dans le confort super c’était génial, j’ai envie de vous donner un coup de pied aux fesses lorsque j’entends ça. Quand je vous entend me dire : « ah mais moi aussi j’ai ce projet, moi aussi j’ai envie de lancer mon podcast », j’ai envie de vous dire : « lance le ton podcast », je veux que tu m’envoies le lien et que ce soit fait, fais-le, oui c’est inconfortable,  oui tu ne connais pas sur quelle plateforme, tu ne sais pas avec quel micro, mais tu vas apprendre, regarde un tuto sur YouTube, fais-le, ce serait nul au début, ce sera surement mal monté, ce sera mal enregistré mais fais-le. C’est là que tu vas grandir, ce n’est pas en attendant que cela soit confortable, ça ne le sera jamais et le jour où ça l’est c’est qu’il y a un problème, le jour où ce que tu fais c’est confortable, c’est que tu ne vas plus de l’avant, à ce moment là il faudra te remettre en question, tu n’es plus quelque chose auquel tu réfléchis et c’est mort dans ton esprit, lance le maintenant. Et il en va de même pour le poids, pour les objectifs sportifs… Oui c’est inconfortable d’aller au sport, bien sur que pour tout être humain, c’est plus facile de regarder Netflix en mangeant du chocolat plutôt que d’aller au sport, les personnes qui vont au sport, ce ne sont pas des personnes pour qui c’est devenu facile, ce sont des personnes qui sont d’accord avec le fait d’être inconfortable. Ou est-ce que dans ta vie tu es dans ta zone de confort ? 

C’est un petit exercice que je peux vous donner à la fin de ce podcast : posez-vous et demandez-vous : « Dans quel aspect de ma vie je suis confortable ? », et la question sous-jacente c’est : « Dans quels aspects de ma vie je ne grandis plus ? Dans quel aspect de ma vie je ne suis pas en train de grandir ? », et ou est-ce que je sens le confort comme un dû là où typiquement ça ne l’est pas. L’exemple de : « je fais des pâtes parce que je veux que ce soit simple ». Pourquoi ? Qui décrété que ça devait l’être ? Ou il faut rester dans son travail parce que c’est un CDI ? Qui a décidé ça ? Et idem pour une relation : « non mais c’est quelqu’un de gentil, il n’a rien fait de mal, il ne m’a jamais trompé-e », qui a décrété que tu devais rester dans le confort de ton couple ? Je ne dis pas qu’il faut quitter la personne, ou quitter son travail, je ne dis pas qu’il faut absolument perdre du poids, je me demande juste qui a décrété que cela devait être confortable ? Posez-vous cette question pour vous-même. En me maintenant dans l’inconfort je suis en train d’échanger du bonheur contre du confort, est-ce que je suis OK avec ça ? Est-ce que je mérite pas plus que du confort ? Est-ce que je ne mérite pas du bonheur, de grandir, de l’exaltation, de la joie, demandez-vous dans l’échelle des émotions positives, lesquelles vous voulez ressentir ? Est-ce que vous allez vraiment choisir le confort ? Est-ce que c’est vraiment le top des émotions que vous voulez ressentir  dans votre vie ? Posez-vous la question pour vous-même et bougez-vous !

C’était plein d’amour et de bienveillance ce que je viens de vous dire là, je me sens obligée de le préciser parce que pour moi c’est important d’être transparente à ce niveau là. Ça me fait de la peine, c’est quelque chose qui m’atteint personnellement, je crois que je ne ferais pas ce métier si ça ne m’atteignait pas de voir les gens ne pas réaliser leurs rêves.

Je m’arrête là pour aujourd’hui, je vous souhaite un excellent vendredi, une excellent semaine et je vous dis à la semaine prochaine et je vous dis à vendredi prochain !



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