#182 – Établir des limites 2.0

Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet, coach certifiée et dans ce 182ème épisode nous allons parler de comment établir des limites.

Je suis extrêmement contente de faire ce podcast aujourd’hui, j’ai tellement hâte que toutes les personnes qui écoutent cet épisode, celles qui ont du mal à poser leurs propres limites, qui se font marcher sur les pieds, qui ont une vie qui ne leur ressemble pas, qui se sentent parfois utilisées par leurs amis, leur propre famille, qui en font trop finalement, qui font en sorte que tout le monde aille bien, sans avoir la reconnaissance en retour, avec un sentiment d’être trahi, utilisé, tout cela dépend de sa propre histoire et de ses propres pensées. Vous n’allez bien évidemment pas générer les mêmes pensées, tout cela influe sur vos émotions, et parfois à pensées égales nous ne faisons pas face aux mêmes émotions.

Nous avions déjà abordé le sujet des limites dans le podcast, nous en parlons régulièrement en tâche de fond, nous allons dire que cet épisode est la version 2.0 et remasterisée de l’épisode précédent sur le même sujet. C’était l’épisode numéro 15 en 2017, je ne vais pas répéter en détail tout ce que je disais dans cet épisode, si vous ne l’avez pas écouté, je vous recommande vivement de le faire, c’est un très bon podcast, je ne sais pas si j’ai le droit de dire ça au sujet de mes propres podcasts mais bon… A l’époque, je préparais et j’écrivais mes podcasts très en détail, aujourd’hui j’ai davantage d’aisance ce qui ne m’oblige plus d’écrire un script très détaillé.

Si vous n’avez pas écouté l’épisode 15 vous allez malgré tout bénéficier de celui-ci, bien que je vous recommande de l’écouter pour bénéficier pleinement de ce que je vais vous raconter aujourd’hui.

C’est quelque chose que vous posez à l’encontre de quelqu’un d’autre dans le but de vous protéger, de protéger par extension vos valeurs, votre bien-être. Quand je parle de vos valeurs je parle de remplir votre besoin d’épanouissement au-delà de tous vos autres besoins présents dans la pyramide de Maslow. Quand je dis que vous posez ces limites vis-à-vis d’une personne, la chose importante à retenir est qu’il ne s’agit pas de manipuler le comportement de la personne en face, d’interdire à la personne en face de vous de faire telles ou telles actions, il s’agit de dire à la personne concernée :

Qu’est-ce qu’une limite ?

« Quand tu fais telle chose, moi je me sens […], et cela ne me convient pas pour telles ou telles raisons, la prochaine fois que tu fais ça, je vais faire cette action, pour me protéger ».

La limite c’est ce que moi je fais, et il ne s’agit pas de dire à la personne comment elle doit se comporter.

Nous avons souvent du mal à imposer nos propres limites parce que cela signifie que si on a dit à quelqu’un : « si tu m’appelles le soir après 10h, je ne décrocherais pas », et que lorsque l’on nous appelle après 10h et que l’on décroche, c’est nous qui n’avons pas respecté notre propre limite, et ce n’est pas la personne en face qui a enfreint quoi que ce soit en terme de limites.

La personne en face de nous a le droit de faire ce qu’elle veut mais c’est à nous de respecter nos propres limites et c’est à nous de respecter notre engagement envers nous-même.

Dans le podcast original, cela je donnais les exemples suivants :

– Si tu lèves la main sur moi, j’appellerais la police (et non « je t’interdis de lever la main sur moi »)

– Si tu hausse le ton, je quitterais la pièce.

L’une des problématique qui fait que l’on a du mal  à appliquer le fait de poser des limites dans sa vie c’est que dans la pratique les situations ne sont jamais aussi simples que dans les exemples que je donne. 

Dans la pratique, imposer une limite peut être perçu comme de la manipulation émotionnelle, dans la mesure où les personnes en face de vous ne savent pas qu’elles sont responsables de leurs propres émotions, lorsque vous découvrez comment cela se passe pour mettre une limite en place, vous me dites : « Tu dis qu’il ne s’agit pas de manipulation, qu’il n’est pas question de changer le comportement de l’autre mais ça ressemble parfois un un ultimatum, à une menace. Il ne s’agit jamais d’une menace faite à l’encontre des autres.

« Si tu continues à faire telle ou telle chose, eh bien moi je ne t’aimerais plus, ou j’aurais de mauvaises pensées à ton égard ». Non il ne s’agit pas de ça.

Il s’agit d’expliquer : je ferais quelque chose dans le but de me protéger et non dans le but de te punir. 

Mais en pratique nous pouvons donc faire face à quelqu’un qui nous dit : « Si tu hausse le ton je m’en vais à la conversation ».

Cela ressemble beaucoup à ce que la personne nous force à faire une action.

Quand on découvre le développement personnel, vous me dites que vous voyez ce que je veux dire mais en pratique les gens autour de moi à qui je vais faire ce genre de choses vont mal le vivre, vont avoir l’impression que je leur pose un ultimatum, comme une tentative de ma part de manipuler leur comportement.

C’est la première difficulté en pratique à mettre en place des limites.

La deuxième difficulté que je vois est que ce n’est pas si facile que cela de suivre soi-même ce qu’on s’est dit pour soi.

Les limites sont parfois franchies sans que l’on ne s’en rende compte, il y a bien souvent de nombreux biais cognitifs en jeu, les relations humaines sont complexes, beaucoup de choses influent sur nos comportements, il y a aussi ce biais cognitif de « pied dans la porte », qui fait que lorsque l’on a commencé à faire quelque chose eh bien on continue à aller dans cette direction, on s’écarte parfois un peu de nos propres limites sans s’en rendre compte, ce n’est pas évident de savoir ce qui est OK pour nous et ce qui ne l’est pas, il y a un moment donné on se rend compte que l’on fait fausse route, et on s’en rend compte quand il est trop tard (lorsque l’on a l’impression d’avoir été utilisé et/ou trahi).

Dans mon cas, quand je n’ai pas respecté mes propres limites, je dis souvent que j’ai l’impression d’être la « vache à lait », la personne qui est tout le temps présente pour les autres et pour subvenir aux besoins des autres autour de moi mais qu’en réalité je ne me suis pas respectée dans le processus (et c’est bien évidemment de ma faute et non celle des autres dans la mesure où c’est moi qui ne me suis pas protégée). C’est à nous d’imposer nos limites et c’est à nous de prendre soin de nous, même si les autres peuvent nous y aider si c’est un désir qui émane d’eux, mais dans un premier temps c’est à nous de prendre en charge ce soin de nous.

J’ai envie que nous tenions compte que nous tenions compte du fait que ce n’est pas si facile que cela et qu’on aille explorer pourquoi et qu’on se propose des solutions. Pour illustrer cela j’ai envie de vous proposer une analogie que m’a donnée ma meilleure amie, pas plus tard qu’hier. Nous parlions de ce sujet là, je lui racontais qu’il y a des domaines dans ma vie où je n’ai aucun mal à mettre des limites et d’autres où ce n’est pas si simple que cela. Il faut voir que si nous avons compris et intégrés certains concepts, ce n’est pas pour autant que l’on est en mesure de les appliquer dans tous les domaines de notre vie et pour moi c’est une invitation à être en empathie vis-à-vis de vous-même, et de ne pas vous auto-flageller si vous ne parvenez pas à tout appliquer dans tous les domaines de votre vie, il y aura des domaines qui seront plus récalcitrants que les autres. Dans mon cas, c’est souvent en lien avec mes amis proches ou ma famille. 

Ma meilleure amie me dit que lorsque l’on fait du développement personnel et que l’on s’intéresse à tout cela et qu’on comprend que les pensées sont différentes des émotions, des actions et des circonstances, lorsque l’on est responsable de ses pensées, de nos émotions… on arrête de remettre entre les mains des autres nos propres émotions, nous sommes beaucoup plus en empathie vis-à-vis des autres, c’est un peu le paradoxe des personnes qui pensent que lorsque l’on s’intéresse de près au développement personnel on devient égoïste alors que c’est tout l’inverse qui se produit. On comprend que les autres ont leurs propres pensées, leurs propres émotions. Quand il nous arrive quelque chose dans notre vie qui nous contrarie, on va plus facilement aller regarder du côté de la circonstance, on voit aller regarder du côté des pensées vis-à-vis de cette situation,  mon avis cette personne a peut-être pensé de telle ou telle manière, « en tout cas ce n’était pas à propos de moi »… Ce qui fait que de manière générale on prend beaucoup plus de distance, on devient plus ouvert, les personnes qui s’intéressent au développement personnel sont des personnes ouvertes de base, mais cela va avoir pour effet d’être encore plus ouvert et encore plus à l’écoute. Nous allons assez vite nous rendre compte que (c’est souvent une des limites du développement personnel, nous en avons parlé ensemble dans l’épisode #177), tout est explicable, toutes les circonstances sont neutres. Il y a toujours la possibilité d’avoir des pensées qui créent des émotions agréables ou désagréables. Lorsque l’on comprend que tous les êtres humains ont des besoins au même titre que nous, nous pouvons tout à fait aller se mettre à la place d’un tueur en série, comprendre pourquoi il a fait ce qu’il a fait, qu’il a eu une enfance difficile, qu’il était dans une position de détresse psychologique, on peut tout comprendre et tou expliquer, toutes les situations qui existent. Pourquoi avons- nous la sensation d’être abusés ou que cette personne se moque de nous, ou à répétition fait des choses qui sont irrespectueuses malgré le fait qu’on ait dit certaines choses, et lorsque l’on a des explications on comprend. Nous allons toujours pouvoir comprendre car tout est toujours explicable, et comme c’est neutre, et comme toutes ces notions morales de bien et de mal, c’est un choix qui nous appartient et qui dépend de nos propres valeurs. Si on ne fait pas ce choix de poser des limites, c’est totalement arbitraire en fonction de ses propres valeurs. On se retrouve à ne pas prendre soin de soi et à se laisser dépasser et à laisser le monde nous envahir au-delà de nos propres limites, et par « le monde », j’entends : les autres personnes, les circonstances extérieures, les choses etc… qui dépassent certaines limites qui ne sont pas OK pour nous. 

L’analogie de mon amie est que je suis allée chez elle pour poser nos vestes parce qu’il faisait trop chaud, et là son chien qui ne m’a pas vu depuis des mois me saute dessus de joie, et fais pipi sur mes chaussures (de joie toujours), j’étais en Doc Martens en l’occurence et je vais surement passer aux Vans quand il fera un peu plus beau, mes Doc Martens sont neuves, je commence à repousser le chien, je lui dit : « si c’est comme ça moi je ne te fais plus de câlins… », quand je pose cette limite à ce chien, celle de : « si tu fais pipi sur mes nouvelles chaussures, je m’en vais et je ne te ferais plus de câlins », je ne suis pas en train de manipuler son comportement (c’est un chien), je suis en train de protéger mes chaussures et mes valeurs. Cela ne change rien au fait que je comprends très bien qu’il n’est pas mal intentionné et que c’est un chien, qu’il est adorable et que je l’adore et que la prochaine fois que je viendrais je lui ferais de gros câlins aussi, ça ne change rien à l’estime que j’ai pour lui, je ne change pas la valeur de ce chien dans mon esprit mais cela ne change rien au fait que pour moi ce n’est pas OK qu’un chien fasse pipi sur mes chaussures. 

J’adore cette analogie parce que je n’y aurais pas pensé toute seule et comme nous parlions de limites juste après, c’est ça dont on parle lorsque l’on aborde le sujet des limites.

Oui, évidemment que le chien n’est pas content, peut-être que lorsque vous allez dire à votre mec : « Je suis désolée, il faut que j’arrête cette conversation, on peut continuer d’en parler plus tard, je t’aime toujours, il n’y a pas de problème, mais je ne peux pas recevoir de mots violents et le fait que tu hausses le ton, je m’en vais, et si il se trouve que l’on ne parvient jamais à avoir de conversations calmes eh bien je vais finir par partir et quitter cette relation », lorsque l’on fait ce genre de choses, nous ne sommes pas en train de manipuler la personne, nous ne sommes pas en train de dire à la personne en face de changer, nous sommes en train de nous protéger, et si la personne entend que nous sommes en train de la changer, en train de la manipuler, que nous sommes donc par extension une mauvaise personne… il y a un moment donné ou ce n’est plus de notre responsabilité. On peut lui expliquer si on le souhaite, mais c’est vraiment important de comprendre que même si cela peut paraître être de la manipulation eh bien réalité cela n’en est pas dans la mesure où on a décidé qu’on le faisait pour nous. Pour aller au-delà de ça, un moment donné, le seul moment où l’on pose une limite c’est face à des choses que l’on ne comprend pas, de choses qui nous font peur, ou des choses qui nous mettent en danger physique et moral, (j’ai vu des exemples de personnes qui étaient violentées par le compagnon et qui avaient du mal à poser des limites même dans ce cas de figure extrême, qui avaient du mal à partir parce qu’elles comprenaient pourquoi leur compagnon allait mal), si la seule chose qui fait que l’on met une limite c’est lorsque l’on ne comprend pas/ qu’on ne tolère pas, et si on est ouvert d’esprit et qu’on fait du développement personnel (je ne dis pas que la seule façon d’être ouvert d’esprit c’est de faire du développement personnel). Si le seul moment où l’on pose une limite c’est face à quelque chose que l’on ne comprend pas, ça ne marche pas dans la mesure où tout est compréhensible.

Il y a un moment donné où l’on peut comprendre, on peut aimer, mais cela ne change rien au fait qu’il en va de notre responsabilité de se protéger et de mettre des limites. 

Une fois qu’on a compris qu’on ne peut pas mettre de limites parce que l’on comprend et qu’on est en empathie, cela nous donne l’espace d’établir plus facilement nos propres limites.

Il y a vraiment la question à se poser, de soi à soi : « qu’est-ce qui est juste pour moi et à quel moment ça ne l’est plus ? »

Avoir conscience que c’est totalement arbitraire, là on parle de valeurs.

Si dans votre vie ce n’est pas OK que votre mec ne vous offre pas de fleurs le jour de votre anniversaire par exemple, c’est votre bon droit, même si vous pouvez comprendre que c’est vieux jeu, que c’est peut-être du sexisme internalisé, que c’est du romantisme… Peu importe, je donne volontairement l’exemple de quelque chose de futile, c’est votre droit, la limite vous la mettez là où vous voulez.

C’est ce qui est juste pour vous.

Il ne s’agit pas de justifier le comportement des autres, je ne pense pas que les personnes soient mal intentionnées volontairement, et même lorsqu’elles disent qu’elles le sont, c’est vis-à-vis d’eux, c’est pour remplir leurs propres besoins, bien sur que les autres ne se disent pas : « si je faisais du mal aux gens juste pour le plaisir », lorsqu’ils disent cela c’est pour qu’ils puissent se sentir mieux. Dans tous les cas, nous sommes des êtres humains et nous essayons juste de faire les choses pour nous, tout est explicable et cela ne change rien au fait que vous vouliez des choses dans votre vie et il y a des choses que vous ne voulez pas dans votre vie.

C’est une question à vous poser à vous.

Mettre des limites n’est pas évident parce que la personne en face à ses raisons de faire les actions qu’elle fait, et ses raisons sont sûrement très légitimes, mais cela ne change rien.

Voilà ce que je voulais vous partager aujourd’hui pour aller plus loin dans cette discussion autour des limites en espérant que cela vous aide à les appliquer, pour le protocole de comment les faire respecter c’est quelque chose que j’aborde davantage dans l’épisode #15, je m’arrête là pour aujourd’hui, je vous embrasse, je vous souhaite une excellente fin de vendredi, et je vous dis à vendredi prochain !

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