#184 – Sexisme internalisé

Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet, coach certifiée et dans ce 184ème épisode nous allons parler de sexisme internalisé et de la manière dont cela nous impacte dans notre développement personnel, de comment nous parvenons à nous auto-réprimer avec des pensées qui ne nous appartiennent pas mais qui sont héritées de notre culture qui est globalement sexiste.

J’ai très envie de revenir sur tous vos messages reçus la semaine dernière suite à l’annonce que j’ai faite dans l’épisode 183), c’est-à -dire le fait que j’envisageais la fin de ce podcast, sans pour autant avoir de date définie. Je ne sais pas quoi vous dire d’autre part : merci.

Je n’ai pas envie de dire que je ne m’attendais pas à ce type de soutien parce qu’en réalité ce n’est pas vrai, je savais que j’aurais ce type de réactions, j’avais peur de recevoir des messages de la part de personnes qui auraient pu être déçues, en faite je n’en ai pas eu tant que ça. La grande majorité de vos messages c’était en réalité beaucoup d’encouragements, beaucoup de personnes qui étaient inspirées par le fait que je m’autoriserais à arrêter le podcast au moment où je trouve cela juste pour moi, c’est génial, je suis très heureuse de l’énergie qu’il peut y avoir ici, de ce qu’on a co-créé, merci pour votre soutien, vous m’inspirez autant que je semble le faire pour vous donc c’est vraiment génial. J’avais besoin de ça, le podcast est un contenu assez unilatéral pour le coup, ce n’est pas un réseau social, parce que vous êtes répartis sur différentes plateformes : Apple podcast, Audible, SoundCloud, Spotify… Ce qui fait que mon seul point de ralliement c’est mon site Internet, je sais que personnellement j’écoute un podcast sans vraiment commenter. Le fait d’avoir vos retours m’a fait me rendre compte à quel point j’avais cette communauté, je le savais grâce notamment à LA Communauté, merci pour votre soutien.

Le sexisme internalisé

C’est à mi-chemin entre du militantisme et du développement personnel, je n’ai absolument aucun problème à aborder le sujet du militantisme mais ce n’est juste pas la plateforme dédiée pour le faire, et je veux juste m’assurer qu’à chaque épisode je vous fait grandir, que vous répétiez avec de nouvelles idées qui vont vous aider dans votre développement personnel.

Ce qui motive l’existence de cet épisode, je vais vous raconter de mon expérience de femme, élevée en tant que tel, j’ai été élevée dans cette société patriarcale dans laquelle être une femme c’est être plus fragile, moins forte, plus sensible, plus émotive, moins battante, avoir besoin d’aide, de soutien, être moins compétente, il est globalement mieux vu d’être un homme qu’une femme. Il y a ce truc de « c’est mignon d’être une femme, c’est mignon, c’est cool », je me suis rendue compte au cours de ma vie, où j’en ai pris conscience, c’était vers la fin de mes études que j’aimais bien qu’on se trompe lorsque l’on s’adressait à moi et qu’on m’appelait « il » ou qu’on me genre au masculin.

Je me suis vraiment posée la question à ce moment là, on me disait : « toi qui est chercheur », surtout dans le milieu professionnel, ou lorsque l’on s’adressait à moi en anglais sans qu’il y ait de genre, ce qui fait que j’étais mise sur un pied d’égalité avec les hommes, j’aimais ça, à un moment où je me suis posée la question : « est-ce que tu es bien une femme cisgenre ? », lorsqu’on déconstruit tout ce qu’il y a autour du genre et de l’orientation sexuelle, autour de l’orientation amoureuse, lorsque l’on s’intéresse au féminisme etc… Je me suis vraiment intéressée à ces sujets il y a 5 ans environ, lorsque j’ai découvert tout ça, je me suis posée des questions à ce sujet. Dans la mesure où je me sentais plus juste de me genre au masculin, est-ce que cela signifie que je suis une femme cisgenre ? J’ai eu très vite la réponse à ma question : oui en effet. 

J’aimais bien qu’on me genre au masculin parce que cela me faisait me sentir valorisée.

Ce n’est pas parce que je trouvais ça plus juste, je suis dans le bon genre, mon sexe est accordé avec celui que j’ai eu à la naissance, mais je me sentais valorisée et socialement validée si on se trompait et que j’étais genre au masculin et j’aimais bien cette idée de me dire que je n’étais pas une femme comme les autres, je me disais que j’étais « un peu plus un mec qu’une femme normale », parce que cela me faisait me sentir valorisée. J’avais ce truc de « je suis une femme mais je suis quand même un peu un mec, forte et intelligente comme un mec, je parle comme un mec… », sous-entendu : « je ne suis pas une femme qui pleurniche, qui commère… », tout les stéréotypes et les caricatures de genre qui existent pour rabaisser les femmes, au point où je réprimais mes propres émotions. Je suis quelqu’un d’hypersensible et je n’étais plus du tout à l’écoute de ça parce que j’associais ça à quelque chose de négatif, associé au genre féminin, dans lequel je ne me retrouvais pas, dans lequel je me sentais faible, je n’aimais pas ma part de vulnérabilité et je voulais absolument être vue comme quelqu’un de fort et perçue comme un homme.

J’aime bien utiliser les termes : énergies féminines et énergies masculines, vous connaissez mon background en science, lorsque je parle de cette énergie là je ne parle pas au sens scientifique du terme. Je parle de la « vibe » de la personne, de ce qu’elle dégage de manière générale. On peut globalement dire que j’ai toujours été une femme à l’énergie masculine, quelqu’un qui est très porté sur l’action.

Qu’y a-t-il derrière l’énergie masculine ?

Tout ce qui est associé au masculin, c’est socialement construit, culturel et donc subjectif, ce n’est pas scientifique ce que je suis en train de vous dire ici, c’est une question culturelle. 

En Europe, ce que l’on associe à l’énergie masculine c’est :

– tout ce qui est porté par l’action, la mise en pratique

– le succès

– la réussite

– l’argent

Et à l’inverse, tout ce qui se rapporte à l’énergie féminine :

– les émotions

– la créativité

– l’intuition

Pendant longtemps j’étais dans l’énergie masculine, à refuser mon énergie féminine, à ne pas m’autoriser à créer, je voyais ça comme quelque chose de négatif, comme si j’étais dans ma tête, et que je me disais qu’il fallait que je sois dans l’efficacité.

J’ai grandi dans un monde dans lequel l’énergie masculine est valorisée socialement, il est socialement valorisé de réussir, d’avoir du succès. Cela a pu être un frein d’avoir cette énergie masculine, j’étais dans une optique où j’avançais dans une société où on valorise l’action, la réussite… Je suis très portée là dessus pour me faire valider parce que j’aime être validée par mes pars parce que je suis un être humain tout simplement, je réprime mon énergie féminine et en même temps je me découvre féministe, j’apprends à comprendre ce qu’est le féminisme, mais je suis toujours dans ce sexisme internalisé, ce n’est pas conscient, je ne me dis pas « génial, et si j’étais sexiste et que je réprimais mon énergie féminine et que je me mettais à fond dans l’énergie masculine », bien sur que non, tout ce qui se passe ici est inconscient.

Je suis en train de me découvrir une âme féministe et je réalise que je commence à avoir des jugements sur le fait que les valeurs que je poursuis, comme la réussite et l’argent, qui sont des valeurs à l’énergie masculine, je commence à me dire : « ce n’est pas bien, c’est un truc d’homme, je devrais plutôt devrais nourrir des valeurs féminines, et beaucoup plus dans l’écoute, dans la bienveillance… ». C’est intéressant, c’est en me découvrant féministe, en apprenant à ces sujets là que j’ai réalisé que j’étais en train de me dire : « c’est mal de penser à l’argent et à l’action, parce que ce sont des choses masculines et que ce sont de mauvaises valeurs, ce sont des valeurs d’hommes patriarcales et ce n’est pas bien ». Alors qu’en réalité, en apprenant sur ces sujets-là, je réalise que nous sommes tous et toutes un équilibre de ces deux énergies.

Nous avons les deux énergies en nous : masculine et féminine, cette envie de créer, ce besoin d’être parfois davantage dans l’observation, la contemplation, je vis et je ressens l’émotion. Parfois nous avons besoin d’être dans l’action, dans la réussite, dans la poursuite d’un objectif et dans une énergie beaucoup plus masculine. Le problème est que quel qu’en soit la raison : qu’il s’agisse de sexisme internalisé, de l’auto-jugement lorsque l’on s’aperçoit que l’on s’auto-juge et on s’auto-réprime, quel qu’en soit la raison, nous avons tendance à réprimer une partie ou l’autre. Moi en tant que femme j’ai une certaine expérience de ça, et si vous êtes un homme vous avez surement une expérience différente, je mets ma main à couper que vous avez surement refuser à un moment où à un autre votre énergie féminine parce que vous avez intégré qu’exprimer vos émotions c’est être faible, qu’il ne fallait surtout pas pleurer. En tant que femme c’est un peu plus accepté, Maus en tant qu’homme, on réprime encore plus sa partie « énergie féminine », je pense que c’est beaucoup plus facile dans notre société est tant que femme d’être un peu plus équilibré « énergie féminine/énergie masculine », parce qu’on va avoir tendance à être validé quand on va rechercher l’énergie masculine, et à ne pas être trop invalidé lorsque l’on est dans l’énergie féminine », alors qu’en tant qu’homme on va être survalidé quand on est dans l’énergie masculine, et très invalidé lorsqu’un homme est dans l’énergie féminine.

Lorsque j’utilise le terme « énergie », je ne parle pas ici de pseudo-science, derrière le mot énergie je mets l’ensemble des valeurs et des actions associées au féminin et au masculin.

En vous amenant ce sujet, ce que j’ai envie de vous proposer, c’est de voir qu’il y a de nombreuses pensées qui sont internalisées, qui sont socialement construites, et qui sont des jugements moraux sur le bien et le mal, sur ce qui est bien ou non, « c’est bien de réussir et de chercher de l’argent », « ce n’est pas bien parce que ce sont des choses qui appartiennent à la société patriarcales », « ce n’est pas bien d’être dans la vulnérabilité, c’est être faible », nous avons pleins de pensées qui gravitent autour du sexisme internalisé. Ce que j’aimerais à travers cet épisode, c’est se rendre compte tous ensemble qu’il y a des endroits dans nos vies où l’on prend des décisions on met en place des actions qui sont liées à des pensées qui ne nous appartiennent pas et qui proviennent d’injonctions sociales : « ce n’est pas bien de ressentir, pas bien d’être dans l’action, ou l’inverse ». Je vois beaucoup de femmes qui s’empêchent d’être dans l’énergie masculine par volonté de ne surtout pas valider cette société qui nous dit que la réussite c’est bien. Mais il y aura des moments où vous aurez envie d’être dans la réussite et dans l’action.

La question que j’ai envie que vous vous ameniez à vous poser à travers cet épisode : « à quel endroit dans votre vie vous êtes en train de vous réprimer, de vous empêcher qui vous avez envie d’être dans toute votre puissance, que ce soit dans l’énergie positive ou féminine, et d’aller chercher quelles sont les pensées qui sont associées à ça, quels sont les moments où vous vous jugez ». Je sais qu’il y a des personnes en coaching qui me disent : « je me découvre une facette de moi-même qui a envie de gagner de l’argent, et je me dis que c’est mal », pourquoi c’est mal ? Est-ce que vous êtes d’accord avec ces pensées-là ? Est-ce que cela provient du sexisme internalisé ? Il y a bien souvent la culture judéo-chrétienne qui sous tends tout cela, sur les différentes postures des hommes et des femmes dans la société, est-ce que vous êtes d’accord avec le fait que l’argent c’est mal ? Mais aussi l’inverse : « je n’ai pas envie de me rendre vulnérable, j’ai peur, peur qu’on m’attaque, que cela me rende moins fort-e ». Ce que j’ai envie que vous alliez explorer c’est de vous donner envie d’aller regarder ces pensées là, et de voir d’où cela provient ? Est-ce que c’est en lien avec vos valeurs personnelles, est-ce que c’est quelque chose en lien avec la société et les valeurs de la société ? En fonction de la réponse, que vous puissiez choisir ce que vous voulez garder, mon envie et de vous aider à accepter l’entièreté, les deux aspects, et la dualité de tout cela. 

Gardons à l’esprit que les notions d’énergie féminine et masculine sont complètement imprégnées de la société dans laquelle nous sommes là maintenant. Dans une autre société ça ne serait pas les mêmes valeurs et les mêmes actions, les mêmes caractéristiques qui seraient associées au féminin ou au masculin.

Je trouve qu’il va être important d’avoir cette dimension là lorsque l’on explore les pensées que l’on a et lorsqu’on explore ce qui nous limite, de se dire : « suis-je d’accord avec cela ? Et est-ce qu’il s’agit de valeurs qui me sont propres ou est-ce qu’il s’agit de sexisme internalisé qui fait que je suis en train de le réprimer moi-même pour des raisons avec lesquelles je ne serais plus d’accord ? »

Si vous avez envie d’explorer cela davantage avec nous vous pouvez rejoindre LA Communauté si ce n’est pas déjà fait, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, je vous dis merci pour vos retours la semaine dernière sur le podcast 183, ça m’a vraiment touché, et on se retrouve vendredi prochain dans un prochain épisode, je vous embrasse !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *