#34 – Les pensées toxiques


Retranscription écrite du podcast :

Bonjour à tous et bienvenue dans Se Sentir Bien, le podcast qui est là pour vous aider à devenir votre propre coach, je suis Esther Taillifet et dans ce 34ème épisode je vais vous parler des pensées toxiques. Ce que j’appelle pensées toxiques sont celles qui vont tourner en boucle dans notre esprit et qui semblent vraies sur le moment et extrêmement réel, qui ne sont que des pensées, mais sur lesquelles nous n’avons pas le recul nécessaire pour nous rendre compte que ce ne sont juste que des pensées. Dans quel cas allons-nous avoir des pensées qui vont tourner en boucle dans notre esprit : par exemple lorsque vous avez fait ou dit quelque chose que vous regrettez, vous vous êtes comporté d’une manière que vous jugé non respectueuse/ inappropriée / blessante pour quelqu’un d’autre. A ce moment là vous rentre chez vous et vous vous repassez la scène en boucle dans votre tête et vous ressassez une multitude de pensées à propos de cette situation comme par exemple :  » je n’aurais jamais dû faire ça, je regrette tellement d’avoir fait ça, je devrais m’excuser «  etc… C’est une sorte de piège dans lequel notre esprit s’embourbe et qui peut durer des heures, des jours où nous allons complètement bloqués dans nos pensées.

L’autre cas de figure où nous pouvons être confrontés à des pensées toxiques qui vont nous piéger, vont être les situations qui vous font peur et que vous devez faire : un examen, une présentation en public… Vous allez vous repassez en tête les jours ou les heures qui précèdent l’évènement, le pire des scénarios possibles, vous allez y pensez encore et encore :  » et si on se moque de moi, et si j’oublie tout mon discours etc… », toutes ces pensées qui vous envahissent.

Le troisième cas de figure en matière de pensées toxiques va être au sujet de pensées tout à fait irrationnelles, typiquement liées à l’estime que vous avez de vous-même, comme par exemple si vous venez être en train de vivre une rupture amoureuse et que vous vous dites en boucle que vous ne rencontrerez plus jamais quelqu’un, que vous allez restez seul pour le restant de votre vie, ce qui n’est pas forcément très agréable. Pensez en boucle que l’on ne retrouvera jamais quelqu’un est complètement irrationnel, et si on parvient à prendre du recul on peut sortir de ce cercle vicieux. Parfois il s’agit de pensées irrationnels qui mènent à des tocs, des pensées du type :  » si je ne vérifie pas la gazière 5 fois avant de partir de chez moi, je vais mourir «  ou d’autres choses dans le genre.

Nous sommes tous plus ou moins confrontés aux pensées que j’appelle  » toxiques « , des pensées en boucle dans notre tête, cela n’est pas handicapant mais juste douloureux, cela vaut le coup de savoir comment s’en débarrasser et c’est ce que l’on va faire juste après. Le problème est qu’à terme, ce type de mécanisme peut devenir handicapant et en venir à des maladies mentales, là où la pensée toxique empêche de fonctionner et d’évoluer normalement. C’est le cas où vous allez avoir des crises d’angoisses, développer des tocs, développer une dépression, tout cela est partie d’une pensée toxique qui est restée là et qui tourne en boucle et qui a fini par envahir notre état mental et a pris toute la place dans notre esprit.

C’est pour cela que ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère, je pense que c’est quelque chose dont il faut être conscient et de savoir reconnaître ces pensées toxiques que l’on repasse en boucle dans notre tête, et de faire le nettoyage. Il s’agit là de prendre soin de sa santé mentale et de se dire :  » je ne vais pas attendre d’avoir un cancer «  (c’est d’ailleurs quelque chose qui est largement répandu dans le cadre de la santé physique) pour m’inquiéter de mon alimentation, je vais m’assurer d’avoir une bonne alimentation « . Il en va de même pour la santé mentale, il n’est pas question d’attendre d’être malade pour se préoccuper de sa santé mentale, il faut se poser la question si tout va bien régulièrement. Le but est de prêter attention à sa santé mentale et remarquer des moments où je vais avoir des pensées toxiques, pour lesquelles je peux faire quelque chose, et c’est ce quelque chose dont on va parler aujourd’hui.

Les pensées toxiques : un labyrinthe de l’esprit

Je compare les pensées toxiques à un labyrinthe. Imaginez que vos pensées habituelles forment une route ou un chemin, que vous avez dans votre vie et qui vous emmène d’un point A à un point B. Vous êtes sur cette route est droite, parfois il a besoin de prendre certaines directions, et cela représente le fil de vos pensées. Parfois vous allez vous retrouvez piégé dans un labyrinthe, sans même savoir que vous êtes à l’intérieur. Vous croyez que vous êtes sur la route classique qui vous mène d’un point A à un point B, et vous prenez la direction nécessaire, mais vous ne savez toujours pas que vous êtes dans un labyrinthe, ce qui fait que vous ne comprenez pas que vous n’arriverez jamais à votre destination qui est le point B parce que vous êtes dans un labyrinthe, il va falloir en sortir et se rendre compte de la situation telle qu’elle est.

Quelle est la meilleure stratégie à adopter si l’on se rend compte que nous sommes dans un labyrinthe ?

Premièrement, il faut se poser la question et se demander si nous ne sommes pas nous-même dans un labyrinthe ? Je n’ai rien qui m’indique si c’est le cas et il faut prendre de la hauteur, de prendre du recul. Il faut regarder sa boussole ou son Google Maps interne si je puis-dire les choses de cette manière. Il faut faire un état des lieux régulièrement. C’est exactement ce que l’on fait notamment lorsque l’on se prête à l’exercice du flot de pensées, lorsque l’on fait de la méditation. Ces exercices permettent de prendre de la hauteur et de savoir ce qu’il se passe dans notre tête et de pouvoir reconnaitre qu’il y a des pensées complètement irrationnelles et/ou qui tournent en boucle dans notre esprit, qui n’ont pas/plus de raisons d’être là et peut-être que ce sont des pensées auxquels on ne croit plus et qui génèrent chez nous des émotions désagréables et qui sont inutiles, toxiques et bloquantes pour la suite.

La première chose à faire c’est de se demander si nous sommes dans un labyrinthe et de prendre de la hauteur.

La deuxième étape va être de regarder ce labyrinthe de plus haut, sans essayer tout de suite d’en sortir, parce qui on prend conscience que l’on est dans un labyrinthe et que l’on se met à courir dans tout les sens, cela ne va pas servir à grand chose et cela va nous épuiser plus qu’autre chose. L’objectif n’est pas de rejeter les pensées toxiques dès qu’on les remarquent, de la rejeter parce qu’elle tourne en boucle dans ma tête et elle me dessert, faire cela est l’équivalent de courir dans un labyrinthe : cela ne sert strictement à rien. Ce qu’il faut c’est se dire :

Quel est ce labyrinthe ? Comment puis-je le résoudre ?

Il va falloir trouver un moyen ingénieux pour prendre de la hauteur, pour prendre une sorte de photo vue du ciel de notre labyrinthe pour qu’on puisse établir une stratégie. Comment faire pour prendre une photo du labyrinthe vu d’en haut ? On utilise les outils que je vous propose dans le podcast depuis le début c’est à dire : faire des flots de pensées régulièrement et se poser la question du lien entre nos pensées/ nos actions / nos résultats et d’utiliser le modèle de Brooke Castillo ou d’autres outils (même si celui de Brooke Castillo est très bien).

L’utilisation du flot de pensées au quotidien

Le flot de pensées va vraiment nous servir à plusieurs choses ici, il va nous permettre d’être en alerte et se dire :  » tiens il se passe quelque chose « . La méditation fonctionne également de la même manière, elle permet de  » prendre la température «  de ce qu’il se passe dans notre tête et dans nos émotions. Le flot de pensées va en plus nous permettre d’analyser les pensées dans notre esprit et de faire une photo du labyrinthe vu du ciel pour ensuite pouvoir élaborer une stratégie adéquate.

Ensuite, la dernière étape c’est qu’il va falloir résoudre le labyrinthe pour trouver la sortie. C’est une étape qui peut prendre beaucoup de temps, si nous sommes face à un labyrinthe dans lequel nous sommes plongés depuis si longtemps qu’il est devenu très vaste, il peut être intéressant de se faire aider et d’aller voir un psychologue ou un psychiatre pour nous aider dans cette tâche. Si ce n’est pas le cas, si c’est un cas de figure plus basique comme par exemple quelque chose que l’on regrette d’avoir dit, il n’est peut-être pas nécessaire d’aller voir un psychologue, nous pouvons simplement faire ce travail là seul et trouver la sortie du labyrinthe tout seul. Pour faire cela, il va falloir se poser des questions, comprendre ce qu’il se passe, chercher et trouver la stratégie adéquate à adopter. Chaque labyrinthe sera différent, mais la méthode à appliquer et à peu près toujours la même.

Il va falloir se demander pourquoi sommes-nous en train d’avoir cette pensée qui nous dessert ? Pourquoi sommes nous en train de penser que nous n’aurions pas dû faire ceci ou cela, pourquoi avons-nous cette pensée complètement irrationnelle vis à vis de nous-même ?

Evidemment j’imagine bien que si vous êtes en plein milieu d’une crise d’angoisse, il va être compliqué de faire ce travail, mais rétrospectivement cela sera possible. Dans le cas où vous êtes sujet aux crises d’angoisses, cela vaut peut-être le coup de se faire aider pour résoudre ce problème avec un professionnel.

Il faudra se poser la question du pourquoi ? Il n’y a pas de pensées dans notre esprit qui ne servent à rien, il y a une raison qui fait que vous pensez cela de cette manière, toutes les émotions désagréables sont là pour nous dire quelque chose, c’est une façon de nous dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas, au même titre que la douleur physique lorsqu’il s’agit du corps. L’émotion désagréable est une alerte pour nous avertir qu’il y a un problème. Si nous sommes en train de ressentir une émotion désagréable en boucle, à cause d’une pensée en boucle, c’est qu’il y a quelque chose sur lequel on doit porter notre attention et que notre esprit est en train de nous délivrer un précieux message. Il faudra donc passer par la case du  » pourquoi ? « .

Est-ce qu’il y des besoins qui ne sont pas comblés ? Est-ce qu’il y a des valeurs qui nous sont propres que nous ne sommes pas en train de poursuivre dans nos actions ? est-ce qu’il y a quelque chose qu’on peut faire qui n’est pas mis en place pour l’instant et qui nous manque ?

Ce sera aussi le moment de faire preuve d’empathie et de compassion envers soi-même aussi et de ne pas se blâmer parce que cela ne va pas nous servir dans cette démarche là. Il va falloir se poser ses questions là, d’une façon très naïve et très curieuse et de porter sa curiosité sur soi-même, chercher à dénouer le problème et de chercher d’où cela provient ?

Dans le processus de pourquoi nous avons cette pensée, il va falloir que l’on se demande pour quelles raisons nous pensons cela et sommes-nous d’accord avec la raison en question ?

Par exemple, pour reprendre l’exemple de la chose que l’on a dite et que l’on regrette (en l’occurrence à son patron), et que je me mets à penser :  » je ne suis pas compétente, pourquoi je pense cela ?  » Je pense cela parce que j’ai peur qu’il pense que je ne suis pas compétente  »  » Parce que je pense que je suis nulle « . Suis-je objectivement d’accord avec ces pensées ? Cela va être crucial dans ce travail de savoir si nous sommes d’accord avec la pensée qui est  » je suis nulle « . Cela va être très important pour nous d’être d’accord avec les pensées auxquels on croit, parce ces pensées qui sont en boucle dans notre tête nous fait mal juste parce qu’on y croit. Si nous ne croyons pas à ces pensées et que cela n’est rien de plus qu’une allumette parmi tant d’autre (cf métaphore de l’allumette que vous retrouverez dans La boite à outils disponible gratuitement en téléchargeant le document sur mon site), eh bien elles ne nous atteindrons pas et elles ne nous ferons pas de mal. C’est un peu comme si quelqu’un vous disait quelque chose à propos de vous qui est complètement faux, même si c’est une insulte, cela ne vous atteindra pas.

Brooke Castillo donne notamment l’exemple qui est que si quelque vous dit qu’il n’aime pas vos cheveux bleus, et que vous n’avez pas les cheveux bleus, cela ne risque pas de vous atteindre, cela risque de vous faire rire.

Eh bien là aussi c’est la même chose, si on ne croit pas à la pensée en question, elle ne va pas nous atteindre. La question est :  » sommes-nous d’accord avec cette pensée et a priori nous y croyons parce qu’elle nous atteint, mais est-ce que dans le fond nous sommes d’accord avec cette pensée ? « . Cela va nous permettre de rationnaliser, de prendre de la hauteur, de prendre du recul.

Avec tout ces outils là, il va être possible de sortir du cercle vicieux des pensées toxiques, c’est un travail qui demande du temps et un travail régulier sur soi et de le faire avec beaucoup d’empathie et de compassion, de ne pas chercher à avoir des résultats vite et de vouloir le faire dans la précipitation. Le piège est de se retrouver à vouloir résister à la pensée et à vouloir la changer immédiatement (je vous invite à écouter les épisodes précédents).

Voilà c’est tout pour cet épisode et pour les clés que je peux vous donner dans le cadre des pensées toxiques, pour récapituler : il va s’agir de mener une travail quotidien sur ses pensées, de prendre le temps de faire des flots de pensées et de la méditation (idéalement les deux si cela est possible pour vous), et lorsque vous êtes dans un cas de figure où vous vous sentez mal : pensez à faire des flots de pensées sur ce sujet là et d’avoir une curiosité sur ces pensées là et se demander pourquoi elles sont là, se demander si nous sommes d’accord avec la raison pour laquelle elles sont là et si nous sommes d’accord avec la pensée elle-même (auquel cas cela va être plus facile pour nous d’en choisir une autre qui nous sert davantage). Cela ne va pas se faire immédiatement et vous avez toutes les clés ici pour le faire.

Je m’arrête là pour ce podcast, je vous embrasse, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à vendredi prochain !

Le programme tel qu’il était proposé lors de la sortie de cet épisode, n’est plus disponible. Il a été remplacé par un programme de coaching en ligne de groupe: Cliquez ici pour plus de détails.

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